Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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 Mascara Min 15 °C Max 26 °C
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 Khenchela Min 12 °C Max 20 °C
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Jour de fête

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Comme chaque année, les fidèles sortent de mosquée après une solennelle prière: ils vont s'attarder quelques instants sur le parvis, vont se donner l'accolade, échangeront leurs voeux et vont précipitamment rentrer chez eux pour accomplir le rituel sacrifice, laissant l'avenue centrale de la cité désespérément vide. Pas un chat! Les taxis clandestins, qui encombraient le bord de la rue, ne sont plus là, laissant quelques naufragés de cette maussade matinée dans l'expectative: des jeunes couples, pour la plupart, qui ont remis à l'année prochaine le sacrifice du mouton, cherchent désespérément un moyen de transport pour rejoindre leur famille ou leur belle-famille. Les hittistes, les drogués qui font habituellement partie du décor, manquent eux aussi à l'appel. Seules les voitures de police qui ont curieusement doublé leurs rondes sur les voies désertées, circulent sur les voie désertes. Les vieux, qui ont l'habitude de se retrouver à l'ombre du grand acacia, manquent, eux aussi, cruellement au paysage: ils avaient l'habitude de venir ressasser ici leurs vieux souvenirs ou confronter leurs expériences. Ils ne se préoccupaient guère de la chose politique pour la simple raison qu'il y a longtemps qu'ils ont compris que les dés étaient pipés. Après la prière du Dohr, la rue a commencé à s'animer petit à petit: quelques taxis clandestins ont repris timidement leur place, mais les vieux retraités, eux, n'ont pas mis le nez dehors. A l'exception, toutefois, de Aâmmi Rabah qui n'avait pas sacrifié de mouton, pour la première fois depuis qu'il s'est marié. Et cela l'a rendu encore plus triste. Tous ses amis sont restés chez eux et Aâmmi Rabah s'est retrouvé tout seul assis sur les pierres disposées autour de l'acacia. Il avait beau regarder autour de lui, seuls des enfants endimanchés ou de jeunes couples désargentés traversaient, de temps à autre le décor insipide. Et Aâmmi Rabah n'arrêtait pas de pester contre son sort: il aimait bien se retrouver ici, chaque matin et chaque après-midi, avec les gens de sa génération. Certains le taquinaient, parfois, sur son avarice (il ne sortait jamais le sou et ses compères faisaient courir le bruit que son épouse et son fils lui confisquaient sa retraite). Aâmmi Rabah faisait mine de s'emporter mais, un moment après, il retrouvait toute sa jovialité et il prenait sa revanche en critiquant le comportement de ses amis. D'abord, dès qu'il voit pointer Aâmmi El Hocine, il commence par faire une grimace de déconvenue: «Ah! le voilà encore, celui-là! Il va encore nous parler des steaks, de la choucroute ou du schnaps de Moselle! Il va encore nous faire baver avec sa grosse retraite en euros et sa qualité d'ancien moudjahid! Je n'arrive pas à supporter ceux qui exposent leur façon de vivre!»Le seul que supporte Aâmmi Rabah, c'est Si Ouali, un autre ancien émigré, très discret et qui aime parler avec un fort mauvais français. Certes, il n'emploie que des expressions choisies qui lui sont restées en mémoire, mais il les prononce si mal qu'on s'aperçoit vite de son ignorance. Mais c'est un homme sage qui avoue avoir fait pas mal de choses en France, mais qu'il s'est assagi depuis qu'il est rentré au pays. Sa franchise en a fait le confident de Aâmmi Rabah.Il y a aussi les autres, Aâmmi Saïd, fanatique du football et supporter de la JSK. Aâmmi Saïd n'est pas du tout mauvaise langue et il n'intervient que pour rétablir une vérité. Quand il s'absente du cercle d'amis, c'est qu'il y a un match à la télé. Celui que ne peut voir Aâmmi Rabah, même en peinture, c'est Si Mahieddine qui se donne des airs distingués avec son fume-cigare; de petite taille, une mèche de cheveux grisonnants qui lui donnent un air d'oiseau exotique et des dents jaunies par la nicotine, qui serrent l'éternel fume-cigare: on dirait qu'il rit tout le temps de tout. Aâmmi Rabah ne l'aime pas, car Si Mahieddine est aisé mais pingre comme pas un. Il fait même le taxi clandestin entre deux commérages. Aâmmi Rabah ne l'aime pas, mais lui aussi lui manque, ce jour d'Aïd, mais c'est surtout à cause de l'envolée des prix des produits alimentaires...

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