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Macron, la France "en marche" et l'Algérie

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L'amiral Duperré était contre l'invasion de l'Algérie en 1830. De Gaulle a échappé à plusieurs attentats et est taxé de traître à cause de l'Algérie. 75% des Français ont dit oui en 1961 à l'indépendance de l'Algérie. Pour le président Macron, la colonisation de l'Algérie a été un «crime contre l'humanité». Tout se tient...

L'actualité expliquée par l'histoire. Nous allons bientôt célébrer le 55ème anniversaire de l'indépendance de notre pays. Ce sera le 5 juillet prochain. Le même jour marquera le 187ème anniversaire de l'invasion de l'Algérie par les troupes françaises. On sait comment les prétextes ont été fabriqués de toutes pièces pour justifier «l'expédition». Des créances de Bacri jusqu'au coup d'éventail du consul Deval en passant par l'espion Boutin, rien de tout cela ne résiste à l'analyse du complot élaboré de longue date. Bacri et son associé Busnach savaient que leurs montages financiers étaient de nature à créer un conflit. Deval, quant à lui, a été consul de France en Algérie durant deux périodes. La première en 1791 et la seconde en 1814. Il aurait fallu qu'il soit subitement devenu fou pour se comporter en voyou vis-à-vis du dey en 1827 et recevoir de lui le coup de l'éventail comme geste de mépris. Aucun doute que ce consul était «missionné». Quant à l'espion Boutin qui serait venu en 1808 repérer l'endroit idéal pour débarquer à Alger c'est carrément une histoire à raconter aux enfants pour les aider à dormir. Voilà un espion qui, sur le chemin du retour, jette par-dessus bord tous ses papiers après une attaque de son bateau par une frégate anglaise et qui avec une mémoire phénoménale reconstitue, une fois à Paris, tous les relevés topographiques qu'il avait effectués à Alger. Des stupidités introduites dans l'histoire. Bacri et Busnach connaissaient mieux que Boutin Sidi Ferruch. Le complot se confirme lorsqu'on déroule les étapes suivies par les envahisseurs. Au départ, c'était une expédition. Ensuite c'était la conquête. Lui a succédé la colonisation. Et pour finir l'annexion pure et simple de l'Algérie comme territoire français. Il faut relever, c'est très important, que les colons ne venaient pas des régions de France, mais d'Espagne, d'Italie, de Malte, etc. Comme s'il fallait éviter d'établir un cordon ombilical avec la France pour s'en séparer plus facilement. Ce qui a posé d'importants problèmes d'intégration des «rapatriés d'Algérie» en 1962. La majorité des pieds-noirs partis en masse en France n'y avaient jamais mis les pieds auparavant. Même le français qu'ils parlaient était particulier. C'était le «pataouète». Du français «écrasé». Les colons d'Algérie avaient la nationalité française sans en avoir la culture. Tout comme les Français de l'Hexagone qui ignoraient tout de l'Algérie jusqu'aux contingents de leurs enfants appelés «sous le drapeau» lors de la guerre d'Algérie. Ils ne comprenaient pas pourquoi leurs enfants devaient mourir pour un territoire qui leur était totalement étranger. D'où le vote massif de 1961 des Français contre la colonisation. Oui il y a eu plusieurs crimes contre l'humanité en Algérie durant la colonisation. A part l'épisode de l'Emir Abdelkader qui disposait d'une armée, les militaires français, n'ont «affronté» par la suite que des civils désarmés qu'ils ont massacrés. C'était une armée de métier assoiffée de sang, insensible aux souffrances humaines et attirée plus que tout par les butins et exactions. C'est en Algérie que furent inventées les chambres à gaz que les juifs n'ont découvert que lors de la Seconde Guerre mondiale. En moins sophistiquées. Plusieurs grottes du pays qui ont servi aux enfumades de populations entières (hommes, femmes, enfants, vieillards et même leurs troupeaux) portent encore les stigmates de l'horreur. C'est encore en Algérie que l'apartheid a vu le jour. Le Code de l'indigénat imposé aux Algériens par la colonisation n'a été subi par les Sud-Africains que bien après. De telles pratiques d'un pays qui se voulait la patrie de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 ne pouvaient qu'étonner et pousser à des questionnements sur les véritables auteurs. Les mêmes qui, un demi-siècle après l'indépendance de l'Algérie, sont toujours pleins de haine contre les Algériens et jurent de se venger tôt ou tard. Une telle rage ne peut s'expliquer que par de grands desseins compromis. Que par des plans savamment élaborés que des événements imprévus ont mis à terre. Posons-nous la question de savoir pourquoi les médias français ont un regard hostile vis-à-vis des Algériens alors qu'ils sont bienveillants avec nos frères tunisiens et marocains? La différence tient au fait que ces deux pays voisins ne faisaient pas partie du même complot. Il y a une sacrée différence entre le protectorat et l'annexion pure et simple. Posons-nous enfin la question de savoir pourquoi les Français ne veulent plus, aujourd'hui, de la politique traditionnelle. La compréhension de ce sentiment de haine qui nous vient de l'étranger, ne peut que nous aider à mieux nous défendre. Aux historiens algériens de faire leur devoir!

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