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Sale temps sur la planète

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Il n'y a pas à dire, «El-Nino» ne cesse de faire des dégâts: créant ici et là une tempête tropicale, un ouragan ou un typhon qui réduit à zéro bien des efforts humains. Ce n'est pas tout: ailleurs il dessèche impitoyablement des terres qui n'ont pas toujours été généreuses envers ceux qui les habitaient, envoyant sur les chemins de l'exil des millions de pauvres hères affamés et assoiffés qui crèvent sur la route comme les restes d'une armée en déroute.
Et comme par hasard, les nations qui dépensent des milliards de dollars pour entretenir des armées envoyées aux antipodes de leur patrie, peinent à réunir quelque menue monnaie pour donner aux naufragés du changement climatique quelque raison d'espérer et de croire encore un petit peu à une solidarité humaine qui s'exprime par ailleurs, à grand renfort de moyens militaires chargés d'aider ici, la démocratie à pousser ou à protéger là, des populations civiles des foudres d'un tyran. Qui protègera les populations civiles des bombardements des révolutionnaires armés et épaulés par lOtan?
Ce ne sera pas en tout cas la puissante ONU qui trouve tous les arguments pour lever des troupes vers l'Afghanistan, la Côte d'Ivoire ou la Libye mais qui n'arrive pas à trouver les mots justes pour condamner les exactions israéliennes contre les populations civiles de Ghaza. Sincèrement, on est obligé de reconnaître qu'il pleut toujours où c'est mouillé et à l'allure où cela ne va pas, on ne peut espérer un quelconque changement, vu le rapport des forces. Tout a commencé un jour, quand le président Reagan avait débarqué, revolver au poing, dans la paisible île de Grenade pour mettre au pas un gouvernement révolutionnaire qui ne menaçait nullement le déséquilibre planétaire. N'ayant pas eu de réaction de la part d'un camp socialiste en butte à ses contradictions, la puissante armada US kidnappa le président Noriega qui, après avoir été longtemps utilisé par la CIA, s'est vu accusé d'être un narcotrafiquant. Comme on peut le constater, un bon dictateur peut en devenir un mauvais, du jour au lendemain sans que la météorologie ait quelque chose à voir de ce côté-là. Cependant, il y a des exceptions: le boucher Pinochet fut traité avec toute la mansuétude due à un tortionnaire de son rang.
Il ne fut jamais extradé par la perfide Albion (l'Angleterre étant un pays de traditions et non d'extradition) et l'horrible bourreau mourut tranquillement dans son lit à un âge biblique. Une fois le jardin américain nettoyé des mauvaises herbes, l'Amérique et ses alliés européens jetèrent leur dévolu sur la Yougoslavie: le chef d'Etat qui voulait conserver contre vents et marées une fédération qui ne tenait plus (De Gaulle disait que c'était Tito, la ficelle qui retenait le paquet!). Le président serbe, Slobodan Milosevic, fut traîné comme un délinquant devant un tribunal érigé à La Haye: il ne dut son salut qu'à une soudaine mort naturelle qui priva ses bourreaux d'une sentence préparée depuis longtemps. Saddam Hussein n'eut pas cette chance: il avait eu le temps de voir son pays détruit et son armée en déroute réduite en un vaste troupeau de va-nu-pieds. Il sera pendu comme un vulgaire voleur de chevaux, un jour de l'Aïd, à la grande satisfaction des chiites et des Kurdes qui attendaient ce jour depuis une génération. Ce n'est pas pour autant que le peuple irakien a trouvé le chemin de la paix et de la prospérité ou de la démocratie.
Après un mandat international émis contre Omar el Béchir, c'est au tour de l'Egypte de voir son puissant pharaon affronter ses juges, allongé sur une civière.
Si El Gueddafi a été éliminé dans des conditions obscures, les autres dictateurs qui sont en butte à une contestation de plus en plus violente, essaient toujours de résister à cette lame de fond venue d'on ne sait où. D'autres se tiennent le ventre car le printemps des peuples est une saison capricieuse: elle va et elle vient et nul ne sait combien elle durera.

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