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Ce qui se passe dans la tête d'un harrag

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L'aspect économique invoqué dans ce fléau, n'est qu'un raccourci pour botter en touche. Ce qui pousse à l'acte un harrag, relève de la psychologie. Des données le prouvent. En voici quelques-unes...

Etapes. Sujet dominant cette semaine, la harga ou l'émigration clandestine de nos compatriotes dans des conditions souvent tragiques. Ce phénomène n'est pas né du néant et ses causes sont plus profondes qu'il n'y paraît. C'est pourquoi, il nous a paru utile de revenir sur ce dossier plus en profondeur. Commençons par un travail de mémoire sans lequel, le problème tel qu'il est posé actuellement restera biaisé. L'attrait des Algériens d'aller vivre ailleurs est réel. Il faut en expliquer les ressorts. Démystifier certains arguments superficiels avancés ici et là. Sans aucune prétention, nous considérons que nous pouvons apporter quelques «matériaux» nécessaires aux travaux en cours pour faire reculer ce fléau. Il faut commencer par rappeler l'instauration de l'autorisation de sortie du territoire national décidée par le président Houari Boumediene dès son arrivée au pouvoir en 1965. C'était un document qui venait s'ajouter au passeport. Il était extrêmement difficile d'obtenir et le passeport et l'autorisation de sortie. Rares étaient ceux qui réussissaient l'exploit de passer les deux «filtres». Résultat: un véritable étouffoir et une frustration que le peuple algérien vivait mal. Très mal. A son arrivée au pouvoir en 1979, l'une des premières décisions du président Chadli Bendjedid fut de supprimer cette fameuse «autorisation de sortie». Une mesure qui l'a indéniablement rapproché du peuple algérien qui, somme toute, connaissait très peu ce président choisi, par ses pairs, sous le double critère «le plus ancien dans le plus haut grade de l'armée». Les aéroports du pays retrouvaient, dès lors, une affluence des grands jours. Surtout pour les départs vers la France où le visa n'était pas encore institué. Il ne le sera qu'en 1986. Tant et si bien que lorsque le président français, François Mitterrand, a décidé de régulariser massivement les «sans-papiers» en 1981, la grande majorité des 130.000 personnes qui en ont bénéficié étaient des Algériens arrivés après la suppression de l'autorisation de sortie. C'est-à-dire en deux années seulement. Et ce n'était pas le chômage qui était en cause. L'Algérie vivait le plein emploi. Mieux, les entreprises étatiques (le privé n'existait pas) distribuaient aux salariés des «bénéfices» même avec un bilan déficitaire. On s'en gaussait tout en s'en réjouissant. Il faut également rappeler la «prime de retour» de 10.000 francs, accordée en 1978 et en 1984, par la France aux émigrés désirant rentrer dans leur pays. Très peu d'Algériens ont été attirés par cette mesure. A rappeler aussi, la vague de femmes algériennes enceintes qui allaient accoucher en France pour bénéficier «du droit au sol» de leur enfant. Et qui profitait évidemment à ses parents. A partir de 1990 et fuyant le terrorisme, une vague d'Algériens se sont installés en France. Des ONG leur offraient cette possibilité. Journalistes, universitaires et autres élites ont été les plus favorisés par cette conjoncture. La plupart y sont restés après la paix revenue en Algérie. D'autre part, chacun sait qu'il y a cette vague de médecins algériens (15.000) partis s'installer en France avec la bénédiction des autorités de ce pays. L'Allemagne a emboîté le pas à la France et attire beaucoup de médecins algériens. La Belgique et la Suisse aussi. Sans oublier le Canada et même l'Australie. Les motivations de tous ces émigrés algériens en cols blancs dans les pays occidentaux se retrouvent à l'identique chez les harraga qui défraient la chronique ces jours-ci. A la différence que ces derniers n'ayant aucune qualification, ils ne sont pas les bienvenus dans ces pays. Alors ils tentent d'y entrer par tous les moyens, quitte à mettre leur vie en danger en traversant la mer dans des embarcations de fortune. Tout en sachant qu'une fois sur place, ils vont vivre sous les ponts avec la faim et le froid. Et s'il y a un pays au monde où il est plus facile de faire fortune, où des millions de logements neufs sont destinés même aux plus démunis, où l'embarras du choix d'activités - des microentreprises aux offres d'emplois multiples- s'offre aux citoyens, c'est bien l'Algérie. Alors pourquoi cette «fièvre» du départ? En décembre 2015, une vague d'agressions sexuelles a été signalée en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe. Les médias ont accusé les migrants «nord-africains et arabes» d'en être les auteurs. Le ministre de la Justice allemand, Heiko Mass, a aussitôt dénoncé une préméditation et une coordination: «Quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît, sous une forme ou une autre, planifié. Personne ne me fera croire que cela n'a pas été coordonné ou préparé» a-t-il déclaré. Plus simplement, il a dénoncé un complot. Mais pourquoi les comploteurs ont-ils fait le choix de l'agression sexuelle? Il est dicté par leurs «laboratoires de psychologie». A nous de comprendre pourquoi!

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