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L'opposition change son fusil d'épaule

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L'école algérienne doit être sauvée du naufrage. Les médecins résidents qui en sont le fruit manquent de discernement. Tout comme une partie des enseignants. Des hommes politiques se délectent de les manipuler. Des signaux l'attestent...

Miroir. Les syndicats autonomes de l'Education nationale et ceux des médecins résidents ont pris une bonne part de l'actualité de cette semaine. Les premiers revendiquent, en gros, l'amélioration de leur pouvoir d'achat (ou l'augmentation des salaires présentée autrement), tandis que les seconds ne veulent plus du service civil qui les oblige d'aller soigner leurs compatriotes dans les régions reculées du pays pendant une durée déterminée. Au premier regard, le point commun entre ces deux corporations n'apparaît pas clairement. Pourtant, il est là, aveuglant. C'est le résultat du système éducatif dont ont bénéficié les uns et les autres. Car et s'ils avaient bénéficié d'un cursus performant et aux standards internationaux, on n'en serait pas là. Pour s'en convaincre, il faut savoir que l'Algérie a renoncé à participer en 2018 au classement «Pisa» (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) car le dernier classement en 2015 l'avait placée à l'avant-dernière place des pays participants. «Notre pays participera en 2021 à ce classement, le temps que le programme de formation, lancé en direction du personnel éducatif et enseignant du secteur, s'installe et prenne forme» a déclaré, en décembre dernier, Mme Benghebrit, notre ministre de l'Education. C'est le triste constat. Pour mieux comprendre ce classement, disons que ce système évalue le niveau des élèves âgés de 15 ans ce qui correspond à la fin de l'obligation scolaire qui est chez nous de 16 ans. Classé avant-dernier, notre pays fait bien de s'abstenir d'aller «au casse-pipe» une seconde fois. Il faut une meilleure préparation, d'où les réformes en cours, avant d'aller se mesurer au reste du monde. Au-delà de l'efficacité, il y a aussi une question de dignité. Et si le niveau de nos élèves est aussi bas il ne faut pas être grand expert pour savoir qu'il reflète le niveau de leurs enseignants. L'équation est incontournable, il faut rehausser le niveau des enseignants pour relever par effet mécanique celui de leurs élèves. Celui des citoyens de demain. Oui, c'est de l'avenir de l'Algérie et des Algériens qu'il s'agit. Le problème est plus que sérieux, il est vital. Ceci dit, quelle analogie peut-on faire avec le cas des médecins résidents? Ou plutôt les médecins spécialistes en formation? Si l'on considère qu'ils ont, auparavant, bénéficié du système éducatif défaillant, ils ne peuvent que «traîner» ses séquelles. Parmi elles se trouve un segment important que les Américains appellent le «Pledge of Allegiance» qui est un serment patriotique enseigné à tous les écoliers américains. Dans le même esprit que la levée des couleurs quotidienne dans les cours de nos écoles. On retrouve, sous d'autres formes, le même principe programmatique, dans tous les pays avancés. Il s'agit de la citoyenneté inculquée dans toutes les écoles de ces pays. Une citoyenneté qui peut être opposée à nos médecins résidents qui sont en fait des médecins généralistes qui poursuivent leurs études pour devenir des spécialistes. Donc, nous sommes toujours dans le secteur de l'enseignement. Cette catégorie d'étudiants est elle aussi en grève illimitée. Quand on se penche sur les revendications on se rend compte du déficit du «Pledge of Allegiance» et de ses dégâts. Jugez-en: après le bac, les études en médecine durent 7 années, pour la spécialité il faut ajouter 4 ou 5 ans selon la spécialité et si l'on ajoute les années du primaire, du moyen et du secondaire, nous arrivons à un total d'environ 25 années. De l'enfant de 6 ans jusqu'au médecin spécialiste, les études sont prises en charge par l'Etat. Gratuité de bout en bout avec éventuellement une bourse en plus suivie d'un présalaire au cours du résidanat. Sans compter l'hébergement en cité U, le transport et la cantine. Tout cet argent est le bien de la collectivité nationale d'Alger à Tamanrasset, de Maghnia à Tébessa. Alors et quand au bout de leurs études il est demandé au spécialiste six mois seulement de service civil, c'est-à-dire d'aller soigner durant ce temps ses compatriotes de l'extrême Sud, il mélange cette obligation avec le service militaire pour trouver le temps long. Il est une solution qui est de se libérer de ses dettes lorsqu'on est «allergique» aux obligations. Quant au serment d'Hippocrate, personne n'en parle. Tout comme l'assistance à personne en danger. Devant un tel tableau, si triste, on se rend compte de l'importance de la réforme en cours de l'école algérienne. Pour élever le niveau du savoir et pour transmettre les valeurs citoyennes. Et si les enseignants et les médecins résidents actuellement en grève n'étaient que des victimes? Manipulés par une partie de l'opposition qui après avoir échoué sur le champ politique s'est déportée sur le terrain syndical!

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