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Découverte d'une fillette "élevée" par des singes

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La petite fille a environ 10 ans. Elle a vécu dans la jungle au milieu des singes. Sans vêtement. Elle marche comme les singes. Mange comme eux. Emet des sons comme eux. Se gratte la tête comme eux. Pourtant il y a eu revirement...

Cas d'école. Commençons par les faits. Cette semaine, une incroyable découverte a été faite dans une forêt en Inde près de la frontière avec le Népal. Des villageois ont aperçu une fillette âgée d'environ une dizaine d'années vivant avec un groupe de singes. Selon des témoignages rapportés par l'agence AP «l'enfant se déplaçait à quatre pattes, ne portait aucun vêtement et se nourrissait à même le sol et semblait très à l'aise en compagnie des singes». Elle semblait avoir été «adoptée» par ces animaux et s'était bien adaptée à leur vie. La police alertée a eu du mal à extraire l'enfant. Les singes ne voulaient pas la laisser partir. Ils ont réagi de manière agressive contre les sauveteurs. Depuis que son sauvetage a été rendu public, la fillette fait l'objet d'une grande curiosité dans le milieu scientifique international. A l'hôpital, des vidéos (mises en ligne) la montrent se grattant la tête comme les singes. Elle se «nettoie» l'orteil en ramenant son pied à son visage comme eux. Sa peau est émaciée. Son corps porte plusieurs cicatrices d'importantes blessures. Elle ne parle pas. Elle émet seulement des sons, tout comme eux. Le docteur qui a en charge la fillette affirme «qu'elle est apeurée par les humains». Avec son équipe, il lui apprend «à marcher sur ses deux jambes» et «à manger avec ses mains». Une enquête est ouverte pour savoir comment et depuis quand cette fillette s'est retrouvée à l'état sauvage en pleine forêt. Abandon? Accident? En attendant, les scientifiques se penchent sur ce cas rarissime de ce que peut être un humain élevé dans l'univers des animaux sauvages. Pour mieux distinguer d'abord, la part de l'inné, de celle de l'acquis. Selon les premières constatations, la fillette a pu résister aux aléas du climat sans aucun vêtement. Elle a pu survivre en se nourrissant comme un animal. Parmi tous les animaux sauvages de la forêt, ce sont des singes qui l'ont «adoptée». Qui l'ont certainement défendue contre les prédateurs. Bref, de tout ce que l'on sait sur son cas jusqu'à présent n'est que le côté apparent et visible chez la fillette. Dans la gestuelle. Dans le langage. Dans le comportement. Mais qu'en est-il sur l'état du cerveau humain en pareil cas? Son fonctionnement est-il altéré définitivement? Pourra-t-il se remettre au «mode humain»? Si oui, combien de temps faudra-t-il? Et avec quel protocole thérapeutique? A ce stade, il y a tout de même quelques certitudes. Le comportement d'un être humain est le produit de son milieu. De son enfance. De ceux qui l'ont élevé. Qui lui ont appris des gestes. A acquérir la raison par opposition aux réflexes. Enfin, tout ce qui fera de lui, plus tard, un être appartenant au genre humain. Les premières observations effectuées sur cette fillette permettent d'être sûr qu'il sera difficile de la socialiser. De lui inculquer les codes de bonne conduite. Cela permet également de comprendre que sans l'aide de ses parents, un enfant ne peut pas acquérir certaines connaissances et encore moins découvrir son potentiel d'intelligence ou son attrait pour telle ou telle activité qu'elle soit intellectuelle, artistique ou sportive par exemple. Tout ce qui se trouve «enfoui» dans le cerveau humain et qui n'apparaît pas sans avoir fait l'objet de conditions adaptées et favorables. Sans avoir été cultivé pour faire simple. Et si l'on transpose le cas de cette fillette dans le cadre plus large d'une population, beaucoup de dysfonctionnements trouveraient leurs explications. Et donc leurs préventions. Il est question aujourd'hui dans le monde de violences par exemple. Certains pensent qu'il y a plusieurs violences. Celle qui a lieu dans les stades. Celle qui a pour théâtre l'école. Celle qui cible la femme. Etc. Mais si cette violence a été inculquée dans un cerveau humain dès la première enfance, il est clair qu'un jour elle s'exprimera, chez celui qui la porte, quel que soit le lieu ou la cible. La recherche et les découvertes sont à l'infini dans le suivi d'un pareil cas humain réduit à l'état animal. Les psychiatres, les neurologues, les psychologues, les pédagogues, enfin tous les spécialistes en sciences humaines ont beaucoup à apprendre du cas de cette petite fille. Même si une autre version vient d'être avancée. Alors que l'information a été donnée en début de semaine après trois mois d'observations par les spécialistes (la fillette a été retrouvée en janvier dernier), subitement, lundi dernier, soit deux jours après l'annonce, c'est la volte-face. L'information est remplacée par une thèse selon laquelle, la fillette n'aurait pas été «élevée» par des singes. Elle aurait été abandonnée par ses parents parce qu'elle est handicapée. Parmi les tenants de cette nouvelle version on retrouve des activistes qui dénoncent la préférence des populations de cette région pour les garçons. Qui n'hésiteraient donc pas à se débarrasser d'une fille. Deux jours peuvent-ils suffire pour mettre à plat le travail de toute une équipe de médecins durant tout un trimestre? La volonté de politiser un événement exceptionnel est, on ne peut, plus claire. La région où la fillette a été retrouvée est éminemment touristique. On vous laisse faire le lien!

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