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La pharmacie au pharmacien, pas au commerçant!

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Les pharmaciens sont en colère. A l'APN, le projet de loi sur la santé menace leur monopole. Ouvrir une pharmacie sans être pharmacien. La faute à qui? D'abord aux pharmaciens!...

Diagnostic. Il y a deux catégories de pharmaciens. Les salariés qui exercent notamment dans les structures hospitalières et les «indépendants» qui ont leur propre officine (pharmacie). Il parait que ces derniers qui sont installés à leur compte, comme on dit, ne sont pas contents. Mais alors pas contents du tout. Leur syndicat a même lancé un avis de grève pour samedi prochain. Que leur est-il arrivé? Il parait que le texte du projet de loi sur la santé en débat à l'APN a fait sauter le monopole d'ouvrir et de gérer une officine (une pharmacie) qui était la chasse gardée des seuls diplômés de pharmacie. Si c'était le cas, n'importe qui pourra, dorénavant, être propriétaire et gérer une pharmacie. Il aura certainement l'obligation de recruter des pharmaciens diplômés pour vendre les médicaments et recevoir les clients. Il y a de quoi ne pas être contents. Imaginez un marchand de poulet qui décide, comme ça, un jour, de «diversifier» ses activités et d'ouvrir une ou plusieurs pharmacies. Il a l'argent nécessaire pour acquérir le bien immobilier. Il a également l'expérience de la gestion commerciale pour compter la recette en fin de journée. Compter l'argent de la vente des poulets ou des médicaments c'est du «kif-kif» au même. La seule difficulté est de lire les ordonnances (avec cette écriture si particulière des médecins) et de maîtriser la vaste nomenclature des médicaments. Là çà se corse car il n'y a que les études universitaires de pharmacie qui donnent cette compétence. Qu'à cela ne tienne, le marchand de poulet pourra recruter de vrais pharmaciens formés à l'université pour les mettre derrière le guichet. Pour servir les clients. Pardon, pour servir les patients! Tout est dans cette petite différence sémantique. On dit «clients» pour un commerce et «patients» pour une pharmacie. O.K., mais comment s'opère la différence? Quand on pousse la porte d'une pharmacie, on est généralement malade ou proche de quelqu'un qui est malade. On ne vient pas acheter des oignons ou un poulet, mais des médicaments. Entre les légumes, la viande et les médicaments il y a l'ordonnance du médecin qui fait la différence. Et le pharmacien, le vrai, pas le «vendeur», pour la lire et vous servir le médicament prescrit ou son générique. Il vous précise même la posologie (ex: un cachet 3 fois par jour). Il pousse même jusqu'à tracer des barres de rappel sur les boîtes d'emballage. Ce n'est pas donné à tout le monde de prendre le relais du médecin. De connaître toutes les caractéristiques de tous les médicaments. Il s'agit de la santé des personnes. Pas de droit à l'erreur. Un médicament a des vertus, mais en même temps comporte des risques s'il venait, par exemple, à être administré avec un autre médicament contre-indiqué. Il fut même un temps, pas si éloigné, où le pharmacien procédait à des préparations prescrites sur ordonnance par le médecin. C'était l'époque où dans chaque pharmacie il y avait un laboratoire. C'était l'époque où le pharmacien était en quelque sorte l'interprète idéal du patient perdu dans les médicaments qu'il doit prendre. Il renseignait, orientait et mettait en garde contre les mauvais mélanges. Qu'en est-il aujourd'hui? Les pharmacies appartiennent bien, exclusivement, à des pharmaciens formés à l'université. Leur gestion commerciale aussi évidemment. Sauf que et malheureusement, il n'est pas rare que le client (pardon, le patient!) ne trouve que le vendeur ou la vendeuse, mais pas le pharmacien. Il n'est pas rare non plus que les produits parapharmaceutiques prennent trop de place dans la pharmacie. Il n'est pas rare non plus (et c'est plus grave) de trouver la pharmacie fermée le jour de son tour de garde. Et si nous enlevons, les préparations qui ont disparu et le pharmacien absent pour ajouter les «vendeurs» sans qualifications et la parapharmacie qui inonde le magasin, nous nous trouverions dans un commerce des plus banals. Comme une droguerie ou une mercerie. Plusieurs produits, plusieurs rayonnages sans la gravité et la responsabilité que requiert la santé humaine. Du fait que la pharmacie est devenue un banal commerce par la faute des pharmaciens eux-mêmes qui la délaissent, c'est peut-être par là qu'il faut commencer à chercher les raisons de la «levée du monopole» du texte en débat à l'APN.
Au lieu de faire grève pour reprendre juste après les vieilles habitudes, les pharmaciens et leur syndicat seraient bien inspirés de redonner toute la respectabilité et toute la noblesse à leur profession. C'est en élevant la barre à son niveau requis que la pharmacie sera hors d'atteinte par les «beaucoup flouss». Seuls les pharmaciens, les vrais, peuvent prémunir les officines de la dévalorisation. Leur éviter de devenir de vulgaires commerces!

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