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Stratégies

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«La valeur d'un général réside dans sa stratégie et non dans son courage.» Proverbe chinois

Dans les conflits asymétriques, où existe un grand écart de force de feu et de logistique entre les deux belligérants, la communication devient une arme redoutable. Et c'est souvent celui qui défend la cause la plus juste, qui sait trouver les moyens les plus justes pour se rallier l'opinion publique. Alors les plus faibles, militairement parlant, deviennent par la force des choses des héros de légende. Leurs exploits sont transmis de bouche à oreille ou chantés clandestinement durant les rares moments de fête. La tradition orale porte alors plus que les communiqués secs que diffuse l'occupant par les médias dont il a le monopole. Dans une guerre ouverte avec deux fronts qui se font face, même les plus lâches deviennent courageux et les actes héroïques sont étouffés dans la mêlée générale. Mais dans une guérilla, les actes de bravoure sont vite connus et diffusés par les divers vecteurs de communication. Quant aux défaillances, beaucoup d'entre elles entraient dans le non-dit. Leurs auteurs seuls, pouvaient expliquer les conséquences fâcheuses qu'elles avaient entraînées. Et le village, comme tous les villages, avait connu tout cela: les gens n'y étaient pas plus courageux ni plus lâches que leurs compatriotes des villages isolés ou ceux de la plaine.
Et pourtant, au début, il y avait une concurrence féroce. Les rivalités de clocher avaient poussé à certains dépassements. Le village souffrit de règlements de comptes dus à l'hostilité de certains qui ne supportaient pas que des écoles soient demeurées intactes. Mais tout rentra dans l'ordre quand une véritable stratégie fut envisagée par les planificateurs.
Au départ, il y avait eu trois ou quatre attentats destinés à perturber le village. Une grenade fut jetée dans le transformateur électrique, un soir d'hiver. Cela provoqua de légers dégâts et une interruption d'alimentation en courant. Cela ne gêna guère les villageois dont l'écrasante majorité s'éclairait à la lampe à pétrole, le fameux quinquet. Peu après, le transformateur fut remplacé par un autre transformateur plus efficient qui fut construit juste à côté de l'ancien.
Cependant, le conducteur des travaux de l'entreprise qui était chargée de la construction du modeste édifice, un vieux monsieur qui avait largement dépassé la cinquantaine, fut assassiné. Cela provoqua la panique de toute la population. Les manoeuvres qui ont assisté à la scène furent interrogés et tout le monde décrivit «le terroriste» de la même façon, sans oser mettre un nom dessus. On assassina bien un transfuge du PPA connu pour ses positions berbéristes mais là, il n'y avait pas de témoins.
L'attentat qui avait jeté l'émoi fut celui perpétré contre un vieux retraité venu d'un autre village. Etant un intellectuel prudent, personne ne comprit pourquoi un homme aussi tranquille avait été agressé: la balle qui avait pénétré par la nuque était ressortie par le nez. On raconta que c'était parce qu'il n'avait pas arrêté de fumer alors que le tabac, sous toutes ses formes, était interdit. C'est vrai qu'officiellement, tout le monde avait arrêté de fumer, mais en douce beaucoup s'approvisionnaient en ville. D'autres avaient abandonné la cigarette qui laissait une odeur indiscrète derrière elle pour la chique. Mais, une certaine peur obligeait beaucoup à se restreindre. On parlait ici et là de nez et de lèvres coupés pour usage de tabac, mais on ne rencontra jamais au village quelqu'un qui serait affublé de tels stigmates.
Comment expliquer alors pourquoi ce vieil émigré qui était rentré au pays, malade, sans retraite, avait toujours dans le capuchon de son burnous toute une gamme de produits prohibés qu'il vendait au marché noir, au vu et au su de tout le monde. C'est certainement une certaine compréhension des problèmes sociaux.

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