Accueil |Chroniques | L’envers du décor |

Des ordures sur un bidonville: 30 morts

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Une décharge publique atteignant 91 mètres de haut. En contrebas, des bidonvilles. Des pluies torrentielles et un incendie. Il ne fallait pas plus pour la catastrophe. 145 habitations de fortune ensevelies sous des tonnes de déchets. Cela s'est passé cette semaine...

Fenêtre sur le monde. Une avalanche d'immondices a déferlé sur un bidonville situé en contrebas. 145 habitations de cet habitat précaire ont été ensevelies. Les secours ont dû chercher sous les décombres, quelquefois à mains nues, pour retirer les victimes. L'armée a été appelée à la rescousse. Le bilan ne cesse de s'alourdir. Le dernier, publié lundi dernier, fait état de 30 morts dont quatre enfants. 1700 rescapés ont trouvé, temporairement, refuge dans des écoles. A cette catastrophe se sont ajoutés des pillages. Tandis que les recherches se poursuivent, les autorités ont promis de fermer la décharge. Pas les bidonvilles. Cela s'est passé à Colombo, la capitale du Sri Lanka. Un pays insulaire dans l'océan Indien au sud-est de l'Inde. Occupé par l'Angleterre en 1815, le pays est indépendant depuis 1948. Jusqu'en 1972, le Sri Lanka portait le nom de Ceylan. Paradoxalement à cette précarité, le pays est une destination touristique qui connaît beaucoup de succès auprès des agences de voyages internationales. En effet, la tendance actuellement est dans le «tourisme des bidonvilles». La palme est attribuée au township (bidonville en anglais) de Soweto en Afrique du Sud. Puis viennent les favelas du Brésil. C'est le côté le plus abject qui consiste à «visiter» la misère humaine et y trouver du plaisir. Selon l'ONU, ils sont plus d'un milliard d'êtres humains, dans le monde, à vivre dans des bidonvilles. Selon ses estimations, ils seront le double en 2030. Ce qui veut dire que leur éradication n'est pas à l'ordre du jour. Ainsi va le monde. Un monde où les inégalités n'ont rien d'extraordinaire. Un monde où les guerres, les conflits armés et le terrorisme prolifèrent dans toutes les régions de la planète. Un monde où les bidonvilles servent à fournir cette chair à canon indispensable à l'industrie de l'armement qui en a tant besoin pour écouler sa production. Un monde où les pays qui n'ont pas de bidonvilles sont plus faciles à compter que ceux qui n'en ont pas. Comment ne pas ressentir une certaine fierté quand on vit dans un pays comme l'Algérie qui a entrepris depuis plus d'une décennie l'éradication de ses bidonvilles. Un tel défi nécessite une vision claire, une constance dans la méthode et surtout des efforts colossaux. Pour y arriver notre pays a déployé plusieurs programmes de réalisations de logements neufs. Ce ne sont pas des centaines, ni des milliers de logements qu'il fallait, mais des millions. Plus de trois millions de logements pour être plus précis. Cette quantité a été produite et distribuée à des millions de familles. Parmi les différentes formules dédiées à toutes les couches sociales du pays, celle du logement social locatif s'est taillé la part du lion. La formule est destinée aux Algériens les plus démunis. Ceux qui par manque de moyens souffraient dans des habitations de fortune. Dans ce qu'on appelle l'habitat précaire. La concentration de ces habitats précaires forme précisément les bidonvilles. Favelas, townships, n'en sont que des synonymes les plus connus. Le Sri Lanka n'en a pas le monopole. Ni les pays les plus pauvres non plus. Des pays émergents comme le Brésil ou l'Afrique du Sud portent comme une plaie douloureuse ce type d'abris inhumains sur lequel se rabat, sans autre choix, une partie de leur population. Nous avons connu cette douleur durant les 132 ans qu'a durés la colonisation en Algérie. Toute la population algérienne a vécu durant tout ce temps dans un habitat précaire. Gourbis dans le monde rural. Bidonvilles à la périphérie des villes. C'était tellement indigne, tellement injuste, que la déclaration du 1er Novembre 1954 annonçant la guerre de Libération nationale, avait dans ses objectifs la justice sociale. Il fallait l'engagement d'un moudjahid qui en avait fait le serment à ses compagnons morts au combat, pour respecter à la lettre leur message. Ce moudjahid n'est autre que le président Abdelaziz Bouteflika qui a réussi le défi de reloger tous les Algériens dans des logements neufs. Des cités entières ont été construites et ont permis de sortir les Algériens des bidonvilles qui étaient aussitôt rasés. Unique dans les annales de l'humanité. Pas d' autres exemples au monde de distribution de logements aussi massive et gratuite que celle que nous avons la chance de vivre en Algérie. Déjà à Alger, la capitale, tous les bidonvilles ont été rasés. Dans les autres régions du pays l'habitat précaire vit ses derniers moments. Ce qui a suscité l'étonnement international. L'ONU a tenu à présenter ses félicitations à l'Etat algérien. Alors et quand on apprend le drame qui vient d'avoir lieu au Sri Lanka, notre compassion ne peut être que sincère. Dans le même temps, on se surprend à mieux mesurer notre bonheur. Celui de toute une population qui vit dignement dans des logements modernes. Avec toutes les commodités. Un acquis qu'il faudra protéger à tout prix. Par tous les Algériens. En serrant les rangs. Pour ne pas laisser passer les prédateurs. Ni les semeurs du chaos!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha