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Nos consommateurs et l'obsolescence programmée

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Smartphones, imprimantes, ordinateurs, mais aussi machines à laver et autres appareils domestiques seraient programmés par les fabricants pour une durée de vie déterminée. Une plainte suivie d'un large débat est en cours en France. Comme ces mêmes produits sont commercialisés dans notre pays, les consommateurs algériens doivent savoir. Tout savoir...

Stratégie de vente. On a appris, hier, qu'une plainte a été déposée par une association française pour délit «d'obsolescence programmée» contre de prestigieux fabricants d'imprimantes. Il leur est reproché de raccourcir «délibérément» la durée de vie de leurs appareils. Le procédé consisterait à les «régler» au moment de la production pour ne pas dépasser un certain temps de bon fonctionnement. Une autre manière serait d'agir sur leurs consommables. Les cartouches qui affichent faussement avoir épuisé leur encre. Le tout grâce à l'innovation technologique et l'avènement des «puces» et des objets «connectés». Si cette accusation est confirmée par le tribunal, cela voudra dire que nous sommes entrés dans l'ère du brigandage numérique. La plainte a soulevé un grand débat au cours duquel d'autres produits comme les téléphones mobiles, leurs batteries, les ordinateurs, mais aussi les articles ménagers comme les machines à laver avec leurs fréquents problèmes de condensateur. Tous les produits électroménagers seraient susceptibles d'être ainsi programmés pour pousser le consommateur à les jeter et les remplacer par l'achat du neuf. En réalité, cette pratique a été dénoncée il y a quelques années sauf que la première plainte a été déposée hier. Car il est difficile de prouver ce délit. Lorsque le prix des pièces de rechange dépasse celui de l'appareil ou que ces pièces ne sont plus commercialisées, le consommateur n'a plus que la solution d'acheter un autre appareil neuf. D'ailleurs, cette pratique n'a rien d'exceptionnel puisqu'elle s'apparente au scandale du «dieselgate» dont se sont rendus coupables des constructeurs automobiles en trafiquant les indicateurs de pollution de leurs véhicules. On peut tout faire «dire» aux équipements électroniques et informatiques embarqués. Que ce soit dans l'automobile ou les équipements ménagers. L'ancienne méthode d'incompatibilité des pièces de rechange d'une marque à l'autre d'un même produit semble aujourd'hui à portée limitée face à l'indicible puce réglée pour bloquer le fonctionnement de l'appareil à une date préréglée. Cette «stratégie» des constructeurs pousse à la consommation et même au gaspillage. Tout en faisant main basse sur le budget des ménages. Selon un rapport de l'université des Nations unies «le poids des déchets électroniques a atteint 41,8 millions de tonnes en 2014. Pour 2017, ce chiffre devrait augmenter à près de 48 millions de tonnes». Voilà comment la science est utilisée par la délinquance. En suivant certaines remarques émises dans ce grand débat qui a lieu autour de la plainte en question, même les dates de péremption indiquées sur des produits de l'industrie alimentaire seraient manipulées. Ce phénomène est plus visible dans le cas des bas en nylon que portent les femmes en hiver. Des enquêtes ont révélé que devant l'effondrement des ventes des bas en nylon initialement très résistantes, les producteurs ont «réduit le dosage de certains additifs destinés à protéger le polymère des rayons UV pour permettre aux bas de filer plus vite». Toutes ces enquêtes, ces explications, cette plainte et le débat qui suit ont lieu à l'étranger. Les mêmes produits incriminés sont en vente chez nous. Avec les mêmes travers. Les consommateurs algériens peuvent-ils se protéger comme tous les consommateurs du monde? Pas si sûr car et pour des motifs beaucoup plus «lourds» comme les produits cancérigènes de certains additifs alimentaires qu'ils ingurgitent malgré eux, leurs moyens de défense sont inexistants. Les quelques associations de consommateurs qui prétendent les défendre font plus dans la politique que du social. La prévention en matière de santé publique est négligée. Chez nous on préfère attendre que les maladies se déclarent pour annoncer les «plans de lutte» envisagés. C'est-à-dire des dépenses supplémentaires. Pour nos trois millions de diabétiques, le marché de l'insuline se porte bien lui. Il continue à augmenter. C'est tout bénef' pour les producteurs d'insuline. Face à cela et pas plus tard
qu'hier aussi, les pouvoirs publics ont déclaré avoir décidé d'imposer aux producteurs de boissons de diminuer le pourcentage de sucre utilisé dans leurs sodas et autres jus. Sans se soucier de la nature du sucre utilisé. Chimique ou naturel. Ce n'est pas être alarmiste que d'appeler à la prévention. Ceci ne veut pas dire qu'il est interdit de nous saisir de «l'obsolescence programmée» des téléphones mobiles ou des machines à laver. Ce n'est pas la «bourse ou la vie». C'est les deux à la fois!

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