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On jette le pain, mais jamais les bananes

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S'est-on demandé pourquoi on embrasse, de moins en moins chez nous, le pain? S'est-on demandé depuis quand l'Algérien jette le pain? Ce geste, qui paraît «étrange» au wali d'Alger, ne vient pas de nulle part. Petite remontée dans l'histoire...

Scandale. Nous avons retenu, cette semaine, le cri d'indignation lancé par le wali d'Alger, Abdelkader Zoukh. Alors qu'il accompagnait, mardi dernier, la ministre de l'Environnement, Fatima Zohra Zerouati, en visite de travail dans différents sites de la capitale, Zoukh n'a pu s'empêcher de dire qu'il trouvait «inconcevable et étrange, le comportement de la société algérienne». Comme tout être humain normalement constitué, il n'arrive pas à expliquer ce qui se passe dans la tête des citoyens qui jettent du pain à la poubelle. Et pas en petite quantité. Selon lui, chaque semaine, les éboueurs de la capitale ramassent pas moins de 10 tonnes de pain, soit 40.000 baguettes de 250 gr. Ceci, sans compter les importantes quantités de pain jeté qui sont directement collectées par les éleveurs a-t-il ajouté. Comme le phénomène ne touche pas uniquement la capitale, cette quantité ne reflète pas la triste réalité du problème. Où va-t-on ainsi? A qui la faute? Comment en sortir? L'étrange comportement de la société algérienne dont parle le wali n'est pas ancré dans notre histoire. Il est impossible qu'un peuple qui a toujours vénéré le pain, à travers les siècles, puisse aujourd'hui le réduire à un déchet. Si un enfant de 10 ans ne sait pas que ses parents, ses grands-parents, ses arrière-grands parents (et toute sa généalogie jusqu'à l'époque de la «Jahilia») ne passaient jamais devant un morceau de pain abandonné dans la rue sans le ramasser, l'embrasser et le placer à un niveau surélevé pour ne pas être écrasé. S'il ne le sait pas, disait-on, c'est précisément parce que ses parents ne le lui ont pas dit. Souvent, ce sont eux-mêmes qui jettent à la poubelle ce pain en présence de leurs enfants qui reproduiront fatalement ce geste «inconcevable et étrange». Nous sommes face à un phénomène relativement récent. Depuis que le pain «maison» a été abandonné par les ménages algériens. Depuis qu'il est moins onéreux d'acheter son pain chez le boulanger que de le faire cuire chez soi. Et enfin depuis qu'il est subventionné par l'Etat pour le mettre a portée de toutes les bourses. Logiquement à portée des très petites bourses, mais ce n'est pas le cas. Tout le monde en profite. En abuse. Alors on achète plus de baguettes que nécessaire pour ne pas «tomber en panne». Et lorsqu'il y a surplus on le jette puisque cela ne coûte pas cher d'acheter chaque jour du pain croustillant. Deux, voire trois fois par jour. Matin, midi et soir. Le prix de la baguette est tellement bas comparé au pouvoir d'achat que les ramasseurs de déchets lui préfèrent les objets en plastique. Plus rentables à la revente. Voilà pourquoi les éboueurs de la ville collectent des tonnes de pain. Il n'est pas loin le temps où il était possible d'offrir un pain à un mendiant. Aujourd'hui et de manière générale, les mendiants ont disparu de notre paysage. Les rares qui restent ne veulent plus de pain. Ils veulent de l'argent ou rien. On peut dire, sans se tromper, que plus personne n'a faim en Algérie. Nous en avons ici, la meilleure démonstration. Pour autant, cela doit-il nous faire accepter l'inacceptable? De voir nos poubelles remplies de pain? Tous les Algériens normalement constitués devraient joindre leurs voix et leurs actes à ceux du wali d'Alger. De se dresser comme un seul homme contre ce gaspillage inadmissible de pain. Tous sans exception. Parents, imams, enseignants, sportifs, artistes, associations, comme dans un Téléthon et à l'unisson, nous devons tous participer à la lutte contre le gaspillage de pain. C'est un aliment qui a une valeur sacrée depuis des millénaires. Que ceux qui n'y croient pas se posent la question de l'origine du geste qui consiste à embrasser le pain. Même ce geste a tendance à se faire rare. D'où l'urgence à réagir. Même l'Oaic qui importe au nom de l'Etat le blé avec lequel le pain est produit devrait participer à l'effort national contre le gaspillage. Par des initiatives et des manifestations (clips, campagne, pub, etc.) avec la méthode du marketing inversé. Non pas pour vendre quoi que ce soit, mais pour faire des économies. Le blé est payé en dollars. Par conséquent, tout financement d'opérations tendant à limiter le gaspillage serait rentable. Le wali d'Alger pourrait également mettre à contribution ses services pour porter le message «anti-gaspi» dans toutes les cités relevant de son territoire. Un message qui, s'il est réussi, pourrait ensuite être élargi à toutes les autres wilayas du pays. Il faut, parallèlement à ces actions, lever le pied sur les subventions généralisées. Il suffit de se rendre compte que personne ne jette de bananes à la poubelle. Au prix où est vendu ce fruit...

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