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Les dentistes et la propagation du sida

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Se faire soigner une carie avec du matériel non stérilisé, c'est risquer le sida ou l'hépatite B. Des cabinets dentaires ont été fermés par la DSP à Oran. Il s'agit d'hygiène et de...médecins.

Ethique. Le sujet de cette semaine nous vient de notre ami et confrère Wahib Aït Ouakli. Dans notre édition d'hier, il nous apprend que les contrôleurs de la direction de la santé de la wilaya d'Oran ont «visité» pas moins de 500 cabinets dentaires. Ils ont découvert que 10% d'entre eux ne stérilisaient pas le matériel qui leur sert à soigner les patients. C'est-à-dire qu'ils traitent les caries de plusieurs malades sans stériliser les outils (miroir, spatule, sonde, turbine, etc.) après chaque utilisation. Comment les contrôleurs l'ont-ils su? Très simplement. Les dentistes en question ne disposaient pas d'autoclave qui est le stérilisateur que tout dentiste doit obligatoirement avoir dans son cabinet. Notre correspondant fait état de la fermeture par les contrôleurs de 10 cliniques (dentaires) et de la verbalisation de 40 autres. On pourra toujours dire que 50 dentistes contrevenants sur 500 ce n'est pas aussi dramatique que cela. Sauf que lorsqu'il s'agit du sida et de l'hépatite B, aucune marge n'est autorisée. C'est la tolérance zéro. On ne joue pas avec la santé, voire avec la vie d'autrui. Surtout quand on est médecin, la justice qualifie un tel manquement de «circonstances aggravantes». D'ailleurs, les services de la prévention du ministère de la Santé devraient prendre en charge les cas de dentistes sanctionnés et ouvrir des enquêtes plus poussées à l'effet de savoir si des malades n'ont pas «chopé» le sida ou l'hépatite B, après avoir été traité par un de ces dentistes. Auquel cas, il s'agit d'homicides. Plus volontaires qu'involontaires. Faire l'économie d'un autoclave au risque d'envoyer à la mort les patients, c'est beaucoup plus grave qu'un simple délit. Ceci dit, la réglementation en vigueur qui s'applique à tous les dentistes, tend à protéger tout autant le praticien que son malade. Le praticien en l'obligeant à porter des gants et des lunettes de protection. Quant à son malade, celui-ci doit être traité exclusivement avec du matériel stérilisé. Ceci nous amène à aborder le problème plus large de l'hygiène en milieu médical. Pas seulement en milieu hospitalier. Il ne faut pas être forcément un contrôleur de la DSP, pour se rendre compte dès l'entrée dans un cabinet médical du niveau d'hygiène qui y règne. L'état des lieux, l'odeur dominante, l'état de la blouse (lorsqu'elle existe) de l'assistante et enfin celle du praticien lui-même renseignent, on ne peut mieux, sur ce qui attend le malade en termes de risques pour sa santé. Car il n'y a pas que le dentiste à surveiller. Le médecin généraliste qui utilise le même abaisse-langue plusieurs fois, est aussi à blâmer. Vous l'aurez compris, il s'agit en général de pratiques propres aux médecins privés. Dans le secteur public ce type d'économies, de bouts de chandelles, n'existe pas. Ce qui ne veut pas dire que tous les médecins privés ne respectent pas les normes d'hygiène requises. Certains cabinets médicaux privés sont impressionnants par l'ordre et l'hygiène qui s'en dégagent dès l'entrée. Oui, mais alors, direz-vous, le problème de l'hygiène qui se pose avec acuité dans les cités, dans les rues, dans les bus (privés aussi), etc. n'est pas encore résolu que nous voilà passés au cran suivant qui est le cabinet médical. Si le médecin a une hygiène douteuse c'est le comble qui pourrait arriver à l'ensemble du système de santé national. Il s'agit d'abord et avant tout de la prévention qui ne semble pas avoir la place qui lui revient dans notre pays. On confond même ce qu'est réellement la prévention. Certains de nos responsables parlent du dépistage (diabète, cancer ou autres) en affirmant que cet acte relève de la prévention. Alors que c'est totalement faux. La prévention consiste à éviter autant que faire se peut la maladie. Le dépistage sert à découvrir la maladie une fois déclarée. La prévention, pour ceux qui voudraient honnêtement lui rendre ses lettres de noblesse, consiste à éliminer les facteurs qui causent des maladies. Comme par exemple les intrants chimiques (arômes, colorants, conservateurs, etc) que les producteurs de boissons (l'Apab) ont récemment réclamé au gouvernement qui en avait interdit l'importation. Ou mieux encore, toutes les campagnes contre le diabète qui sont organisées ici et là et qui consistent à prélever une goutte de sang et à l'analyser. Ce n'est ni plus ni moins qu'une «étude de marché» pour les laboratoires de médicaments. Une étude qui évalue le taux de croissance des malades. Comme on le voit, un énorme travail en amont est laissé en jachère dans notre système de santé. On se plaît à comptabiliser le nombre de nouveaux malades annuellement. Pas une voix ne s'élève contre les additifs alimentaires ou les pesticides. Devant un tel silence, le bruit fait par les contrôleurs des dentistes d'Oran relève de l'héroïsme. Il ne reste plus, à chaque malade, de faire sa propre prévention. Quand on entre dans un cabinet médical à l'hygiène douteuse, mieux vaut rebrousser chemin. Avoir ce geste qui sauve!

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