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Fleurs, fruits et légumes

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«Cherté de la pomme de terre: tout s'effrite!» Kurzas

Pour qui observe le phénomène du merveilleux cycle de l'eau sous nos latitudes, ne peut s'empêcher de le comparer à celui de la politique. Après des mois de soleil intense, les maigres ressources en eau s'évaporent laissant une terre craquelée. Mais dès l'automne, des nuages commencent à s'amonceler à l'horizon, emplissant le coeur du paysan d'un espoir fragile. Quelquefois les nuages passent et vont crever ailleurs, plus à l'est, là où l'herbe est plus verte. Mais enfin, un soir, des éclairs commencent à zébrer le ciel étoilé et un sourd roulement de tonnerre suit aussitôt, faisant un magnifique spectacle image et son. La pluie commence à faire entendre son impétueuse chanson, lavant les feuillages et les sentiers de la poussière d'été et emplissant la terre qui gonfle sous l'averse. Le paysan peut enfin labourer et semer. Il devra patienter jusqu'au printemps pour voir les premières fleurs dessiner en couleurs, un nouvel espoir. Et les fruits de l'automne tiennent en général les promesses des fleurs du printemps. Mais entre les deux saisons, que de facteurs endogènes et exogènes entrent dans le processus de conception! La première des conditions est évidemment d'ordre climatologique. Si la terre est bien arrosée, la fleur ne sera que bien épanouie grâce à tous les sels assimilés par des racines qui progressent aisément dans une terre grasse. La sécheresse, comme chacun le sait, fait flétrir les fleurs: les pétales se fanent, le nectar est absent et les insectes pollinisateurs vont aller chercher ailleurs leur subsistance. La fleur non fécondée dépérit et tombe. Le vent, le soleil, le gel, sont autant d'agents influant sur la maturation ou l'avortement du fruit tant attendu. Evidemment, il serait superflu d'évoquer les traitements artificiels prodigués aux plantes par l'homme pour améliorer la qualité et la quantité des fruits: engrais, taille, insecticides, émondage, plasticulture... Dans la vie politique, hélas, les choses ne se déroulent pas de la même façon. La nature, le climat jouent quand même un rôle: des inondations peuvent changer le cours de certaines choses, un tremblement de terre par-ci, une épidémie par-là, un coup d'Etat en douceur peuvent changer le cours des choses, la chute du prix du baril, la hausse inconsidérée des produits de première nécessité... Alors, il se forme dans la société des mouvements imperceptibles qui vont de l'incantation jusqu'aux manifestations de rue. Ces mouvements dont la violence varie selon la conjoncture surviennent surtout après des promesses non tenues: ainsi, des promesses faites par des candidats à l'occasion d'une campagne électorale intense, de l'ouverture d'une session parlementaire de l'année judiciaire ou tout simplement l'ouverture de la chasse, de la campagne labours-semailles, peuvent difficilement être confirmées. Evidemment, la construction d'un pont ou la réalisation d'une trémie sont facilement contrôlables au bout d'un délai respectable. Il n'en est pas de même pour le prix des fruits et légumes qui décollent tous d'une manière si nette et si soudaine que le pauvre consommateur n'arrive plus à retrouver son compte au bout de ses dix doigts. Et s'il ajoute aux phénomènes familiers comme le terrorisme résiduel, les conflits interethniques, le chômage endémique, la bureaucratie tentaculaire, la corruption manifeste et la pagaille généralisée, il aura du mal à placer un quelconque espoir dans une tripartite jouée d'avance. Cette saison, c'est la pomme de terre qui joue le premier rôle dans les mercuriales absentes: personne ne peut renseigner l'amateur du sandwich frites-omelettes sur la durée de la crise. On en vient à regretter les patates avariées de Pologne ou du Canada qui jadis, faisaient la soudure entre deux saisons: quand l'Etat faisait semblant de veiller au grain.

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