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Le CAMRA, "bagrat el-haloub" et la loi

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Aux Etats-Unis, les études coûtent cher. Très cher. Chez nous, nos étudiants en spécialités médicales ne veulent pas entendre raison. Chez nous, l'Algérien lambda qui finance leurs études a des droits. Il a son mot à dire. L'équation est simple...

La galère. C'est le journal américain, le Washington Post, qui a donné l'information dans son édition d'hier. Des chercheurs affirment que «36% des étudiants vivant sur les campus universitaires américains ne mangent pas à leur faim». Ils ajoutent que 10% de ces étudiants passent toute la journée sans rien manger. Et ce qui n'arrange rien, «les frais de scolarité sont en constante augmentation» précisent-ils dans leur étude qu'ils ont menée auprès de 43.000 étudiants dans 66 écoles américaines différentes. Si c'est dur et éprouvant pour des étudiants à suivre des études universitaires, les écoliers, les petits seraient-on tenté de dire, ne sont pas mieux logés dans les écoles publiques. C'est le journal New-York Times qui, bien avant le Washington Post, raconte l'humiliation subie par les écoliers qui restent sans manger faute de pouvoir payer la cantine. Ces malheureux ont le choix entre se faire tamponner le bras avec cette inscription «j'ai besoin d'argent pour la cantine» avec une encre qui met plusieurs jours à disparaître ou alors accepter de se faire recruter par l'administration pour nettoyer les tables de la cantine en échange d'un repas gratuit. C'est tout un comportement qui est né de cette malheureuse situation d'écoliers et d'étudiants démunis et que l'on appelle «le lunch shaming» qui consiste à faire honte à l'élève dont les parents n'ont pas pu payer les repas de la cantine. Un élu local de l'Etat du Nouveau-Mexique a proposé une loi qui interdit désormais «le lunch shaming». Il a expliqué avoir été lui-même victime de cette pratique indigne dans sa jeunesse. «Je devais laver le sol de la cantine (pour manger). C'était vraiment visible que j'étais un des enfants pauvres de l'école.» a-t-il expliqué aux journalistes. Pour ceux qui savent que les études sont payantes aux Etats-Unis il n'y a là rien d'extraordinaire. Il faut en moyenne entre 25.000 et 60.000 dollars pour une année scolaire (même plus pour des écoles les plus prestigieuses). Et lorsqu'un étudiant a la chance de décrocher une bourse, celle-ci lui couvre au maximum 40% du total qu'il doit payer. Il y a cependant une «bouée de sauvetage» sur laquelle se jettent les étudiants les plus courageux. Ils peuvent dénicher des petits métiers (dans les restaurants, les cafés ou autres commerces pour servir de vendeurs). Une autre solution existe pour les étudiants les plus convoités. Ils peuvent obtenir une aide financière d'une entreprise en échange de quoi il faudra travailler un certain temps pour cette entreprise. La formule concerne surtout les majors de promos. Dur, dur de faire des études (de l'école maternelle à l'université) dans la plus grande démocratie du monde. Oui mais, direz-vous, en quoi cela peut-il intéresser les lecteurs algériens vu que chez nous les études et tout ce qui va avec (transport, logement, cantine, livres, enfin tout) est gratuit? Pour tout le monde. Les riches et les pauvres. D'abord, cela permet de mieux apprécier la chance que nous avons de faire les cursus les plus longs sans débourser un sou. D'apprécier encore mieux de recevoir en sus une bourse et même un vrai salaire à un certain stade des études (comme les résidents) tout en étudiant une spécialité. Pas seulement puisqu'on peut également prendre conscience des engagements qui découlent d'une prise en charge des études. On a vu plus haut le financement des études par des entreprises en échange de quoi l'étudiant devra travailler un certain temps pour l'entreprise en question. C'est exactement le même schéma chez nous sauf que c'est l'Etat qui finance. En échange de quoi? d'un service civil de quelques mois contre des dizaines d'années d'études gratis. Pourquoi ce qui serait normal aux Etats-Unis ne le serait-il pas en Algérie? Pourquoi le concept de «bagrat el haloub» ne serait-il acceptable qu'en Algérie? D'ailleurs, il n'y a pas que le problème que posent les résidents en médecine dans notre pays. Bien avant eux des milliers de médecins algériens, après avoir étudié «à l'oeil» dans leur pays sont allés offrir leur travail en Occident. Souvent en acceptant des postes moins qualifiants et plus pénibles. Il s'agit de l'argent de la collectivité nationale. Nous avons donc le droit de réclamer notre dû. Nous avons donc le droit de demander au gouvernement de procéder au recouvrement de la dette auprès des résidents qui refusent le service civil, mais aussi auprès de tous ces médecins que nous avons financés et qui nous ont abandonné pour s'expatrier et soigner des étrangers. Ceci est valable pour tous les universitaires de toutes les filières qui ont rompu le contrat social sans rien rembourser. Il est temps de regarder les choses en face et se dire toutes les vérités. Celui qui étudie avec notre argent pendant des décennies doit se libérer de sa dette avant de refuser le service civil ou d'aller exercer dans un autre pays. Nos parlementaires devraient penser à légiférer sur ces frais d'études qui ne profitent pas à la collectivité. La justice sociale c'est aussi cela!

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