Patriotisme
«Les prolétaires n´ont pas de patrie.» Karl Marx
«Le capital, encore moins.» Kurzas
Sarkozy peut être fier de lui: a son insu, une Union des pays de la Méditerranée est en train de se faire, mais pas dans le sens où lui-même l´entendait. Après la Tunisie et l´Egypte, un printemps improbable essaie de percer en Libye et en Syrie avec l´aide d´accoucheurs sanguinaires. D´autres formes de révolutions sont en train de naître dans le tumulte et une apparente confusion dans les pays qui sont menacés de faillite économique: la Grèce, l´Espagne et peut-être demain le Portugal. Ces pays du sud qui, hier encore, étaient montrés comme des réussites dans la construction d´une démocratie moderne, parce que sortant toutes trois de longues périodes dictatoriales, ont su conjuguer développement économique et réformes libérales qui ont amélioré substantiellement les conditions de vie de leurs habitants. Leur entrée dans l´Union européenne semblait leur assurer la voie royale vers un niveau de vie grand standing. Mais depuis la fameuse crise économique venue des Etats-Unis, rien ne va plus dans ces pays: sans se réclamer d´un parti ou d´une idéologie quelconque, sans proposer des solutions, de jeunes manifestants qui n´arrivent pas à s´intégrer dans un système économique où la spéculation financière mène le bal, les manifestants réclament une autre gestion des affaires économiques. Car à la réflexion, cet argent qui manque aujourd´hui est bien parti quelque part! Tout le monde pointe du doigt le grand capital qui déserte les pays où les salariés sont organisés pour aller faire fructifier ses dividendes dans les pays à régimes autoritaires ou dans des régions où les niveaux de salaires sont très bas. Alors se pose la question du patriotisme politique de ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Mon regretté professeur d´histoire de l´art, nous le répétait souvent: «Quand vous lisez l´actualité, faites bien attention aux événements qui, apparemment, n´ont rien à voir entre eux, cherchez plutôt la corrélation qui existe entre eux! Rien n´est gratuit.»
Mais la leçon que nous avons retenue de lui est celle qu´enseignent tous les professeurs issus de l´école marxiste: «Chaque gouvernement est au service d´une classe, celle qui domine...»
Ainsi, à travers les actions quotidiennes concrètes (non pas les mesures théoriques ou les voeux pieux), on peut situer géographiquement où se situe le pouvoir. Ainsi, un gouvernement patriotique et nationaliste va tout mettre en oeuvre pour développer l´économie nationale: construire le maximum de barrages et les infrastructures nécessaires pour amener l´eau dans les périmètres agricoles où ce précieux liquide manque. Promouvoir la production agricole est l´une des tâches prioritaires afin d´assurer l´indépendance alimentaire nécessaire à l´épanouissement d´une nation et condition première pour une indépendance politique. Le gouvernement qui est censé représenter toutes les classes de la société se doit de doter le pays d´une infrastructure industrielle toujours en expansion afin d´assurer le plein emploi d´une population déjà formée par une école et une université modernes ouvertes au progrès. Evidemment, pour que tout se passe bien, il faut des infrastructures annexes pour rendre la main-d´oeuvre plus efficiente: un service de santé qui réponde aux besoins les plus élémentaires et des services d´hygiène impeccables mobilisés contre toutes les sources possibles d´infection. En plus de l´école, de la santé, la population doit être logée et bénéficier d´un minimum de confort: tout travailleur, pour être rentable, doit vivre dans des conditions minimales de bien-être. On ne peut pas demander à quelqu´un qui dort dans un bidonville, sans eau courante et sans commodités, de rivaliser avec un travailleur européen, qui, au bout de quelques années de travail, possède un pavillon de banlieue et une voiture personnelle. Les autres infrastructures aussi doivent suivre: amélioration constante des conditions de transport par l´élargissement des voies et la multiplication des moyens mis à la disposition du citoyen. On développe le train, les transports collectifs urbains... Quand les chantiers prioritaires sont les chantiers qui tournent autour du port, on peut déduire que nos gouvernants regardent vers l´extérieur.

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