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L'espérance de vie va atteindre 90 ans

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Une équipe de chercheurs vient de publier ses travaux à l'échelle mondiale. Les Algériens ont la plus longue espérance de vie de tous les pays africains. De 45 ans pendant la colonisation à près de 76 ans aujourd'hui. Un progrès qui n'est pas sans poser de problèmes. De sérieux problèmes...

Longue vie! Publiée hier dans la revue médicale anglaise «The Lancet» et aussitôt reprise par de nombreux médias internationaux, une étude d'une équipe de chercheurs de «l'Impérial Collège» de Londres est arrivée à la conclusion que l'espérance de vie passera à 90 ans en 2030. C'est-à-dire dans un peu plus d'une décennie. Un record que beaucoup de scientifiques pensaient impossible jusque-là. L'OMS n'a pas encore réagi à cette information. En 2016, l'organisation onusienne de la santé qui estime que l'espérance de vie diffère selon le lieu de naissance avait attribué la durée de vie la plus longue au Japon où les femmes peuvent atteindre l'âge de 86,8 ans tandis que pour les hommes c'est en Suisse qu'ils vivent plus longtemps (jusqu'à l'âge de 81,3 ans). L'OMS a également cité la Sierra Leone comme le pays où l'espérance de vie (50 ans) est la plus faible. Il est vrai que la longévité d'une population dépend de plusieurs facteurs. Le principal d'entre eux étant la couverture sanitaire. Des inégalités persistent sur ce plan, selon les pays, et sont déplorées par l'OMS. Un classement, par pays, est régulièrement élaboré. Ainsi en 2015, l'Algérie était en première place en Afrique avec une espérance de vie de 75,6 ans. Suivie par la Tunisie avec 75,3 ans et le Maroc avec 74,3 ans. Viennent ensuite l'Egypte avec 70,9 ans et le Sénégal avec 66,7 ans. Tous les autres pays africains occupent le bas du tableau. Nous l'avons vu pour la Sierra Leone. Voici quelques autres pour se faire une idée. L'espérance de vie en Afrique du Sud est de 62,9 ans. Au Nigeria de 54,5 ans. En Angola de 52,4 ans. C'est dire que la richesse d'un pays ne profite pas toujours à la population. Revenons dans notre pays pour voir l'évolution de notre espérance de vie. Avant l'indépendance, l'Algérien vivait en moyenne 45 ans. Pour les femmes c'était l'hécatombe avec une surmortalité puerpérale (infection après un accouchement) entre 20 et 32 ans. A cette époque-là l'Algérienne accouchait à la maison avec les «moyens du bord» et avec l'aide des vieilles femmes de son entourage. Quant à la mortalité infantile elle était de 200 pour mille. Un bébé sur cinq. Deux causes sont citées par les démographes. Si le nouveau-né échappait à la mort lors de l'accouchement (c'est ce qu'on appelle la mort endogène), la mort exogène (malnutrition, maladies diverses sans accès aux soins) l'emportait dès les premières années de son existence. Que de chemin parcouru depuis l'indépendance! En un demi-siècle l'Algérien a gagné 30 ans dans son espérance de vie. La mortalité de la mère et de l'enfant n'existe que dans des cas exceptionnels. Ceci n'est que la suite logique d'un progrès social sans précédent reconnu par l'organisation onusienne. Des maladies comme le paludisme ou la tuberculose ont été éradiquées. Les accouchements se font en milieu hospitalier. Le bébé bénéficie de plusieurs vaccins. La vie de l'Algérien dans son ensemble a changé du tout au tout. Plus confortable. Il mange à sa faim. Dans certains cas il mange trop même. Jusqu'à l'obésité. Il ne craint plus le froid. Ni même la canicule. Un changement radical s'est opéré. Des privations, nous sommes passés à la prodigalité. Ce qui n'est pas sans avoir un coût malgré tout. Cette nouvelle vie entraîne d'autres problèmes de santé publique avec notamment les maladies chroniques. On vit plus longtemps certes, mais en traînant des maladies comme le diabète et les maladies cardiovasculaires qui sont le reflet de l'opulence. Il ne faut cependant pas y voir une quelconque fatalité. C'est une bonne hygiène de vie qui fait défaut. Dans la manière de s'alimenter. Dans l'indispensable exercice physique. Des attitudes et comportements qui sont de la seule responsabilité de l'individu. La part de l'Etat se trouve dans l'établissement et le contrôle des normes de respect des produits qui sont ajoutés à nos aliments. Que ce soit dans l'agriculture pour les pesticides ou dans l'industrie pour les divers additifs utilisés dans l'agroalimentaire. Les pays avancés ont déjà engagé des actions pour éliminer contre ces additifs qu'ils appellent perturbateurs endocriniens. Chez nous, nous assistons à une lutte plutôt timide avec seulement la mise à l'index du sucre. Ceci dit, cette hausse de l'espérance de vie pose, chez nous comme ailleurs, d'autres problèmes. Il y a l'augmentation continue du coût de la protection sociale. Que ce soit dans la prise en charge médicale ou dans le remboursement des médicaments. Un individu qui vit deux fois plus longtemps nécessite des dépenses deux fois plus importantes. De son côté, la démographie galopante aggrave le problème. Sur un autre plan qu'est la retraite, une profonde réflexion est nécessaire avant la catastrophe. Actuellement, les départs sont fixés par la loi à 60 ans. Ce qui veut dire que l'Algérien verse une cotisation durant 32 années pour encaisser une pension de retraite autrement plus importante pour une durée égale. C'est juste impossible à garantir!

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