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La "maladie du soda"à la Une de l'actualité

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La cirrhose du foie connue pour être liée à la consommation de l'alcool est également causée par les boissons sucrées. Les médias internationaux ont traité abondamment le sujet cette semaine. Chez nous, il a été question de boissons sucrées, mais pour d'autres raisons...

«BMS.» Tous les médias de la planète en parlent. L'OMS tire la sonnette d'alarme. Près d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de maladies chroniques du foie. Chez nous en Algérie, le sujet ne semble préoccuper personne. De quoi s'agit-il? On l'appelle la «maladie du soda» pour la simple raison qu'elle est due à la surconsommation de sodas et autres boissons sucrées. On l'appelle également le «Nash» ou «stéatohépatite non-alcoolique». En plus simple, c'est une cirrhose du foie qui touche les gens qui ne boivent pas d'alcool, mais abusent de la consommation de sodas. Le foie n'arrive plus à éliminer la graisse produite par le sucre contenu dans les sodas. Ce qui entraîne une inflammation du foie qui se transforme très vite en fibrose (durcissement des tissus). La fibrose développe une cirrhose qui, à son tour et souvent, se transforme en cancer. Le phénomène est connu dans le gavage des canards pour la production du foie gras très prisé lors des fêtes en Occident. C'est une maladie dite «silencieuse» car elle n'est suivie d'aucun symptôme. On ne s'en rend compte, malheureusement, souvent lorsqu'il est trop tard. Les diabétiques et les obèses sont particulièrement exposés à cette maladie qui met des années à se développer. Lorsque les premiers signes de fatigue apparaissent, il est trop tard. Un autre signe tardif peut également apparaître sous forme d'hémorragie intestinale. Les médecins peuvent cependant être alertés par des anomalies dans le bilan hépatique de leur patient. Une biopsie est cependant indispensable pour confirmer le diagnostic. Comme on le voit, la partie n'est pas facile pour celui ou celle qui chope la maladie. Ni aux médecins qui n'ont pas les moyens de détecter à temps la maladie. Selon une étude publiée dans le «journal of hepatology», les personnes qui boivent quotidiennement des boissons sucrées ont 55% de «chances» de développer la maladie. 22% des diabétiques en seraient atteints ainsi que 90% des obèses. L'intérêt général nous oblige à relayer cette information bizarrement ignorée par les confrères nationaux et le ministère de la Santé, d'autant qu'avec le mois de Ramadhan qui frappe à nos portes, les sodas et autres boissons sucrées connaîtront leur pic de consommation. Remarquez, on a parlé de sodas et boissons sucrées, cette semaine dans nos médias et même au gouvernement. Pour dire quoi? Que les producteurs de boissons exigent que soit levée l'interdiction d'importer les additifs (chimiques) alimentaires. Ils appellent ça les «arômes» qu'ils utilisent en terme générique pour masquer les mélanges chimiques qu'ils nous vendent en nous faisant croire au soda «orange», au soda «citron», etc. Des boissons pétillantes au gaz chimique. En réalité, sont concernés par ces «arômes», les colorants, les conservateurs, et tous les produits chimiques utilisés dans la production du soda. Quand on boit tous ces produits chimiques plusieurs fois par jour, le résultat est «détonnant». Le gouvernement a accédé à leur «exigence» et a levé l'interdiction. Ils pourront désormais reprendre le chemin de l'importation pour nous ramener les «germes» de la maladie du soda. Pourquoi nos producteurs de boissons n'ont pas voulu des «arômes» produits chez nous? La production locale est insuffisante disent-ils et la qualité n'est pas encore au rendez-vous. Des arguments que seuls les spécialistes peuvent confirmer ou infirmer. Ce qui est sûr pour les profanes que nous sommes c'est que même les fournisseurs locaux«d'arômes» (mentoudj bladi) conditionnent des intrants qu'ils importent. Cela veut dire quoi? Que ces deux types de producteurs (ceux des boissons et ceux des «arômes») se disputent des parts de nos importations. C'est à celui qui «malaxera» le plus de devises. Ils se sont même entendus sur un délai de 6 mois pour revenir à la production nationale. Savez-vous pourquoi? Avec le mois de Ramadhan et la saison d'été, c'est la (très) haute saison pour nos producteurs de boissons. Le moment idéal pour gonfler les commandes des «intrants» ou additifs. En automne, une fois la pression passée, les producteurs de boissons céderont aux «mélangeurs» locaux d'arômes les importations. C'est une histoire de fric, de devises qui a occupé notre actualité cette semaine. Pendant que dans le reste du monde il n'était question que de «maladie du soda», de santé publique, chez nous c'est le business. Plus vulgairement de fric!

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