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Le choléra a peur du savon

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Certains parlent de panique. D'autres de ruées vers les fardeaux d'eau minérale. Les rayonnages de savonnettes sont évités. Une campagne nationale de nettoyage est prévue aujourd'hui. Pas contre le vibrion...

A quelque chose...Nous aurons passé tout le mois d'août à ne parler que de choléra, d'admissions de malades, de cas confirmés et de localisation du vibrion. Tous ces sujets ne couvrent en réalité qu'un seul et même événement. L'apparition ou plutôt la réapparition de la maladie honteuse des mains sales. Certains sont allés jusqu'à ressentir un vent de panique dans la population. Ils y ont cru en se basant sur les achats massifs de fardeaux de bouteilles d'eaux minérales. On a même entendu parler de spéculateurs qui loin de perdre la boussole ont été très actifs pour faire voltiger les prix de ces fameuses bouteilles. Les premières voix sont venues de l'Association des producteurs d'eau (Apab). Ceux qui n'avaient pas encore eu l'idée de spéculer, ont été bien servis. Ceci dit, le fait que la ruée a eu lieu sur l'eau minérale et non sur la savonnette prouve que la panique était réelle et a fait perdre la boussole à tout le monde. Car enfin, il fallait penser à la lutte contre la bactérie plutôt que de chercher comment sauver sa tête. Boire de l'eau minérale au milieu du vibrion qui se déhanche comme la vache indienne, n'est pas digne de l'intelligence humaine. Personne n'a pensé à ce qui pourrait advenir lorsque l'eau minérale sera épuisée et le vibrion toujours présent. Alors qu'avec une savonnette chacun et un lavage des mains avant chaque repas ou simple encas, le vibrion restera confiné aux excréments, ce qui fera de lui une cible plus facile à éradiquer. C'est dommage et triste que nos concitoyens aient choisi la solution à court terme (l'eau minérale) au lieu de la solution durable (savonnette).
Ces quelques remarques faites sur l'état de la société face à un dysfonctionnement des règles élémentaires d'hygiène, voyons à présent ce qu'est réellement le choléra dans ses divers aspects. D'abord il faut relever que les pays développés sont «vaccinés» contre ce vibrion qui semait la terreur au Moyen âge. «Vaccinés» signifie que l'hygiène dans ces pays est au top.
A tous les échelons. Des citoyens qui veillent à leur hygiène corporelle aux responsables locaux chargés de l'hygiène environnementale (ramassage des ordures, pollution de l'air, des décibels, etc.), tous sont dans un rythme constant de vie saine. Ce qui explique le démenti de l'ambassade de France sur un prétendu contrôle sanitaire des voyageurs algériens dans les aéroports français. Manière de dire que le choléra n'aura aucune prise sur leur peuple très respectueux des règles d'hygiène. Par contre les réactions observées en Tunisie, au Maroc, en Egypte et même en Libye reflètent les mêmes inquiétudes d'une hygiène approximative qui est la leur. Aujourd'hui, notre ministère de l'Environnement lance une campagne nationale de nettoyage.
Un peu tardif mais toujours bon à prendre. Avec des réserves toutefois. Une fois cette journée de «campagne» passée, combien de temps faudra-t-il pour renouer avec la saleté? L'Algérie et les Algériens ont besoin de travail de fond pas de la poudre aux yeux. On n'inculque pas les règles d'hygiène à un humain en une seule journée ou une seule campagne. De plus, l'amoncellement des ordures et les manquements à l'hygiène ne datent pas d'hier.
Le retour du choléra n'est une surprise que pour ceux qui ne pouvaient pas faire la relation entre ceci et cela. De toute façon, notre ministère de l'Environnement n'est pas concerné par le choléra. C'est la ministre qui l'a affirmé. Son ministère est chargé du «contrôle des déchets chimiques des activités industrielles pas... du contrôle bactériologique». Comprendre pas du choléra. Il faut un sacré aplomb pour parler de l'hiver en pleine canicule. Mais au-delà des actions publiques, l'hygiène fait partie d'abord et avant tout de l'intimité de chaque personne. Se laver et être toujours propre est un plaisir pour les uns et un calvaire pour d'autres. Les premiers étant malheureusement moins nombreux que les seconds. Il s'agit de gestes acquis dès la prime enfance. Comme pour le goût et les odeurs, la propreté commence au berceau. C'est-à-dire que les premiers responsables sont les parents. Mais souvent, ils ne peuvent pas transmettre ce qu'ils n'ont pas reçu eux-mêmes. Auquel cas, c'est aux pouvoirs publics de combler ce vide. En formant des formateurs dans le système éducatif. En agissant sur des structures bien ciblées comme les cantines scolaires et les pensionnats. Et surtout le préscolaire. Sans un plan d'action bien réfléchi et bien élaboré il n'y a aucun miracle à attendre. Nous en sommes à notre troisième alerte de choléra en trente ans. Il y en aura d'autres si le problème n'est pas traité à la racine. Avec des gestes pourtant simples!

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