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Solidarité

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«Sans solidarité, performances ni durables ni honorables.» Françoise Proust

C'est fou ce que les gens peuvent être solidaires quand un malheur frappe sans discernement la multitude. Il ne s'agit pas là d'une catastrophe naturelle comme un tremblement de terre, d'un tsunami ou autre malheur qui tue sans distinction et où chacun penserait seulement à sa propre survie, au sauve-qui-peut qui donnerait encore quelque temps à vivre, mais de ce danger qui est identifié et qui peut être combattu en serrant les rangs et en se serrant les coudes, en se donnant la main. C'est peut-être à force d'expériences douloureuses que, petit à petit, les loups ont décidé de chasser, ensemble, en famille ou en clan pour combattre la faim qui les tenaille...Après la chasse et la ripaille, le loup redevient loup pour le loup. Il doit en être ainsi des hommes qui, rassasiés, se plaisent à roter avec ostentation sans jeter un regard sur celui qui se réveille le matin, les traits hagards, le ventre vide, car il a passé toute la nuit dehors dans la rue: la vie est un véritable cauchemar. On rencontre ces fantômes-là chaque matin dans les rues et sur les places de toutes les villes de ce polygone étoilé qui, jadis, connut la solidarité.
La solidarité, le village l'a connue quand ont commencé les arrestations massives: on ramassait tous les mâles de seize à soixante-cinq ans, on les enfermait quelques jours dans un terrain vague qui avait servi, jadis, de marché à bestiaux. Ce marché était entouré de barbelés, et des sentinelles vigilantes étaient postées aux coins. Les agents des services de renseignements passaient parmi les hommes accroupis ou adossés à un arbre rachitique et choisissaient, au hasard, un candidat malheureux pour les questions embarrassantes. Quelquefois ils passaient avec un homme affublé d'une cagoule qui hochait la tête devant quelqu'un qui se demandait ce qui lui arrivait. Et tout cela en silence. Le silence est une forme de solidarité.
Les cris des torturés étaient étouffés par les murs épais de ce qui avait été, il y a juste quelque temps, un hôtel minable peu visité, et une taverne fréquentée par les ivrognes du coin.
La solidarité s'exprimait lors des enterrements: quand la mort frappait une famille, celle-ci était entourée de toute la sollicitude du groupe, surtout quand le défunt avait subi d'affreuses tortures et qu'il portait les traces des mauvais traitements qu'il avait endurés. Quand il était mort au combat, il était remis à la famille qui affichait alors un orgueil qui masquait toute la tristesse. Et tout le village en était fier. On en félicitait le père et on le consolait par des paroles où piété et patriotisme se mêlaient.
La solidarité devenait encore plus concrète quand les forces d'occupation, pour affamer les maquisards, coupaient les vivres au village en le rationnant drastiquement. Les coupons de ravitaillement étaient distribués à la SAS et les commerçants étaient tenus de justifier leurs achats en remettant les bons au service émetteur. Mais le village trouvait mille solutions ingénieuses pour contourner ce blocus: des caravanes allaient de nuit, au péril de la vie, des jeunes volontaires cherchaient la nourriture dans des villages éloignés non soumis au boycott. Un jour, les autorités décidèrent d'isoler le village en l'entourant d'une clôture de fils barbelés haute de plus de deux mètres.
La clôture installée, ils obligèrent les jeunes célibataires à jouer les vigiles toutes les nuits. Jamais le village ne connut une période aussi calme: aucune alerte ne fut jamais donnée et les maquisards pouvaient venir se reposer et se restaurer à l'aise, les jeunes veillaient. Mais la solidarité s'exprimait aussi envers les villages bombardés et qui étaient déclarés «zone interdite» sur les cartes d'état-major. Les familles sans ressources étaient accueillies au village avec sollicitude. Elles étaient hébergées par ceux qui avaient l'espace et les moyens matériels pour subvenir à leurs besoins.

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