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Les Algériens face aux dépenses de la rentrée

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Même pas le temps de compter l'argent qui reste après les vacances. Il faut penser à la rentrée des classes. Aux fournitures. Aux habits. Il faut penser à l'Aïd. Ses gâteaux, son mouton. Il faut penser aux dernières factures. Rude épreuve pour les parents...

Ballottages. Le compte à rebours a commencé. Plus que quelques jours nous séparent de la rentrée. Les enfants, les parents et les politiques, tout le monde va retrouver la réalité de la vie quotidienne. Après le farniente, la plage, les voyages, c'est le moment des retours. Jusque-là rien de bien surprenant vu que chaque année c'est la même ambiance à pareille époque. Sauf que cette fois, il y a une conjonction d'événements qui font de cette année une rentrée pas comme les autres. Sur le plan des dépenses. Même ceux qui ont opté seulement pour la plage ou le séjour familial chez les vieux parents, ont dû faire face à des dépenses supplémentaires. Quant à ceux qui ont opté pour les vacances à l'étranger, «l'ardoise» sera forcément plus salée. A ces sorties d'argent somme toute prévisibles, s'ajoutent les dépenses de la rentrée scolaire des enfants. S'ajoute également le prix du mouton de l'Aïd El Adha, pour ceux qui y tiennent. Dans le même temps, la boîte aux lettres sera pleine de ces factures habituelles d'eau, d'électricité et de gaz, de loyer, de mensualité du crédit bancaire, etc. Rude épreuve pour le budget des ménages en pareille circonstance. Il va falloir redoubler d'astuces, jongler ou tout simplement emprunter pour affronter toutes ces dépenses qui se sont donné rendez-vous en même temps. De quoi donner de fortes migraines aux parents sachant que dans cette ardoise ne figure pas l'alimentation quotidienne ni les frais basiques (carburant et entretien) du ou des véhicules de la famille. Ce qui est loin d'être un luxe pour ceux qui habitent des contrées mal ou pas du tout desservies par les transports publics. Encore heureux que la gratuité de notre système de santé évite de débourser pour se soigner en cas d'ennuis de santé inattendus. Reste que nos ménages seront bien secoués à la rentrée. Surtout et nous le savons tous, l'Algérien n'est pas très prévoyant. Il ne réservera pas en hiver pour ses vacances d'été. Cependant, on entend de plus en plus de ménages exprimer leur intérêt à mieux gérer leur budget. A ouvrir des enveloppes pour les différentes dépenses courantes. Quelquefois même à tenter d'économiser patiemment pour s'offrir des extras (restos, loisirs, etc). Toutes ces précautions ne suffiront pas cette année à faire face à l'afflux des dépenses en un temps aussi court. Toutes les dépenses sont incompressibles. Même celles des téléphones mobiles. Dans chaque famille, il y en a plusieurs. Du plus petit au plus âgé chacun à son smartphone à recharger. Il y a également l'abonnement à l'Internet pour les chaînes télé cryptées. Bref, la ménagère aura beau chercher un chapitre des dépenses sur lequel il lui sera possible de «grignoter» quelques économies, il n'est pas certain qu'elle le trouve. Est-ce à dire que l'Algérien vit au-dessus de ses moyens? Oui et non à la fois! Oui, car un salaire et même deux, dans le cas où les deux conjoints travaillent, ne suffisent pas à équilibrer «la balance». Les petits et les grands n'acceptent aucune privation. Et puis, il faut le dire, il y a les dégâts du paraître. Alors on «surfe». Dans cet exercice on retrouve l'insistance du maintien de la retraite anticipée qui permet d'obtenir un salaire supplémentaire. Non, il ne vit pas au-dessus de ses moyens lorsqu'on constate l'intérêt qu'il porte aux produits subventionnés. Le pain, l'eau, le lait, la semoule, l'huile, le sucre, etc. Disons qu'il mène une vie pleine de paradoxes. Il passe ses vacances à Honolulu (exagération voulue), mais refuse de payer la baguette de pain ou le sachet de lait au prix coûtant. Ce qui n'est pas raisonnable du tout. Et si l'Etat voudrait aider les Algériens à dépenser plus raisonnablement, il devra parvenir très vite au ciblage des subventions. Au-delà de la rationalisation des dépenses de l'Etat que cela va permettre, c'est tout le comportement de l'Algérien qui changera en mieux. Lorsqu'il déboursera le prix réel de ce qu'il consomme, l'Algérien se rendra compte de la nécessité de «serrer les cordons de la bourse». Ou à tout le moins de prendre conscience de l'importance d'une gestion responsable du budget familial. En attendant, nos concitoyens continueront à vouloir tout avoir et en même temps. Avec tous les travers que cela induit forcément. Y compris l'économie informelle qui en fait partie. Sinon comment expliquer que des salariés puissent, en un laps de temps aussi court, faire face, tout à la fois, aux frais de vacances, de l'Aïd, de la rentrée scolaire ainsi qu'aux frais de la vie courante? Parmi les solutions, il faut rétablir la vérité des prix et éradiquer l'informel!

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