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L'algérien après le 5 juillet 1962

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Le 1er Novembre 1954 a produit le 5 juillet 1962. Des forces ont tenté, par la suite et avec le terrorisme, de nous remettre la tête sous l'eau. En vain. Aujourd'hui, c'est de notre indépendance économique qu'il s'agit. De menaces à nos frontières aussi. Une page d'histoire pour les héritiers de la génération de Novembre!...

Ressources hors du commun. L'indépendance de l'Algérie a été certes l'aboutissement de huit longues années de lutte armée et un million et demi de martyrs. Si le peuple, après 132 années d'occupation étrangère était fou de joie en célébrant le 5 juillet 1962, le pays, lui, était dans un triste état. Il y a 55 ans, l'Algérie se caractérisait «avec ses milliers de villages détruits, ses millions de réfugiés et de déracinés, ses centaines de milliers d'orphelins et de veuves de la guerre, ainsi que ses nombreuses ruines fumantes léguées par la barbarie terroriste de l'Organisation armée secrète» a tenu à rappeler le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans son message à l'occasion de la Fête de l'indépendance. Il a fallu «des efforts incommensurables à notre jeune Etat indépendant durant ses premières années, pour assurer la scolarisation de ses enfants et la relance d'une économie limitée, et pour alléger les affres du dénuement dont souffraient alors des millions de familles algériennes» a -t-il poursuivi. Nous étions sur la bonne voie lorsqu'en 1986, la chute du prix du baril, stoppa net notre élan. Ce qui nous a également exposés au terrorisme qui s'est abattu sur nous avant que le monde entier ne le découvre bien après. Après les huit années de combat pour chasser le colonialisme, il nous aura encore fallu une décennie de lutte pour venir à bout de cette nouvelle agression faussement drapée de religion. Nous revoilà depuis quelques années face au même scénario de chute du prix du baril. Avec «des revenus extérieurs divisés par trois» a précisé le chef de l'Etat. Une situation préoccupante doublée par une insécurité contagieuse dans toute notre sous-région. Jusque-là et grâce à l'expertise de notre président de la République, notre économie résiste encore. D'autre part, notre Armée nationale populaire devenue une puissance régionale protège efficacement notre vaste pays. Nos militaires réduisent chaque jour les résidus du terrorisme. Nous sommes en situation de répit. Le combat n'est pas encore terminé. De toutes les batailles que nous devons mener, celle de l'indépendance économique est la plus déterminante. C'est-à-dire réussir en un temps relativement court à mettre en place une économie diversifiée qui nous émancipera de la dépendance aux hydrocarbures. Le processus est engagé, mais à un rythme en deçà de l'urgence signalée. Plusieurs batailles devront être menées de front et simultanément. Avec l'avantage des grands investissements structurants que l'Etat a consentis depuis plus d'une décennie, il est plus facile de créer un tissu industriel d'une densité et d'une ampleur sans précédent. Il faut juste susciter l'esprit d'entreprise chez les Algériens, créer les meilleures conditions pour rendre attractifs les investissements productifs et orienter au plus près d'une cartographie industrielle conforme aux besoins du marché national d'abord et international par la suite. L'autre bataille qui ne peut attendre est la rationalisation de la dépense publique. Notamment dans son aspect le plus important que sont les transferts sociaux. Mieux organisée, plus ciblée, l'aide sociale profitera mieux à ceux qui en ont vraiment besoin tout en évitant le gaspillage de nos ressources financières. Tout cela nécessite des réformes. Leur adoption est en cours. Ce qui va forcément entraîner une nouvelle façon de vivre de nos concitoyens. Pour faire court disons que nous devons passer de «ce que peut faire le pays pour nous» à «ce que chacun de nous peut faire pour le pays». La formule est du président américain John Kennedy. La population algérienne compte aujourd'hui plus de 41 millions d'âmes. En 1962 elle était de 9 millions. Ces 9 millions qui avaient connu les privations, la faim, le froid, le dénuement total, l'injustice, les souffrances, le sacrifice ont réussi à libérer le pays. Aujourd'hui et avec quatre fois plus d'Algériens, le pays est en droit d'espérer son indépendance économique et sa victoire totale sur le terrorisme et les narcotrafiquants qui ne sont rien d'autre que «des voyous» comme les a si bien qualifiés le président français, Emmanuel Macron. Oui, les Algériens de 2017 sont les dignes héritiers de la génération de Novembre. Il est impossible qu'ils ne soient pas capables des mêmes exploits. Même s'ils n'ont pas connu, comme eux, la faim, le froid et le dénuement total. Ils feront l'effort nécessaire pour se hisser à la hauteur des enjeux et construire le pays pour lequel leurs parents sont morts. L'Algérien d'aujourd'hui a de qui tenir!

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