Accueil |Chroniques | L’envers du décor |

L'ONU, les Algériens et le bonheur

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

L'Algérie est le pays des gens heureux. Les plus heureux d'Afrique. C'est l'ONU qui l'affirme. Voilà de quoi réveiller beaucoup de vieilles rancunes. Nos grands-mères nous auraient recommandé de porter une «khamçâ». Contre le mauvais oeil...

Pourquoi bouder notre plaisir? Cette semaine a été caractérisée par une information très commentée par les médias internationaux. Il s'agit de la publication par l'ONU, le 20 mars dernier, du classement 2017 «du pays le plus heureux du monde». C'est un programme mondial, lancé par les Nations unies en 2012. Il classe 155 pays de la planète en fonction de certains critères. Jeffrey Sachs, conseiller spécial du SG de l'ONU chargé de ce programme résume ainsi la méthode appliquée: «Les pays heureux sont ceux qui jouissent d'un équilibre sain entre la prospérité, mesurée de manière conventionnelle, et le capital social, qui signifie un degré de confiance élevé dans une société, des inégalités faibles et la confiance dans le gouvernement». Plus techniquement, sont pris en compte le PIB par habitant, l'espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité, l'aide sociale et la perception de la corruption. Le but est d'accompagner un autre programme avec des objectifs tels que «l'élimination de la pauvreté sous toutes ses formes», «l'élimination de la faim», «garantir l'accès à l'eau à tous», «parvenir à l'égalité des sexes», etc. Donc c'est une étude à longue portée qui n'a rien d'une entreprise de complaisance. Si cette année c'est la Norvège qui est à la première place mondiale, notre pays, l'Algérie, est lui à la première place du continent africain. A l'échelle mondiale nous occupons la 53ème place sur 155 pays. Ce qui est plus qu'honorable de se retrouver dans le premier tiers des pays les «plus heureux». A titre d'exemple, la France est à la 31ème place. Il faut dire que nous n'avons pas volé notre place. Pour la faim qui n'existe pas chez nous, pour l'accès à l'eau à tous, pour l'égalité des sexes et on peut ajouter ce qui ne figure pas dans les exigences de l'ONU, le logement pour tous. Si ce dernier critère avait été retenu dans l'étude, nul doute que nous aurions avancé de plusieurs places. Rares sont les pays, même les plus avancés, qui distribuent à une échelle industrielle des logements à tous les citoyens à faibles revenus ainsi qu'à la classe moyenne et même supérieure avec la formule LPP. Le problème est que ce bonheur que nous vivons n'est pas du goût de tout le monde. Ce sont toujours les mêmes d'ailleurs. Ceux qui ne nous ont pas pardonné notre victoire contre le colonialisme puis contre le terrorisme. Les mêmes qui, aujourd'hui, ne parviennent pas à «avaler» notre résistance à la baisse du prix du pétrole. Ils auraient voulu le même effondrement que lors du choc pétrolier de 1986. Ils n'acceptent pas non plus que notre pays puisse être un îlot de paix et de sécurité au milieu d'un environnement fait de conflits armés et de crises diverses. De continuer le développement du pays avec nos propres ressources. D'être à l'avant-garde des pays pour la promotion de la femme en politique car en matière de salaires, l'égalité des sexes est acquise depuis longtemps. Toutes ces victoires ne laissent pas indifférents ceux qui nous «veulent du bien». Et si l'on ajoute les spécificités purement naturelles comme la superficie de notre territoire qui fait de notre pays le plus grand d'Afrique et du Monde arabe, ou encore sa position géostratégique de «porte d'entrée» en Afrique et même à l'entrée de la Méditerranée, cela fait trop «d'avantages» pour un peuple laissé «comateux» en 1962. Eh, oui, ce peuple et ce pays possèdent aujourd'hui une armée qui leur donne le statut de puissance régionale reconnue par la communauté internationale. Ceci dit, revenons aux gens heureux que nous sommes. Il est clair que la 1ère place en Afrique ne nous suffit pas. Encore moins la 53ème place à l'échelle mondiale. Après les aspects physiques (PIB, santé, eau, etc...) du bonheur, l'ambition légitime qui s'ouvre est d'atteindre la joie de vivre dans toute sa plénitude et d'aussi près que possible. Notre marche vers cet objectif est en cours avec toutes les réformes introduites par le programme de notre président de la République. De la Loi fondamentale qui a été révisée à cette fin jusqu'aux textes d'application, les Algériens voient leur quotidien se transformer à vue d'oeil. La bureaucratie recule, la corruption aussi, l'Etat de droit qui garantit à chaque citoyen les mêmes droits et devoirs se met en place à grande allure. La démocratie, la vraie est là, présente avec les législatives en cours marquées par une transparence et un contrôle jamais atteints. Les débats commencent à prendre de la hauteur avec des programmes et des idées. Avec la tolérance qui va avec aussi. C'est dans cette tolérance que réside la clé de notre prochain bonheur. Le vrai, l'irremplaçable. Qui n'a pas de prix. Dans le classement de l'ONU il y a plus de pays derrière nous (102) que devant nous (52). C'est pourquoi notre «ascension» doit et va continuer. A tous ceux que nos progrès dérangent nous avons envie de dire, comme cheb Khaled dans l'une de ses chansons: «Ne m'en voulez pas, je suis comme ça...». Un peuple qui ne recule jamais. Qui avance. De victoire en victoire!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha