Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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Début de saison

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«Il faudrait considérer ses opinions comme des costumes, et en changer selon la saison, l'heure et le milieu.» Paul-Jean Toulet

La vie aurait pu indéfiniment continuer comme cela, avec ses décès, ses mariages, ses naissances, ses départs et ses arrivées, mais, comme dirait un cinéphile de mes amis, la guerre arriva au village en ouverture enchaînée. Personne (officiellement) ne pressentait une quelconque violence à l'horizon. Pas même ce gros commerçant qui, assis toute la journée sur le seuil de sa boutique, dominait le petit cimetière qui limitait le village sur sa partie Sud: c'était le représentant du PPA. Ni même ce marabout à la chéchia blanche et au burnous immaculé que tout le monde respectait. Quand il arrivait au village, tout le monde le saluait, il avait claqué la porte du PPA et avait entraîné avec lui quelques dissidents. Donc, rien ne présageait un quelconque bouleversement.
Le garde-champêtre avait même commencé sa campagne contre les chiens errants: il avait abattu quelques-uns sans laisse, ce qui lui attira la colère de certains de ses concitoyens.
Un matin, la nouvelle arriva brutalement: des stocks de liège avaient brûlé dans la région. Des actes de sabotage avaient eu lieu; la population était invitée à dédommager le colon: cent francs par tête de pipe, ce qui équivalait à deux pains d'un kilo chacun par tête d'habitant. Même les nourrissons devaient payer. La population fut consternée.
Les vieilles commençaient à raconter aux petits enfants d'horribles histoires de méchants hommes qui, le soir venu, venaient enlever les petits enfants et les emmenaient loin, loin, pour les vendre. Puis, quelques jours plus tard, les jeunes gens furent invités à faire des entraînements: ils marchaient au pas et chantaient des chansons de scouts: Ekker ammis ou Mazigh. Les gendarmes, qui avaient troqué leurs chevaux contre une jeep américaine, venaient de temps en temps faire un tour sur la place publique, au-dessus de la fontaine qui coulait imperturbablement. «Rien à signaler» était ce qui était porté quotidiennement sur leur registre. Mais un évènement assez cocasse, ma foi, survint, apportant une note de gravité à la situation:un jeune écervelé, issu d'une famille maraboutique qui avait jadis gouverné toute la région, hâbleur comme pas un et que tout le monde n'appelait que par son surnom eut le malheur de goûter à la dive bouteille. Il perdit la raison, vola le fusil de chasse de son père et partit vers la montagne en claironnant qu'il allait prendre le maquis. Toute sa famille prit attache avec le bachagha qui était leur cousin. La scène de supplications eut lieu en public et consista à prier le caïd d'intervenir afin que le fils indigne ne soit pas poursuivi pour quelques heures d'égarement. Ce qui fut fait. Quand le jeune homme eut cuvé son vin, il rentra docilement à la maison et l'affaire resta dans les annales non écrites du village. Puis un jour, patatras! un chef cantonnier qui avait la réputation d'être corrompu jusqu'à l'os fut assassiné en début d'après-midi sur la route déserte brûlée par le soleil. Les gars du maquis lui reprochaient d'engager des travailleurs communaux payés quatre cents francs par jour contre des pots-de-vin. Il recevait des poulets ou une part de salaire contre tout recrutement. Malgré les avertissements des frères, il avait continué son horrible chantage: il laissait deux orphelins. Un contingent de militaires fut envoyé à la limite du village: ils installèrent leur camp autour des ruines de la vieille école et menaient un train de vie bon enfant, mais les gendarmes faisaient de plus en plus de visites au village: ils avaient d'ailleurs abandonné aussi leurs pistolets pour des mitraillettes.
La première opération qu'ils entreprirent fut de perquisitionner les appartements de deux instituteurs français qui avaient la réputation d'être des syndicalistes et des communistes et qui jouissaient en outre d'un certain prestige auprès de la population. L'un d'eux fut expulsé vers la métropole et l'autre assigné à résidence dans un petit bourg de la plaine où les colons étaient nombreux.

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