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«L'action est déjà le début d'un engagement.» Anonyme

Il y a des conflits qui traînent comme cela en longueur jusqu'à ce que l'opinion mondiale oublie l'origine du conflit, la genèse d'une guerre dont les drames sanglants finissent en entrefilets dans les pages des rubriques internationales. Certains se sont apaisés et seul un statu quo permet aux parties impliquées de camper sur leurs positions en gesticulant, mais sans faire des vagues: c'est le cas des deux Corées et de Taïwan. Le début de la Guerre froide avait allumé ces brasiers en oubliant de les éteindre à l'aube d'une mondialisation qui s'est empressée d'en rallumer d'autres en Afghanistan, en Irak et dans d'autres pays pris d'une soudaine frénésie printanière.
Deux autres conflits presque identiques traînent en longueur et s'enlisent chaque jour: ce sont les deux dernières manifestations ou les deux échecs de la décolonisation, une décolonisation qui n'est pas allée sans heurts ailleurs, mais qui a fini, après des combats sanglants et de périlleuses péripéties, par aboutir à l'indépendance des peuples. Ce qui est flagrant dans ces deux conflits (et ce qui leur est commun), c'est l'impuissance de tous les arbitrages invoqués à produire une solution à même de conduire vers un début de résolution qui satisferait les belligérants. Toutes les réunions des assemblées générales de l'ONU, toutes les résolutions du Conseil de sécurité, tous les travaux des commissions ad hoc, toutes les missions des Nations unies et de l'OUA ou de la Ligue arabe ne trouveront écho ni en Israël ni au Maroc. Des diplomates chevronnés auront épuisé leur énergie, leurs nerfs, leur science, et l'argent des institutions qui les ont envoyés, pour trouver des formules adéquates: cela va des «petits pas», en tournées, en négociations à quatre par puissances interposées, car les Etats occupants ne reconnaissent pas les représentants des peuples opprimés. Tous les plans proposés se heurtent à l'intransigeance du fait accompli. J'y suis, j'y reste! Telle est la formule appliquée par les colons du XXe siècle. Dans le cas du Sahara occidental, la monarchie alaouite aura mis le paquet pour récupérer un territoire que la puissance européenne a cédé après un accord secret qui révèle la perfidie des capitales européennes. C'est par l'organisation d'une «marche verte» qui se veut une référence à un épisode glorieux de la civilisation arabe, que Hassan II, en metteur en scène hollywoodien, a mis le monde entier devant le fait accompli. L'invasion du Sahara occidental par une «armada brancaleone» composée de gueux et d'épaves de la société maghrébine, va plonger ce territoire dans treize années de guerre. Après la valse hésitante du pouvoir algérien de l'époque, coincé entre le PAP et la crise du pétrole, le Maroc va édifier un mur de sable qui va protéger la surface utile du périmètre, et les phosphates de Boucraâ. Le régime de Rabat va se livrer à une répression féroce que vont dénoncer toutes les organisations humanitaires, les missions des représentants des USA comme de l'Europe. Tous leurs rapports seront unanimes: la majorité du peuple sahraoui est favorable à l'indépendance! L'évolution de la stratégie occidentale vers une solution onusienne est vérifiable par la prorogation du mandat de la Minurso. Mais là aussi, le roi multiplie les obstacles et les faux-fuyants: en plus des richesses avérées du sous-sol saharien de la mer et des richesses possibles, (des sociétés occidentales explorent le off-shore saharien), le Sahara occidental demeure un alibi irremplaçable pour réunir derrière la bannière royale, tous les partis politiques: quel parti osera renoncer à la marocanité du Sahara occidental? Actuellement, c'est la stratégie du pourrissement qu'ont choisi les pays de l'Otan pour essayer de rééditer en Syrie leur exploit en Libye. L'implication des pays du Golfe qui ont planifié la pax americana dans le monde dit arabe n'est plus à démontrer. Ce qui complique la situation en Syrie est le degré d'implication de la Turquie dans cette tragédie que vit le peuple syrien: en plus de l'acheminement de mercenaires et d'armes venus de Libye, la chute d'un avion de combat turc au large de la Syrie soulève plus de questions: quant aux vagues, l'évolution du conflit nous donnera la réponse.

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