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La victoire du 19 mars suscite la haine

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Même un chef d'Etat français ne peut pas accuser publiquement la colonisation. Pourquoi? La réponse est dans l'histoire de France. Dans le même sillage, on trouvera dans l'histoire de l'Algérie les menaces actuelles...

Histoire d'un complot. Une fois n'est pas coutume. Si d'habitude ce sont les événements de la semaine écoulée que nous relevons, cette fois il s'agira d'un événement qui aura lieu la semaine prochaine. Au tout début. Il s'agit de la fête de la Victoire que nous célébrons le 19 mars de chaque année depuis 1962. Il y a donc 55 ans, ce jour-là à midi tapant, le cessez-le-feu est entré en vigueur sur tout le territoire national. Un cessez-le-feu contenu dans les accords dits d'Evian conclus, la veille, entre le GPRA (gouvernement provisoire de la République algérienne) et la République française. Ceci au terme de négociations dures, très dures, entre la délégation algérienne conduite par Krim Belkacem et la délégation française conduite par Louis Joxe. Les deux hommes ont apposé, la veille, leur signature sur le document qui mettait fin à la guerre d'Algérie. A une guerre qui aura duré près de 8 années et coûté la vie à un million et demi de nos compatriotes et blessé un nombre incalculable d'autres. C'était la première guerre de Libération nationale dans le monde. Elle l'est toujours. Nous sommes le seul peuple au monde à avoir été contraint de recourir aux armes pour arracher l'indépendance de notre pays. Avant nous, le Maroc et la Tunisie l'ont obtenue en 1956, par la voie politique. La France voulait, par là concentrer toutes ses forces pour maintenir l'Algérie sous sa dépendance. Pourquoi un tel acharnement contre notre pays seulement? Si la Tunisie et le Maroc étaient des protectorats (une indépendance amputée), l'Algérie avait été purement et simplement annexée au territoire français. Son espace était intégré aux départements français. Rien que çà! Et pourquoi direz-vous? Pour y répondre il faut remonter aux origines du débarquement des troupes françaises à Sidi-Ferruch en 1830. C'est un vaste complot à plusieurs étapes. Au départ, il s'agissait d'une simple «expédition punitive», ensuite ce fut la «conquête» du pays, puis vint le moment de la «colonisation» avec l'arrivée des Européens du Sud de l'Europe (pas de Français mis à part des déportés d'Alsace-Lorraine) auxquels se sont joints les juifs d'Algérie, et enfin «l'annexion» pure et simple. L'Algérien n'était plus chez lui dans son propre pays. Et cela a duré 132 ans. La victoire arrachée, en 1962, par nos vaillants chouhada et moudjahidine était double. Il y a bien sûr l'indépendance, mais c'était également un coup très dur pour le vaste complot suscité. Et tenez-vous bien, c'est ce même complot qui se prolonge encore aujourd'hui. 55 ans après. Alors, la question est de savoir quel est cet ennemi qui a la rancune éternelle? La réponse est donnée par Bernard-Henri Lévy, le porte- parole du sionisme international qui a déclaré en 2012 que «l'Algérie est un pays juif de culture française». Pas moins. Ce qui explique beaucoup de choses. Les fameuses créances de Bacri et Busnach, le faux prétexte du coup de l'Eventail ainsi que le décret Crémieux un peu plus tard. L'armée française n'aura servi que de cheval de Troie comme dans toutes les guerres sionistes. Quant au peuple français, il ignorait tout de l'Algérie et des Algériens. Ce n'est qu'après l'indépendance que les deux peuples ont appris à se connaître. Il faut ajouter aussi l'emprise sioniste sur la France et son armée avec pour marqueur l'affaire du capitaine Dreyfus à la fin du XIXè siècle. A tous ceux qui, par méconnaissance des faits, ne comprennent pas pourquoi l'Algérie est toujours sous la menace de «la main étrangère», nous leur conseillons d'interroger l'Histoire. Ils y trouveront toutes les explications de l'actualité que nous vivons. Bien sûr, qu'autour de cette menace centrale, beaucoup d'opportunistes d'horizons divers sont venus s'ajouter. Il y a l'extrême droite française dont le fondateur, Jean-Marie Le Pen, a fait sa guerre d'Algérie en pratiquant la torture à grande échelle. Il y a le terrorisme, quel que soit son sigle (du GIA à Daesh en passant par Al Qaïda) dont tout le monde sait qu'il n'a ni religion ni idéologie. C'est une arme de guerre. Il y a également les trafiquants de drogue et les contrebandiers en tous genres qui tirent profit en s'agglutinant autour du «noyau central». Enfin quelques harkis du troisième millénaire sont recrutés pour les sales besognes. Ceci pour les moyens. Pour les méthodes, c'est simple. Il suffit de répertorier les points sensibles d'un peuple pour «appuyer» dessus. Comme cela a été fait entre les chiites et les sunnites. Comme cela a été essayé à Ghardaïa avec nos compatriotes mozabites. En milieu ouvrier. Universitaire. A l'école. Dans le commerce. Même pour un vaccin. Bref, contre tout cela nous avons une arme infaillible. Rester unis contre l'adversité. C'est le seul et meilleur bouclier. Et il est à notre portée. Nous aurons tout le temps, après, pour régler nos petits différends!

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