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A qui profite la division des Arabes?

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Le terrorisme a frappé en Iran. Depuis la veille, le Qatar est mis en quarantaine pour son soutien au terrorisme. Israël jubile. C'est l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire arabo-musulmane. Les peuples retiennent leur souffle...

Enchaînements. Deux, voire trois attentats, hier, à Téhéran revendiqués par Daesh. Ont été visés le Parlement, le mausolée Khomeini et une station de métro. Le nombre de victimes ne cesse d'évoluer au fil des heures et des informations. Le nombre des terroristes utilisés dans ces attaques, varie selon les sources. Le plus important est que c'est la première fois que Daesh commet des attentats en Iran. Le plus important aussi à relever est que ces attaques sont intervenues 24 heures après la rupture des relations diplomatiques entre certains pays du Golfe et le Qatar pour «ses liens avec les groupes terroristes». Pas seulement, puisque ses liens «apaisés» avec l'Iran ne plaisent pas aux monarchies du Golfe. Des liens marqués par d'énormes gisements gaziers en commun que les deux pays exploitent en offshore. En fait, que ce soit les liens supposés de ce pays avec le terrorisme ou que ce soit pour la bonne qualité de ses relations avec l'Iran, rien de tout cela n'est nouveau et n'explique en rien la décision brutalement prise, mardi dernier, par les monarchies du Golfe, suivies par l'Egypte, de rompre leurs relations avec le Qatar. Pour essayer de comprendre, il faut remonter dans le temps. Il y a une semaine Donald Trump, en visite dans la région, avait demandé aux monarchies du Golfe de s'unir pour combattre l'Iran qui est, selon lui, le principal soutien du terrorisme. Comme les affrontements entre sunnites, chiites, étaient déjà une réalité dans toute la région, Trump est venu juste «souffler» sur les braises. Avec à la clé un contrat d'armement avec l'Arabie saoudite de 110 milliards de dollars. Le «conseil» de Trump ne pouvait que faire l'affaire d'Israël qui avait promis «de se défendre seule» après la signature de l'accord sur le nucléaire iranien. En fait, avec l'isolement du Qatar, c'est la guerre contre l'Iran qui commence. Il fallait un prétexte et c'est le pays qui doit abriter la Coupe du monde de football en 2022 qui a été choisi. Au fait comment s'est opéré ce choix de la FIFA? C'était en 2010 que le Qatar l'emporta sur les autres candidats qui étaient l'Australie, le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud. On avait pensé d'abord à équiper les stades de climatiseurs géants avant de décider la tenue de cette compétition mondiale en hiver au lieu de l'habituelle saison de l'été. C'est dire que tout a été fait pour plaire au Qatar. Pourquoi? Il fallait de solides réseaux dans les milieux financiers internationaux car la Coupe du monde de football est, d'abord et avant tout, une gigantesque affaire de sous. Quatre années après, l'ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, a reconnu que le choix du Qatar «était une erreur». Pour lui c'était «une volonté politique». Mettez la finance mondiale dans la politique et vous obtiendrez le sens du vent. Sauf que le jeu d'équilibriste auquel était contraint le Qatar vis-à-vis de l'Iran pour défendre ses intérêts gaziers ne pouvait plus être supporté par Israël après l'accord sur le nucléaire iranien. D'ailleurs, la réaction de Tel-Aviv après la rupture des relations des monarchies du Golfe avec le Qatar ne s'est pas fait attendre. Israël applaudit la division des pays arabo-musulmans. Comme Donald Trump, Netanyahu estime lui aussi y voir «la fin du terrorisme». Pour les musulmans qui restent lucides, c'est le début d'une catastrophe historique dont porteront la responsabilité les dirigeants arabes et musulmans actuels. A quoi peut servir Daesh? à faire sauter des mosquées? Si les musulmans décident de s'affronter directement sur le terrain militaire les «petits» attentats n'auraient plus de sens. D'autant qu'Israël sera présent aux côtés de la partie qui combattra l'Iran. La suite des événements apparaît clairement. Daesh qui est mal en point en Irak et en Syrie va effectivement disparaître. Fin de mission. Il ne faut surtout pas croire que c'est le retrait du soutien qatari qui en sera la cause. Ce n'est pas le seul pays du Golfe connu pour financer le terrorisme. C'est juste le plus facile à sacrifier. Depuis, hier, la tension dans la région est montée d'un cran avec les attentats à Téhéran. Daesh est devenu l'allié naturel d'Israël et depuis l'épisode du Qatar, celui des monarchies du Golfe. L'ennemi de mon ennemi est mon ami. Mais un tel embrasement sur ces bases n'a pas fini de montrer toutes ses conséquences. L'Irak ne s'est pas encore positionné. La neutralité du Sultanat d'Oman et du Koweït sera dure à tenir. Viendra s'y ajouter le mécontentement de la Turquie qui n'est pas contente du tout de l'aide américaine aux Kurdes qui viennent de lancer l'assaut contre Raqqa la «capitale» de Daesh. La complexité des intérêts est si dense dans cette région que la seule chose dont on peut être sûr est que la division des pays arabes et musulmans dans la région et dans le monde serait déjà une défaite pour eux!

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