Volonté politique
«Il n'y a pas de fatalité à l'insécurité. Il n'y a qu'un manque d'autorité de l'Etat et de volonté politique» Jacques Chirac
Dans le monde politique, rien n'arrive par hasard! Jean Jaurès, opposé à la guerre, n'est pas mort victime de l'acte d'un déséquilibré et si on se penche un peu (attention à ne pas tomber!) sur l'affaire DSK, on trouverait bien dans un coin le pouce qui a fait démarrer l'affaire. En pleine campagne présidentielle, tout est permis, surtout quand le président-candidat est au plus bas dans les sondages. Et la crise économique incite les états-majors de la communication à trouver de nouveaux scénarios pour pousser la rétive machine électorale des candidats. Le mandat de Sarkozy est illustré par de nombreuses faillites ou délocalisations d'entreprises: celui qui avait promis de «travailler plus pour gagner plus» fabrique tous les jours 1000 chômeurs supplémentaires pour un Etat surendetté. L'entreprise Lejaby menacée de liquidation judiciaire trouve comme par hasard, un repreneur pêché, comme par hasard, par un ministre de Sarkozy: pourvu que les travailleurs rescapés conservent leur emploi après le 10 mai! Il faut dire que le tissu économique français peine à trouver une nouvelle vocation pour sortir de la spirale de la récession économique. Certains pays ont réussi le nouveau passage à une nouvelle économie débarrassée des lourdeurs du passé et ils en vivent bien! C'est une affaire de volonté politique. Bien avant d'installer une infrastructure industrielle légère ou lourde, tout en continuant à mettre en valeur le secteur primaire, des pays à peine sortis de la nuit coloniale ou d'une dictature encore plus noire, ont su donner à leur peuple les moyens de s'en sortir sans avoir à creuser pour trouver du pétrole. Il leur a suffi non seulement de mettre tout d'abord une modeste infrastructure mais encore de préparer les esprits à cette nouvelle et fructueuse activité.
Comme vous l'avez compris, il s'agit du tourisme. Les pays dont je parle plus haut sont tous méditerranéens et ont en plus en commun un secteur touristique qui leur assure des revenus en devises considérables, à tel point que ce créneau demeure leur première ressource en devises. L'Egypte, la Tunisie, la Grèce, le Liban, le Maroc (et bien entendu l'Espagne et l'Italie qui étaient à la pointe de l'industrie touristique) sont des pays qui ont investi dans cette activité lucrative. Mais les développements politiques ont réduit à néant des décennies d'efforts.
L'Algérie, qui compte 1200 km de côtes, des plages sablonneuses nombreuses, des sites incomparables en beauté où se conjuguent mer et montagne, n'arrive pas à trouver ses marques malgré les réalisations gigantesques entamées à l'époque de Boumediene, à grand renfort de complexes dessinés par des architectes de renommée universelle. Mais voilà, il ne suffit pas d'avoir un ministère du Tourisme pour que tout baigne dans l'huile. Il y a la logistique qui ne suit pas. D'abord, l'environnement: les plages ont été abandonnées aux pilleurs de sable et à la pollution. Peu de municipalités se mobilisent pour trouver des solutions afin que les égouts ne viennent pas expirer sur les sables d'or. Le sommet du mépris a été atteint lors de la prise en main des municipalités par l'ex-FIS: tout a été organisé pour décourager les estivants à venir soigner leur psoriasis par les ultra-violets... Ne parlons pas de l'absence des accessoires indispensables pour rendre attrayante la mer. A part deux ou trois plages de l'Algérois, réservées actuellement à certains privilégiés, toutes les autres ne bénéficient que de l'attention de quelques personnes privées qui louent parasols ou installent ici et là une buvette sauvage. Ni le transport ni le nettoyage des plages n'est pris soigneusement en main. L'hygiène la plus élémentaire n'existe pas comme par exemple, l'installation à proximité des plages de toilettes publiques ou de douches. Ne parlons pas du transport.
Ainsi, certains sites éloignés des centres urbains ne sont pas desservis par les transporteurs publics efficaces. Seuls ceux qui ont la chance de posséder un véhicule peuvent accéder à ces havres de paix. Le tourisme en Algérie peut être une sortie de secours pour l'après-pétrole: il suffirait de mettre l'intolérance de côté et le tour est joué. La lutte contre l'intolérance: un vaste programme!

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