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Traque des chambres froides clandestines

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C'est là où les trafiquants cachent les produits alimentaires pour faire flamber les prix. Comme pour la pomme de terre en mars dernier. Une association de consommateurs vient de passer à l'action. Cette fois, ç'est sérieux. C'est une première en Algérie!...

Le froid qui chauffe les prix. L'Apoce (Association de protection et d'orientation du consommateur) vous connaissez? C'est une association parmi plusieurs autres répertoriées sur le site Web de notre ministère du Commerce. Elles sont nombreuses. Elles sont implantées sur l'ensemble du territoire national. Celle dont il est question aujourd'hui, l'Apoce, a son siège à Alger. Jusque-là, son président, Mustapha Zebdi, a été très actif sur les plateaux des chaînes de télévision (privées et publiques). Tellement actif sur les médias mais moins sur le terrain qu'on avait pu commencer à douter de ses objectifs. Cette semaine, il a réussi à balayer tous ces doutes en décidant de s'attaquer frontalement aux «affameurs» du peuple. Aux spéculateurs. Aux trafiquants en tous genres. Il en a fait l'annonce lors du forum du quotidien El Mihwar, lundi dernier. Au cours de cette rencontre, Zebdi a fait plusieurs annonces sur plusieurs sujets. Comme l'importation des véhicules de moins de trois ans qu'il encourage car, dit-il, «c'est la seule solution à la crise du marché de l'automobile dans notre pays». Notre ministre du Commerce a vite fait de le «refroidir» en annonçant que l'importation de «l'occase» n'est pas à l'ordre du jour. Zebdi a également abordé le mouton de l'Aïd qui a posé deux problèmes l'an passé. Celui des prix ainsi que des cas de putréfaction de la viande. Pour y remédier, le président de l'Apoce propose aux acheteurs «d'exiger la carte d'identité nationale du vendeur» pour l'identifier rapidement au besoin. Ses deux dernières propositions difficiles à mettre en oeuvre sur le terrain méritent d'être plus «creusées». Par contre, son idée de débusquer les chambres froides des spéculateurs, marque un tournant dans la défense des droits des consommateurs. C'est la première fois de notre histoire qu'une association de consommateurs décide d'agir en prenant «le taureau par les cornes». C'est la première fois de notre histoire qu'une association de consommateurs menace sérieusement les spéculateurs. Enfin, c'est la première fois de notre histoire qu'une association de consommateurs fait le travail qui donne un sens à son existence. En regardant par «la fenêtre» nous assistions avec tristesse et envie, à l'efficacité des associations de consommateurs américaines. Ou plus près de nous, en France. Dans notre pays, c'est bien la première fois qu'une association de ce genre monte au créneau pour défendre les petites bourses des ménages. Ce qui redonne de l'espoir quant au développement humain dans notre pays. Ceci dit et de façon plus détaillée, la décision de l'Apoce prend la forme d'une campagne qui s'étalera du 18 juillet au 15 août prochain. Un mois durant lequel l'Apoce «demande à tous les opérateurs économiques et aux particuliers possédant ces chambres froides (clandestines, Ndlr), à engager les procédures administratives nécessaires». Un mois au-delà duquel l'Apoce passera à l'étape supérieure en «informant les citoyens qu'ils ont la possibilité de signaler la présence de toute chambre froide illégale dont ils auront pris connaissance». L'Apoce pense certainement à mettre à leur disposition un numéro vert. «Nous allons utiliser, durant cette campagne, des spots publicitaires dans tous les médias...Des pages seront lancées sur les réseaux sociaux afin de toucher le maximum de citoyens» a tenu à préciser le président de l'Apoce. Au final, le propriétaire d'une chambre froide devra afficher, bien en vue sur la façade de la structure, le document administratif qui atteste de son existence légale ainsi que la nature des marchandises stockées. Ce qui évitera de signaler «illicite» une chambre froide légalement déclarée. Le mal est bien pointé du doigt. Le président de l'Association nationale des commerçants algériens (Anca), Hadj Tahar Boulenouar ainsi que Mohamed Medjber, représentant des mandataires des fruits et légumes tous deux présents au forum sont allés dans le même sens que l'Apoce. Tous ces intervenants sont convaincus que «La hausse des prix profite aux spéculateurs qui déstockent au compte-gouttes entretenant un manque de l'offre et qui génère par effet d'entraînement, une hausse des prix.» Il est clair que toutes les associations de consommateurs (plus d'une centaine sur le site du ministère du Commerce) réparties sur le territoire national devraient être mises à contribution dans cette campagne de salubrité publique. De la réussite de cette initiative, la première du genre dans notre pays, dépendra la dynamique de contrôle indispensable pour faire passer la triche et la fraude de l'état de règle à celui de l'exception. Digne des pays développés!

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