Prévisions pour le 24 Septembre 2018

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Asphalte jungle

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«Je vous salis ma rue!» Jacques Prévert «On devrait bâtir les villes à la campagne: l'air y est plus sain!» Alphonse Allais

Avant de vous entretenir de la ville, permettez-moi de vous narrer cette anecdote qui pourrait être vraie: un Premier ministre du temps de Chadli avait constaté que la capitale vait retrouvé sa sérénité pendant les trois ou quatre jours de la fête de l'Aïd El Adha. C'est ainsi qu'il exposa sérieusement à l'ouverture d'un Conseil des ministres cette audacieuse proposition: «Nous devrions poster des barrages à toutes les entrées de la capitale pour empêcher ceux qui ont un chez eux en province de revenir...» Evidemment, il eut droit à un triste sourire de ses collègues, car cette chose est irréalisable. A chaque rentrée, le gouvernement pose sur la table les problèmes qui sont d'une grande acuité. Outre la nouvelle loi des finances qui focalise toutes les intentions et aiguise bien des appétits, tout gouvernement mené par un vieux briscard de la politique se doit d'aiguiller l'intérêt du citoyen lambda sur un problème qui lui tient bien à coeur et qui est la cause principale de son désespoir. Cette année, on a remis sur le tapis vert le cas de l'assainissement de la capitale, comme il y a plus de trois décennies après la disparition du grand Boum. Alger, ville de Ziri est la vitrine du pays, elle cristallise à elle seule tous les maux qui frappent le pays. Hormis le terrorisme qui a migré vers d'autres régions, la cité qui fut jadis d'une blancheur immaculée présente tous les symptômes d'une gestion déficiente: absence de l'Etat dans des aires géographiques bien déterminées, non respect des lois et règlements dans plusieurs aspects de la vie quotidienne... Les divers quartiers ne bénéficient pas tous de la même attention des services publics, la sécurité est placée à divers degrés sur l'échelle de Richter selon la qualité de ses habitants et le standing des logements qui les composent. Le transport public et la voirie sont les atouts qui accompagnent harmonieusement la cotation de ces quartiers. Tout cela entraîne automatiquement une réaction inconsciente du citoyen qui se défend par un manque de civisme militant. Les personnes dites âgées considèrent avec nostalgie la lente dégradation d'un environnement qu'elles ont connu sous un meilleur jour. Leur commentaire est sans appel: «Mon Dieu! Le mal qui a frappé toutes les cités algériennes est donc le même partout! Regardez, voyez! Questionnez les personnes âgées qui ont encore la mémoire fraiche! Elles vous diront que tout a changé et ce n'est pas en bien! Tout le monde avance et nous, nous reculons! Les vieux citadins vous le diront: d'abord, ils vous diront qu'avant c'était mieux parce qu'il n'y avait pas autant de monde dans les rues. Les gens étaient au travail et le week-end était utilisé pour le marché et les loisirs. Les cafés sont pleins de gens qui ne font rien et les services de la voirie n'arrivent pas à suivre le rythme qu'impose une consommation effrénée. Regardez, à présent les trottoirs ne suffisent pas pour contenir ces foules qui paraissent pressées de régler un problème urgent alors que rien n'urge. Et puis, cette saleté qui envahit tous les espaces (enfin ceux qui ne sont pas fréquentés par les autorités, susceptibles de prendre des sanctions). Aucune cité n'est épargnée par ce fléau, par le manque absolu de rigueur. Visez donc la laideur des nouvelles constructions! Mélange des styles et aucun plan de masse!Quel est donc le responsable de l'urbanisme qui peut endosser cette gangrène, ce béton qui bouffe peu à peu les rares espaces verts? Et ces terrains vagues où s'agrippent encore aux épineux sauvages les emballages en plastique. Regardez les caniveaux souvent encombrés par les déchets de toutes sortes. Après l'Aïd, ce sera pire: il faudra ajouter la paille et les peaux de moutons abandonnées par des consommateurs rassasiés...»
Ainsi gémissait en public ce septuagénaire vénérable, écoeuré par la dégradation lente mais sûre de sa ville natale!

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