Prévisions pour le 23 Octobre 2018

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L'extraordinaire facture d'importation du livre

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En 10 jours l'importation du livre nous coûte deux fois plus cher que les céréales de toute l'année. Trois fois plus que le médicament. En devises SVP. Il y a forcément une anomalie. Cherchons...

Fiction et réalité. Le 23e Salon international du livre d'Alger (Sila) se tiendra du 29 octobre au 10 novembre prochains à la Safex. C'est le commissaire du salon, Hamidou Messaoudi, qui l'a annoncé, mardi dernier, au forum du journal Echaâb. Et après? Direz-vous. Qu'y a-t-il d'extraordinaire pour consacrer la chronique à ce sujet? En effet et à première vue un salon qui en est à sa 23ème année n'étonne plus personne. A première vue seulement. En déroulant l'intervention du commissaire du salon on découvre des vertes et des pas mûres. Il en est une de ces découvertes qui fait particulièrement dresser les cheveux sur la tête. C'est pourquoi d'ailleurs nous avons chamboulé notre programmation pour remplacer, au pied levé, le sujet prévu cette semaine par celui de la tenue du Sila (pour les intimes). Salon international du livre d'Alger pour être plus clair. Même l'intitulé du salon est sujet à débat. Pourquoi «du livre d'Alger» et pas d'Algérie. Est-ce uniquement les livres édités dans la capitale qui tiennent salon? Mais nous n'allons pas faire diversion avec ce que nous avons à partager avec vous de bien plus important que l'enseigne de ce rendez-vous. L'événement en question se tient une fois par an durant une dizaine de jours. Pour l'édition 2018, il y aura 271 maisons d'éditions algériennes et 699 étrangères qui participeront. C'est la Chine qui sera l'invité d'honneur. Elle sera présente avec 3000 titres (en arabe et en anglais). Pour se faire une idée de ce chiffre, il faut savoir que ce ne sont pas moins de 300 000 titres qui orneront les étagères du salon. On arrête là les généralités pour entrer dans le dur. Tenez-vous bien (il vaut mieux être assis)! «A propos des transferts d'argent au titre des ventes des maisons d'édition étrangères participant au Sila, Hamidou Messaoudi, a indiqué avoir relevé que les montants se situaient «entre 5 et 6 milliards de dollars», compte tenu, a-t-il dit, «de la baisse de la valeur de la monnaie nationale» écrit l'APS. Ce qui revient à dire que nous importons pour notre «consommation» de livres en dix jours «entre 5 et 6 milliards de dollars». «Le règlement intérieur du Sila interdit la vente en gros de livres durant le salon» a précisé Hamidou Messaoudi. Donc, aucun doute possible, il ne s'agit pas de stockage, mais de vente au détail. C'est-à-dire les achats effectués par les seuls visiteurs du salon. Il y a quelque chose qui cloche. On a essayé de comparer avec nos importations de céréales et de médicaments. Voilà le résultat. Pour les céréales la facture annuelle tourne autour de 3 milliards de dollars. Celle des médicaments moins de 2 milliards de dollars. Pour toute l'année, il faut le rappeler. Et non pour 10 jours comme pour les livres du Sila. Les autres 355 jours de l'année, les Algériens cherchent une librairie au milieu des fast-foods comme on chercherait une aiguille dans une botte de foin. Une chose est sûre, il y a plus de maisons d'édition qui participent au salon qu'il n'y a de librairies sur l'ensemble du territoire national. Il y a forcément quelque chose qui cloche. Pourquoi les Algériens achèteraient-ils «entre 5 et 6 milliards de dollars» de livres en dix jours et presque rien les 355 jours restants de l'année? Au Sila de l'année dernière, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, avait annoncé que «son département allait offrir chaque année 50 000 ouvrages littéraires aux bibliothèques des
50 lycées du pays ayant obtenu les meilleurs résultats au baccalauréat». Le ministère de l'Education précise sur son site Web que l'Algérie comptait 2147 lycées (statistiques 2014-2015 non actualisées). Qui finance les bibliothèques des 2000 autres lycées du pays? Et les 1541 bibliothèques municipales? Et celles des 106 établissements d'enseignement supérieur? Sortons des chiffres pour revenir à ces factures «entre 5 et 6 milliards de dollars» d'importation de livres vendus comme des petits pains en dix jours au salon. Il y a forcément une anomalie. Mais où se niche-t-elle? Sinon comment expliquer qu'une population qui ne se plaint nullement de la rareté des librairies se rue brusquement et comme des «voraces» sur les stands des éditeurs qui ne durent que quelques jours? Celui qui soutiendrait que la lecture se porte à merveille chez nous, devrait nous dire si le livre se vend ailleurs que dans les librairies tout au long de l'année. Peut-être que cela nous a échappé pour n'avoir pas vu que le livre se vendrait sous la table (qui n'existe pas) de la restauration rapide. Soyons sérieux car la réalité dépasse ici la fiction. Comment expliquer aussi que notre pays compte plus d'éditeurs que de librairies? 271 éditeurs pour 40 librairies. Pourtant, tout laisse croire que c'est un marché juteux. Quand on vous disait que le sujet avait de quoi déclasser tous les autres!

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