Prévisions pour le 25 Septembre 2018

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«Un écrivain est essentiellement un homme qui ne se résigne pas à la solitude. Chacun de nous est un désert.» François Mauriac

Le procédé n'est pas nouveau. Certains écrivains, séduits par un personnage, héros ou protagoniste d'un livre à succès, ou par le décor ou le milieu où il a évolué, n'hésitent pas à le faire revivre dans de nouvelles tribulations, à la satisfaction de nombreux lecteurs frustrés par un héros aussi attachant. Au XVIIe siècle, ce fut Fénelon qui reprit le fils d'Ulysse et de Pénélope, Télémaque pour l'envoyer sur les traces d'un père disparu... Aujourd'hui, ce sont les héritiers d'Agatha Christie qui ont «autorisé» un talentueux écrivain à reprendre les aventures du célèbre détective belge, Hercule Poirot dans un monde où l'influence britannique se fait moins sentir à cause de l'ombre du Big Brother. On imagine que La mort sur le Nil ne pourrait faire abstraction des récents évènements qui ont propulsé l'Egypte à la une des journaux numériques dans une ambiance de printemps anachronique... Le procédé est louable et peut être intéressant à plus d'un titre: il sous-entend la connaissance parfaite de l'univers de l'écrivain dont le nouvel auteur s'inspire, de la maîtrise de son style et de la compréhension parfaite et complète des ressorts qui motivent l'action du héros adapté.
En outre, son adaptation dans un monde qui a changé suppose aussi l'évolution obligatoire du héros, de ses nouveaux repères dans un monde super médiatisé...
Mais ce qui est encore plus intéressant est cette fixation d'écrivains algériens, talentueux certes, sur un auteur comme Albert Camus, philosophe, écrivain qui a subi les plus acerbes critiques de la part de ses anciens amis restés fidèles au marxisme et aussi, auteur qui a été impitoyablement lapidé par les hérauts du baâthisme. Albert Camus fut algérien comme l'ont été Jean Richepin, Jacques Derrida, Emmanuel Roblès, Jules Roy ou Assia Djebar. Ces grands auteurs ont tous fini par rejoindre un jour ou l'autre, leur mère nourricière qui n'est autre que «la mère des arts, des armes et des lois», la patrie de la culture dont ils se sont nourris et dont ils ne veulent pas être sevrés. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ont rompu définitivement avec l'auteur de La peste à cause de sa position équivoque sur la question algérienne. Mais Sartre est-il irréprochable quand il aborde la question palestinienne? On ne peut condamner un colonialisme et en soutenir un autre! Seul, Kateb Yacine a pu situer d'une façon positive, le père de L'Etranger: en le comparant à William Faulkner. Oui! Il se peut que Albert Camus se soit senti étranger dans ce pays à deux vitesses. Il a tété goulûment aux humanités et avait dû sentir avec horreur et désolation le vent du changement qui allait souffler et mettre en danger toutes les valeurs issues de la civilisation gréco-romaine dont il s'est nourri. Il pressentait avec effroi une autre civilisation hybride prendre la place de celle que les judéo-chrétiens avaient tenté de mettre en place plus d'un siècle durant. Plus, de par son expérience, il savait que les plus noires dictatures pouvaient remplacer les plus lumineuses révolutions.
Cet entêtement à re-convoquer une fois de plus Albert Camus au tribunal de l'Histoire, ne peut s'expliquer que par le grand sentiment de frustration que peuvent ressentir les Algériens devant le vide littéraire des périodes sombres des diverses occupations: pendant des siècles, l'Algérie n'avait servi que de décor, et les Algériens de porteurs de hallebardes à des étrangers qui avaient les premiers rôles.
Les Indigènes étaient interdits d'expression et d'écriture...
Je propose plutôt qu'on reprenne Apulée et écrive un nouveau «Mouton d'or». Pour la circonstance.

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