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L'Aïd El Adha, le mouton et les démunis

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Qui veut, peut? On a appris, lundi dernier, qu'une association caritative de Médéa a organisé des collectes de dons pour offrir des moutons de l'Aïd aux démunis de la région. Une autre association dans la même wilaya a suivi cet exemple en lançant, elle aussi, une collecte de dons pour acheter les moutons qui seront distribués aux familles nécessiteuses. Dans la même information, nous apprenons que de «nombreuses petites associations s'activent à travers plusieurs communes rurales de la wilaya de Médéa». Elles se sont, elles aussi, lancées dans ces collectes de dons. Toujours pour offrir le mouton aux démunis. Parmi toutes les remarques qui peuvent être légitimement posées sur de telles opérations, il y a celle de l'identification des familles démunies. On a toujours cru que cette identification était si difficile qu'elle bloquait le ciblage des subventions des produits de première nécessité. On a l'impression que dans la wilaya de Médéa ce problème est résolu vu toute cette mobilisation autour des collectes de dons. Il n'y a pas que les associations qui ont découvert le moyen d'identifier les démunis. Le 19 juin dernier, notre ministre de l'Intérieur, Nour-Eddine Bedoui, a annoncé, à partir de Tipasa où il était en visite de travail, «la distribution de 1,8 million de couffins (à l'occasion du Ramadhan, Ndlr) à des familles nécessiteuses et déshéritées». Là aussi, il y a lieu de présumer qu'une identification a pu avoir lieu. De grande envergure en plus. A l'échelle nationale. Le 16 juillet dernier, c'est Ghania Eddalia, notre ministre de la Solidarité nationale qui a annoncé à partir de Mostaganem que «5 900 enfants issus de familles nécessiteuses et des orphelins de 20 wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux bénéficieront de séjours durant les vacances d'été dans l'une des 14 wilayas côtières». On peut ajouter l'affirmation faite, dimanche dernier par la ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit, selon laquelle «le versement de la prime de scolarité spéciale de 3000 dinars (se fera) dans les délais». Inutile de préciser que cette prime est versée aux démunis à chaque rentrée scolaire et cela depuis des années. Ces quelques exemples de solidarité suffisent pour remarquer que les bénéficiaires n'étant pas tirés au sort, il y a forcément une identification et un recensement des nécessiteux à qui sont distribués toutes ces aides (moutons, couffins, vacances, prime scolaire, etc.). Partant de ce constat, pourquoi serait-il difficile d'utiliser ces fichiers existants pour mettre en place le ciblage des subventions qui profitent actuellement même aux riches. D'ailleurs, il est possible de procéder à l'inverse. C'est-à-dire de recenser les riches. Mustapha Guitouni, notre ministre de l'Energie a, dans le souci de rationaliser la consommation d'électricité, évoqué une «réflexion qui est en cours dans son ministère pour faire payer aux riches le juste prix de leurs consommations». Une réflexion seulement car, a-t-il précisé, aucune augmentation n'est à l'ordre du jour. Toujours pour atteindre le ciblage, il est donc possible de procéder au recensement par élimination des riches. Comment? Les riches n'habitent pas les cités. Il suffit de recenser les villas et les voitures luxueuses (fichier carte grise). Cela suffit pour exclure ces particuliers du fichier des aides de l'Etat. Ne resteront, en principe, dans ce fichier que les démunis et quelques «resquilleurs» de l'informel, plus faciles à débusquer avec le temps. Pour les structures économiques (usines, fermes agricoles, etc.) il faudra adapter la formule la plus juste pour un juste prix (la répétition est volontaire). Mais à partir du moment où l'on parviendra à mettre à l'abri les démunis, il n'y a aucune crainte à avoir sur les envolées des prix à la consommation. Il est clair que dans ces conditions, quelle que soit l'ampleur du budget qui sera alloué à l'aide aux démunis, la suppression des subventions généralisées réduira de manière drastique les dépenses publiques. Il n'y a pas que le Trésor public qui en tirera bénéfice même si, en cette période particulièrement difficile que traverse le pays, c'est tout bénéf'. Mais pas seulement puisque le comportement de l'ensemble de la société en matière de consommation changera radicalement. Plus de pain dans les poubelles. Démarrer un climatiseur ou ouvrir un robinet d'eau deviendront des actes réfléchis, responsables. Le fer à repasser, la machine à laver, les lumières dans les chambres inoccupées, prendront plus d'intérêt aux yeux de nos concitoyens. On pourra même se permettre l'économie des campagnes publicitaires de sensibilisation. Les retombées positives du ciblage sont à l'infini. Bonne fête à toutes et à tous!

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