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Avant la guerre

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«La pauvreté des biens est facile à guérir, la pauvreté de l'âme, impossible.» Montaigne

Mon ami Hassan, authentique ancien moudjahid, n'aura de repos que quand il aura rendu hommage à ses anciens camarades tombés au champ d'honneur. Comme il rechigne, par modestie, à le faire lui-même, il m'a demandé de retracer le court et tragique parcours de ceux qui ont choisi de combattre ici. J'ai refusé de parler de ceux qui se sont sacrifiés pour la bonne raison que je n'ai été qu'un jeune petit spectateur de cette tourmente qui emporta les meilleurs de ce pays. J'ai simplement dit à mon ami Hassan qu'au lieu de tresser des couronnes de lauriers à des gens qui ont fait leur devoir et qui n'ont plus besoin qu'on chante leurs louanges, il est préférable de parler de faire un constat de ce qu'est devenu le message contenu dans la déclaration du 1er Novembre, sorti de la vieille ronéo de la famille Zamoum d'Ighil-Imoula. Cependant, je préfère parler de ce que j'ai vécu dans ce petit village où j'ai vu le jour quand la guerre est entrée à petits pas... C'est un village comme beaucoup d'autres, situé dans un cul-de-sac, au bout de la route goudronnée. Les saisons réglaient la vie de ces pauvres paysans qui essayaient de survivre en grattant un sol trop pauvre. Tout aurait pu continuer à aller comme avant.
Les jours se seraient écoulés d'une façon monotone et la vie des villageois serait réglée comme aux temps primitifs, par la succession des saisons, les mariages, les naissances, les décès, les années d'abondance, les mauvaises récoltes qui obligeaient certains à aller chercher du travail ailleurs. Hormis les activités agricoles que tout le monde accomplissait avec soin, car ils savaient tous planter, semer, tailler ou greffer les rares arbres fruitiers noyés dans les champs de figuiers (les oliviers occupaient les pentes stériles et étaient abandonnés à leur sort dix mois sur douze), chaque famille avait une spécialité professionnelle: certains étaient sculpteurs sur bois et leur réputation dépassait les frontières de la région, d'autres étaient forgerons, potiers, tisserands...
Le village pouvait vivre en autarcie s'il n'y avait pas ces satanées mauvaises récoltes. Depuis toujours, les jeunes gens, encore célibataires, se rendaient dans les grandes villes ou dans les plaines du littoral pour travailler et assurer à leurs familles les moyens de survivre aux années de mauvaises récoltes. Mais il n'y avait pas que les disettes qui bouleversaient l'ordre normal des choses: les envahisseurs qui n'avaient rien à conquérir dans ce trou perdu, avaient, après une guerre courte mais sanglante, installé leur pouvoir à eux. Ils firent voter la population pour le choix d'un caïd, nommer un garde-champêtre, dressèrent une gendarmerie montée à quelques kilomètres de là et surtout firent construire une grande école aux murs blancs, en dehors du village, sur un terrain dont le propriétaire avait fui les exactions des vainqueurs.
Cette école et les missions catholique et protestante qui se greffèrent ne purent faire concurrence à la vieille mosquée qui regroupait à chaque occasion les jeunes et les vieux mâles du village, mais la mosquée était discrète. Des élèves venus de régions très pauvres, étudiaient le Coran et ils étaient pris en charge par la population qui cotisait chaque vendredi de quoi faire bouillir l'austère marmite de la zaouïa.
Mais la guerre, c'est la guerre. Avec l'arrivée des envahisseurs, des maladies décimèrent la population. Les épidémies avaient produit une cohorte d'orphelins que les solidarités habituelles n'avaient pu prendre en charge. C'est l'occasion saisie par les missions étrangères pour s'occuper des orphelins: les nourrir d'abord et les éduquer ensuite.

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