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Les "dépassements" de Bouchouareb et Tebboune

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Ces deux ministres viennent de se distinguer par des décisions à effets multiples. Une surprise de taille...

D'une pierre...plusieurs coups. Cette semaine nous avons relevé deux faits qui ne sont pas très courants. Chaque ministre dirige un secteur précis avec des missions qui lui sont propres. Pourtant, deux ministres, Abdessalem Bouchouareb et Abdelmadjid Tebboune, se sont illustrés par des décisions remarquables qui ont des retombées sur d'autres secteurs. Le premier qui a en charge l'industrie et les mines mène au pas de charge son département qui, chaque jour, marque une avancée nouvelle vers la relance et la diversification de notre économie. Le développement de l'industrie automobile, c'est lui. L'autosuffisance en ciment et fer rond c'est encore lui. La relance de Gara Djebilet et du projet sidérurgique de Bellara c'est toujours lui. Etc. Mais laissons de côté ces grands dossiers pour nous intéresser à ce qu'il a annoncé, dimanche dernier, en marge du débat au Sénat du projet de loi sur la métrologie. Il s'agit des importations des pièces de rechange automobile. Que ce soit par les usines de montage en place dans notre pays ou par les revendeurs en l'état de ces pièces. Désormais, «l'importateur sera obligé d'avoir des contrats d'achat direct auprès du fabricant sans passer par un intermédiaire», a-t-il déclaré. Plus explicite, il a ajouté que «la relation doit être entre le fabricant d'origine ou avec le fabricant ayant un agrément auprès du premier constructeur. Cela va nous permettre d'avoir de la transparence dans ce que nous importons et de garantir la sécurité du citoyen et du consommateur». Une décision dont les détails seront contenus dans un cahier des charges qui sera soumis au secrétariat du gouvernement «dans les dix jours à venir» a encore précisé Bouchouareb. En y prêtant l'attention voulue, on s'aperçoit que c'est une décision à «fragmentations». D'abord, elle met fin à l'importation des pièces contrefaites. Ce qui est en relation directe avec la sécurité routière. Ensuite, elle intervient au début du processus de montage des véhicules dans notre pays. Ce qui autorise une production locale de véhicules aux normes en vigueur dans le pays de la marque. Un plus dans la qualité et une garantie contre les défaillances mécaniques aux conséquences souvent tragiques. D'un autre côté, la suppression des intermédiaires élimine du même coup les sociétés écrans qui étaient à l'origine de la surfacturation et des transferts illégaux de devises. Un ministre qui pense à mettre en place une industrie durable tout en protégeant les finances du pays et qui pousse jusqu'à mettre à l'abri le consommateur algérien et faire baisser le taux de mortalité sur nos routes, mérite toute la considération des citoyens que nous sommes. L'autre ministre, Tebboune, paie, pourrait-on dire, son efficacité par l'alourdissement des charges qui lui sont confiées. Ministre de l'Habitat jusqu'en 2002, il y a été rappelé en 2012. Signe d'une reconnaissance officielle de ses aptitudes et de son engagement. Qu'il n'a pas démentie au demeurant puisque le pari de raser l'habitat précaire du pays a été atteint et que la fin de la crise du logement est en vue. Le tout avec la réalisation de 3 millions de nouveaux logements. En 2013, soit une année après, la politique de la ville est rattachée à l'habitat. En janvier dernier il est désigné pour assurer en plus l'intérim du ministère du Commerce suite à la maladie du ministre Bakhti Belaïd qui est décédé peu après. Sans oublier le changement de tutelle de l'agence (Anargema) qui est chargée de la réalisation et de la gestion de Djamaâ el Djazaïr et qui a été transférée, en novembre 2014, du ministère des Affaires religieuses au ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville. Ceci pour dire qu'en interne, les capacités et l'efficacité de Tebboune sont connues et reconnues. Le grand public retient de lui les nombreuses et incessantes livraisons de logements qui font la joie et le bonheur des bénéficiaires. Il n'y a pas que cela. Ces multiples tâches ne l'ont pas empêché de penser à préserver les capacités financières du pays. Il a commencé par interdire l'importation des matériaux de construction produits en Algérie. Ce qui a permis aux opérateurs nationaux d'épuiser leurs stocks et d'augmenter leur production. Au final, c'est toute l'économie nationale qui en profite. Allègement de la facture des importations. Création d'emplois. Etc. Sa toute dernière décision est «tombée» cette semaine. «Nous ne laisserons plus entrer sur le marché national les produits électroménagers non conformes qui tuent, chaque hiver, des familles ou encore de l'électroménager énergétivore qui pèse fortement sur la consommation énergétique du pays», a-t-il déclaré, en sa qualité de ministre du Commerce, en marge de sa visite d'inspection à la Grande mosquée d'Alger. Infatigable, il ajoute ainsi l'économie d'énergie à ses autres combats. Le rêve est de dire autant pour tous les membres du gouvernement. Comme pour la diplomatie où Ramtane Lamamra et Abdelkader Messahel excellent dans les foras internationaux. Ou Mohamed Aïssa aux cultes. Ou encore Nouria Benghebrit à l'éducation. Ce sont d'autres secteurs que nous aborderons évidemment. Toujours avec autant de fierté!

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