Prévisions pour le 19 Septembre 2018

 Adrar Min 26 °C Max 37 °C
30
 Laghouat Min 19 °C Max 28 °C
30
 Batna Min 16 °C Max 29 °C
47
 Biskra Min 22 °C Max 35 °C
30
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
30
 Tlemcen Min 20 °C Max 26 °C
39
 Alger Min 21 °C Max 27 °C
30
 Saïda Min 18 °C Max 26 °C
11
 Annaba Min 22 °C Max 29 °C
12
 Mascara Min 19 °C Max 28 °C
39
 Ouargla Min 25 °C Max 35 °C
34
 Oran Min 22 °C Max 25 °C
30
 Illizi Min 23 °C Max 34 °C
30
 Tindouf Min 21 °C Max 35 °C
34
 Khenchela Min 16 °C Max 28 °C
47
 Mila Min 18 °C Max 27 °C
47
 Ghardaïa Min 22 °C Max 32 °C
30
Accueil |Chroniques | On remet ça |

Pépinières

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

«Quand il tombe, l'arbre fait deux trous. Celui dans le ciel est le plus grand.» Félix Leclerc

Je me souviendrai toujours de la première rentrée scolaire de l'Algérie indépendante. J'étais au lycée qui n'avait pas encore été baptisé du glorieux nom du colonel de notre wilaya. Le professeur d'arabe, un respectable quadragénaire commença son cours par une minute de silence à la mémoire des patriotes tombés au combat. Puis, il nous fit un bref résumé de la colonisation de notre pays et entreprit aussitôt de nous traduire les paroles de notre hymne national en nous expliquant l'origine. Je trouve que c'était une heure de cours qui remettait les pendules à l'heure et qui devait servir à nous guérir du célèbre «nos ancêtres les Gaulois», sans pour autant définir exactement l'identité d'un peuple qui venait au monde. A l'époque, nous n'en demandions pas plus: la guerre était finie et nous éprouvions malgré les difficultés de l'heure, le désir de respirer et de vivre dans cette atmosphère libérée de l'angoisse et de l'incertitude.
Aujourd'hui, il n'est plus besoin d'expliquer aux élèves l'histoire de leur pays: on leur a menti et caché tant de choses que tout discours officiel perd sa crédibilité. Je pense que les enjeux sont ailleurs. Après un été très chaud qui a vu la disparition de milliers d'hectares de maquis et de forêts, emportés par les incendies saisonniers, je pense que le premier cours de chaque rentrée scolaire devrait porter sur les problèmes écologiques et sur les moyens d'entretenir le couvert végétal du nord du pays livré à la fièvre bétonnière. Je me suis souvenu de la généreuse initiative d'un ministre de l'Education qui avait ordonné, il y a quelques années de cela d'effectuer la rentrée scolaire avec le slogan et le projet: «Un arbre, un enfant». Il y avait bien des similitudes entre le jeune plant qui est cajolé dans une pépinière ou sous serre, sans la surveillance d'agronomes expérimentés et attentionnés, et le jeune enfant vêtu d'un tablier tout neuf au début de l'année et qui va connaître la sollicitude quasi maternelle d'une institutrice sous-payée mais pleine d'espoir quant à l'avenir, car elle est consciente de la noblesse de sa mission, même si ce n'est qu'une contractuelle.
D'abord, il y a tant d'arbres divers quant à leur taille, leur origine, leur forme, leur fonction, leur utilité... J'allais dire une bêtise. Tous les arbres sont utiles puisque leurs racines corrosives dissolvent les sels pour les introduire dans le cycle merveilleux de la vie sous forme de feuilles, de fruits, de bois, d'écorce. Ils retiennent l'eau, consolident les reliefs, donnent de l'ombre et arrêtent (hélas!) souvent les voitures emballées. Mais souvent, l'arbre, objet de mille soins en pépinière, se voit déménagé et transplanté à mille lieues de son lieu de naissance et il connaîtra soit les passages irréguliers des services de la voirie et des arroseuses municipales, soit les rigueurs d'un climat capricieux qui a tendance à se faire avare en eau et qui fait pleuvoir toujours là où c'est mouillé. Et s'il a de la chance, (la chance est toujours un facteur déterminant même quand on est un arbre), il poussera dans l'enclos bien gardé d'un propriétaire porté sur l'écologie qui lui prodiguera les soins appropriés qui lui donneront bonne graine et haute futaie. S'il est un veinard, il ne connaîtra ni la cognée du bûcheron ni les ravages de la chenille processionnaire... S'il n'a pas de chance, par contre, il poussera sur le bord d'une route déserte, sur un talus desséché ou dans un bosquet qui a déjà, maintes fois été la proie de pyromanes récidivistes.
Quoi qu'il en soit, il mènera une existence ordinaire, courte ou longue, soumise aux aléas de la vie comme tous les êtres qui vivent sur cette terre.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha