Prévisions pour le 25 Septembre 2018

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Paroles et musique

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«Chaque année, le rossignol revêt des plumes neuves, mais il garde sa chanson.» Frédéric Mistral

Chaque époque a son vocabulaire spécifique: on ne disait pas publicité mais réclame. Je me souviens tout aussi bien qu'à l'époque, on ne parlait pas de communication. Le mot employé était «propagande», tant elle était quotidienne et brute. La propagande, vocable qui a pris un sens péjoratif se confondant souvent avec mensonge, ne se contentait pas d'énoncer des contre-vérités. La propagande, comme il a été constaté ailleurs, consistait à diffuser, sans tenir compte de leur contexte, des informations vraies ou fausses, des demi-vérités, des contrevérités noyées dans des discours-fleuves diffusés sur tous les canaux et supports dont le pouvoir colonial avait quasiment le monopole. Mais hélas, tous les pouvoirs autoritaires du monde ont mis à leur service ce déni de la démocratie.
Le caractère essentiel de la propagande est la constance du discours. Il ne s'écarte pas des buts visés. Sa répétitivité est sa qualité seconde (ou son principal défaut), c'est selon.
Le mensonge ne sert pas la propagande car il est vite éventé: ceux qui perçoivent le message ont vite fait de contrôler la véracité de l'information.
Les bilans triomphalistes des entreprises publiques, les partages des bénéfices entre employés d'unité de production, n'ont jamais trompé personne: la réalité du terrain, l'état des équipements, la qualité des produits ou des services étaient assez éloquents. Les articles élogieux dans la presse écrite, les mises en scène effectuées pour réaliser des séquences pour journaux télévisés font partie du folklore des économies dirigistes. Pendant longtemps, le lecteur moyen, celui qui achète son journal dans la daïra de Chelghoum-Laïd, a longtemps cru que tous les produits «auxquels on peut faire confiance car ils sont nés chez nous», sont vraiment nés chez nous. Mais il suffit qu'un jour le beau-frère du cousin de la belle-mère du gendre au voisin qui travaille aux services des douanes, tombe en panne sur la route déserte qui relie cette célèbre localité au désert informatif qui l'entoure, pour que le pot aux roses soit découvert. Et non! les fameuses lames qui rasent si bien sont importées, comme le savon en poudre qui bénéficie pourtant d'un emballage de mauvais goût qui caractérise les produits des économies dirigées de loin. Les huiles aussi! Elles ont beau avoir des prénoms bien de chez nous, elles ont un accent qui ne trompe pas! Elles sont nées ailleurs et l'unique unité inaugurée à grands frais pour produire pareille marchandise tombe en panne neuf mois sur douze et, le reste du temps, elle souffre de rupture de stock en matière première, de l'absence de pièces détachées, des coupures intempestives de courant. On ne compte pas les congés de maladie ou le départ en mission de celui qui est destiné à signer les bons de commande. On ne parle pas du parcours du combattant, de l'autorisation du ministère de tutelle destinée à fixer un prix raisonnable à un produit qui ne l'est pas.
Pendant la guerre, le village où sévissait une tradition orale bien ancrée dans les coutumes locales, les esprits étaient très ouverts à la propagande. La crédibilité des gens simples est attendrissante. Tout d'abord, l'occupant avait essayé d'apprivoiser ces villageois qui semblaient amorphes. Certains après-midi, les chasseurs alpins (les chasseurs de lapins comme les appelaient certains émigrés qui avaient appris, dans le travail à la chaîne, les secrets du calembour) organisaient un concert musical sur la place publique. La clique formée de divers instruments, dont le plus imposant est un énorme trombone, était alignée en rang. L'officier, vêtu d'un grand béret, annonçait le programme des festivités devant une djemââ qui réunissait tous les vieux décrépits du quartier. L'orchestre aux cuivres étincelants démarrait et une musique barbare résonnait dans le froid de l'hiver. Quelquefois, un vieux «poilu», sensible au mouvement des cymbales, reconnaissait La Madelon. Quand l'orchestre, après avoir salué, repartait, les vieux pouvaient achever leurs conciliabules, en paix.
On a beau changer de régime, il n'y a que les paroles qui changent:la musique reste la même.

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