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Harcèlements

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«La stratégie consiste à continuer de tirer pour faire croire à l'ennemi qu'on a encore des munitions.» Michel Chrestien

Au début, personne n'y croyait: même ceux qui avaient fait l'Indochine soutenaient qu'il y avait un trop fort déséquilibre entre les forces. En Indochine, c'est bien Diên Biên Phu qui avait décidé du sort de la guerre et beaucoup de gens naïfs espéraient ou attendaient une bataille finale qui mettrait fin à cette guerre qui n'osait pas dire son nom. Les plus réfractaires à l'idée de résistance furent évidemment les «poilus», ceux qui avaient fait la Première Guerre mondiale: ils plaçaient l'Allemagne en tête du hit-parade des armées puissantes avec juste la France ou l'Angleterre derrière.
Quant aux survivants de la Seconde Guerre mondiale, ils se moquaient carrément de l'armement modeste dont disposaient les maquisards: les fusils de chasse à deux coups à opposer à des automitrailleuses. Le combat était trop inégal. Cependant, comme on dit, la foi fait déplacer les montagnes. C'est le discours religieux qui vient au secours de la cause: Dieu aide ceux qui luttent pour une juste cause. Et se sont mises à circuler des histoires invraisemblables où une poignée de maquisards, à force de ruse, de malice et de courage est venue à bout d'un important convoi lourdement équipé.
Ces histoires mettaient du baume au coeur de la population et contredisaient la réalité du terrain: le camp militaire solidement retranché derrière les murs de l'école, une bâtisse aux murs épais construite dans les années 1930, avec de la pierre et de la sueur bon marché, était imprenable. Pourtant, souvent, d'interminables échanges de coups de feu avaient lieu sans pertes de part et d'autre.
La tactique était simple: au milieu de la nuit, un partisan, muni d'une lampe de poche, rampait sur le talus qui dominait l'école et déposait sa lampe face à cette dernière. Il tirait ensuite un timide coup de feu. Tout de suite, il avait droit à des rafales de fusils-mitrailleurs qui déchiraient la nuit. Une pause. Un autre coup de feu prenait le relais. D'autres rafales lui répondaient avec assurance.
Et cela pouvait durer des heures pendant lesquelles les villageois, apeurés, se tenaient le ventre en priant que cela se termine vite. Quelquefois, une grenade lancée faisait vibrer les murs des masures: c'était alors la fin du monde. Le lendemain, la vie reprenait.
Comme les enfants qui vont à l'école ont des oreilles, les militaires français racontaient et péroraient devant eux sur la supériorité de leur armement et sur l'insignifiance des attaques des autres.
Mais ils reconnaissaient que les attaques nocturnes contre le contingent abrité à l'école n'avaient aucune portée stratégique et étaient destinées à faire savoir aux villageois que les patriotes ne dormaient point. Tout le monde avait compris que ce harcèlement récurrent était destiné à faire baisser le moral des soldats de l'armée coloniale et que ce genre d'attaques n'était qu'une opération de diversion, chargée de maintenir l'attention de l'ennemi sur un point fixe: ailleurs, les partisans opéraient en douceur et efficacement. L'espoir revint après une nuit effroyable: un terrible accrochage opposa les forces d'occupation à des éléments patriotiques juste derrière la montagne qui dominait le village. Le silence de la nuit fut déchiré par le crépitement d'armements lourds et par les explosions de grenades. Des cris de douleur et de désespoir franchissaient la montagne et arrivaient aux oreilles des villageois prostrés. Les blessés criaient «maman!». Ce terrible cri d'humanité se noyait aussitôt dans le formidable crépitement des armes à feu. Peu de temps après, un soldat vint et s'assit à la Djemaâ parmi les vieux, son fusil posé sur ses jambes, il avoua humblement qu'il ne savait pas ce qu'il faisait dans cette guerre et que son seul espoir était de revoir la ferme paternelle. Ce sont de tels aveux qui galvanisèrent les plus sceptiques.

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