Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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«La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter.» Aldous Huxley

Quand une partie d'un conflit doute de la justesse de sa cause, elle redouble alors de propagande. Comme le village manquait d'infrastructures audiovisuelles, on va voir apparaître sur sa place des visiteurs d'un nouveau genre. Alors qu'un calme précaire semble régner en ce début de conflit, (hormis l' incendie du dépôt de liège, rien ne laissait présager un quelconque déchaînement de violence), les villageois furent surpris par la visite d'un gros camion ronflant qui stationnait sur la place et qui diffusait de la musique et des chansons en kabyle. Cela faisait la joie des enfants qui se groupaient autour du camion, curieux de voir les appareils de projection et surtout l'énorme haut-parleur d'où sortait la voix douce d'un chanteur dont le nom n'était connu que par une minorité d'adultes.
Le technicien qui accompagne le camion déploie un énorme écran qui est vite attaché à un poteau électrique qui supporte la lampe qui éclaire la djemaâ. Dès la tombée de la nuit, la projection commençait devant un large public composé d'un côté d'enfants et d'adultes mâles et de l'autre, de vieilles intimidées qui profitaient du crépuscule pour soulever un pan de leur voile... Ils suivaient la projection en grillant une cigarette dont la fumée se mêlait au faisceau lumineux de l'appareil de projection. Le programme de la soirée était simple: deux documentaires étaient projetés avec un commentaire en français. Le premier avait pour objet l'Ecole normale de Bouzaréah: un groupe d'enseignants français débarquent du bateau à Alger, prennent le bus place de la Régence et se rendent à Bouzaréah où les attend une visite guidée du site de l'Ecole normale. Des explications leur sont données sur le fonctionnement de l'Ecole et sur les méthodes de formation des enseignants. Ensuite, ces visiteurs se rendent sur le terrain de la pratique: une école en Kabylie et une autre à Biskra, où les enseignants vont appliquer les théories apprises à Bouzaréah. Le second documentaire concerne l'activité périlleuse des «plongeurs du désert», ces hommes, qui, avec des moyens rudimentaires, creusent et désenvasent les puits du désert. Si le premier film a pour personnages principaux, des professeurs et des élèves de souche européenne pour la plupart, le second, au contraire, ne montre que des paysans algériens. Et c'est surtout le second film qui impressionne le public, à cause des prouesses techniques du réalisateur qui s'avéra n'être que le premier directeur de photographie algérien, le regretté Tahar Hamache. Quelquefois, on avait droit à un petit documentaire sur les dangers que représente le scorpion et sur les premières mesures à prendre en cas de piqûre.
Le public repartait, en général, satisfait de cette séance gratuite qui sortait un peu le village de sa torpeur coutumière. L'autre centre d'intérêt des jeunes du village demeurait, principalement, le «foyer» ouvert par les Pères blancs: il consistait en deux salles aménagées, l'une pour recevoir les élèves studieux qui désiraient bouquiner en toute quiétude, l'autre pour les joueurs de dames ou d'échecs. La bibliothèque proposée aux lecteurs demeurait assez austère et les auteurs triés sur le volet, d'après les paramètres très rigoureux de la moralité chrétienne. Ainsi, entre des titres anodins de romans d'aventures étaient glissés des livres d'écrivains militants chrétiens comme Ernest Renan, Daniel-Rops, Georges Bernanos. Et les lecteurs n'y voyaient que du feu, car aucune entreprise de prosélytisme n'était apparente. Quelquefois, la salle de jeux était transformée en salle de projection: des films de 8 mm étaient proposés aux jeunes enfants. En général, ce n'étaient que des copies surannées de films de Charlot ou autres comédiens de l'époque héroïque de Hollywood. Et les enfants en étaient enchantés malgré le fait que le son faisait défaut.

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