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Chorba et politique

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Plus que deux semaines. Le Ramadhan intervient, cette année, dans un contexte politique particulier. Réveils difficiles du matin. Longues journées de privation. Rendez-vous électoral important. Un «mixage» inédit. Pronostics...

Compte à rebours. Celles qui ne l'auraient pas encore fait, ne devraient pas s'y mettre. Il est de tradition de faire le grand ménage à la maison avant le mois sacré de Ramadhan. Cela ne veut pas dire que le reste du temps, le nettoyage du foyer est délaissé. C'est ainsi. Juste pour marquer l'arrivée de ce mois pas comme les autres pour tous les musulmans. Quitte à aller sous les meubles ou même laver les murs, la touche très particulière pour ce mois est incontournable. Il faudra préparer également les conditions particulières pour ceux qui préfèrent manger au ras du sol. C'est courant pendant le mois du Ramadhan. Cela donne une touche spéciale. En général c'est la meïda. Ensuite, on ira acheter une nouvelle marmite, de nouvelles assiettes qui orneront la table à l'heure d'El Adhan. On fera également les provisions de fric pour la chorba, du vermicelle ou de la «mloukhia» selon les régions ainsi que des fruits secs pour les plats sucrés. Tout un rituel qui se répète chaque année à la même occasion. Mais il n'y a pas que les ménagères qui se soucient de l'arrivée du Ramadhan. Beaucoup de ministères sont déjà à pied d'oeuvre. Le commerce et l'agriculture pour s'assurer de la disponibilité des denrées les plus utilisées au cours de ce mois. La santé pour organiser surtout les services des urgences liés aux excès de table. La culture pour les spectacles qui font le plein lors des soirées. Les chaînes de télé, pour peaufiner les programmes dédiés, tout en se frottant les mains, car c'est un mois où la pub bat tous les records. Bref, c'est le branle-bas de combat un peu partout pour accueillir Sidna Ramadhan. Un mois où, il faut le dire, la vie ne se déroule pas comme durant les autres mois de l'année. Si c'est essentiellement un mois de piété, le Ramadhan c'est aussi un mois où les habitudes changent pour s'adapter à un nouveau rythme. La vie nocturne est très animée tandis que les réveils du matin sont très pénibles. Le travail se met en mode ralenti. L'humeur est souvent massacrante et les nerfs mis à rude épreuve. Manque de sommeil, manque de café, de cigarettes et la faim qui tiraille. C'est aussi la fringale qui est la cause d'un énorme gaspillage. On achète tout et n'importe quoi pensant avoir la capacité d'avaler tous les aliments que l'on croise dans le commerce. Pour ensuite se retrouver avec des excédents qui iront à...la poubelle. Les commerçants connaissent le filon. Ils redoublent de génie pour mettre en valeur leurs produits et allécher les ventres creux. C'est ainsi que la bourse du ménage en prend un sérieux coup. Pour la bouffe, mais pas seulement car le mois se termine avec les achats d'habits neufs des petits et des grands. Difficile dans cette ambiance de cuisine et de somnolence, pour les jeunes écoliers et lycéens, de préparer les examens de fin d'année. Le mois de Ramadhan avance chaque année d'une dizaine de jours, mais pour passer d'une saison à une autre il faut des années. Cette année c'est celle des examens, de la préparation des vacances, mais aussi et exceptionnellement cette fois la politique s'est invitée. Nous serons en pleine préparation de l'élection présidentielle. Du moins pour le personnel politique. Il n'empêche, tout le monde sera entraîné, d'une manière ou d'une autre, par l'effervescence propre à l'élection qui engage l'avenir du pays. Sauf que pour le mois de Ramadhan, il faudra inverser le temps d'activité. Tout sera programmé au cours de la soirée, après le F'tour. Dans la journée, la vie tourne au ralenti. Sauf aux marchés qui tourneront à plein régime. Dès maintenant et à coup sûr, les partis politiques s'organisent pour ce Ramadhan 2019 où ils ne pourront pas faire la «sieste». Qu'ils soient pour ou contre l'élection d'ailleurs. Il est vrai que la situation, depuis le 22 février dernier, est inédite. On ne sait même pas ce que deviendront les marches du vendredi. D'ordinaire, ce jour-là qui est férié, il n'est pas question de faire beaucoup d'efforts. Ceci en temps ordinaire. Dans le cas où, en plus, c'est le Ramadhan c'est carrément le repos absolu. Face à la télé ou la tête carrément enfouie sous l'oreiller. On verra bien d'ici-là. Jusque-là, l'organisation de ce mois promet d'être proche du parfait. Le ministère du Commerce rassure, celui de l'Eau également. Les hôpitaux seront également au rendez-vous a annoncé le nouveau ministre de la Santé. Pour ne pas gâcher la fête, nous ne nous appesantiront pas sur la vie économique de ce mois précis. Où tout tourne au ralenti. La productivité, on en parlera plus tard. Le rendement aussi. Les pertes que cela occasionne? Ce n'est pas le moment d'en parler non plus. L'essentiel est dans le couffin. Sur la table. Et une digestion pas trop compliquée. Le reste est moins important. Il n'y a que lorsque le ventre est plein que la tête chante. Ce proverbe bien de chez nous, tout le monde le connaît. C'était juste pour vous mettre l'eau à la bouche. Pour le week-end, la lecture ne doit pas être très «copieuse». Bon Ramadhan à toutes et à tous!

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