Prévisions pour le 19 Septembre 2018

 Adrar Min 26 °C Max 37 °C
30
 Laghouat Min 19 °C Max 28 °C
30
 Batna Min 16 °C Max 29 °C
47
 Biskra Min 22 °C Max 35 °C
30
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
30
 Tlemcen Min 20 °C Max 26 °C
39
 Alger Min 21 °C Max 27 °C
30
 Saïda Min 18 °C Max 26 °C
11
 Annaba Min 22 °C Max 29 °C
12
 Mascara Min 19 °C Max 28 °C
39
 Ouargla Min 25 °C Max 35 °C
34
 Oran Min 22 °C Max 25 °C
30
 Illizi Min 23 °C Max 34 °C
30
 Tindouf Min 21 °C Max 35 °C
34
 Khenchela Min 16 °C Max 28 °C
47
 Mila Min 18 °C Max 27 °C
47
 Ghardaïa Min 22 °C Max 32 °C
30
Accueil |Chroniques | On remet ça |

Vivre pour vivre

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

«La vie est un songe.» Saint Jérôme

Beaucoup de gens se posent la question si la vie vaut bien la peine d'être vécue à cause de ses difficultés alors que d'autres la reçoivent comme un cadeau divin et que c'est un devoir sacré que de la mener jusqu'au bout. D'autres enfin considèrent que vivre sans but, c'est comme naviguer sans boussole. Mais, le souci de la plupart des êtres humains est de durer le plus longtemps sur terre. Les plus sages, sont ceux qui se soumettent au destin et qui s'estiment heureux quand ils ont accompli avec dignité la mission que la nature ou leur culture leur a assignée en ce bas monde: fonder une famille, assurer une descendance, faire fructifier leur fortune, continuer l'oeuvre du père ou fonder une nouvelle activité. D'autres s'activent et s'éreintent à traquer les mystères de la biologie pour trouver la fontaine de jouvence qui leur conserverait leur éternelle jeunesse.
Après la recherche de la pierre philosophale, les alchimistes de tous les temps ont dû longtemps concocter des bouillons d'onze heures pour essayer de réparer l'irréparable outrage des ans. Du temps de la Guerre froide, les revues de propagande soviétiques se plaisaient à montrer la silhouette (devenue familière à force d'être vue) d'un citoyen du Caucase monté sur un âne, affublé d'une barbichette et vêtu d'un bonnet de fourrure d'astrakhan: vous aurez reconnu sans doute si votre mémoire est bonne, ce bon vieil ancêtre.
Chirali Muslimov, un simple paysan des montagnes qui commençait à faire parler de lui depuis qu'il avait atteint l'âge biblique de cent trente ans. Les photos qui le montraient, tantôt juché sur un mulet, tantôt entouré de sa nombreuse descendance, étaient accompagnées d'un texte qui expliquait sa longévité par un régime frugal et une vie saine dans un environnement non pollué. Evidemment, les journalistes occidentaux expliquaient ce phénomène par une absence de services d'état-civil dans cette région de montagnes... Certains louaient la vie saine qu'il menait sur les versants des monts du Caucase, son régime alimentaire tout en lait et frugalité et une certaine hérédité des habitants de cette région bénie de Dieu, où avait échoué l'Arche de Noé et où avait été plantée la première vigne. Cela aussi avait son importance.
La biographie du personnage ne disait pas s'il avait participé à une guerre ou à un conflit quelconque.
Les lecteurs auront compris implicitement (la revue ne le dit pas), les avantages du parti unique qui fabriquaient des centenaires, en veux-tu, en voilà! Evidemment, en face, les chroniqueurs occidentaux riaient sous cape, en disant que les centenaires pullulent là où il n'y avait pas d'état civil crédible. Allez donc savoir où se trouve la vérité!
La récente disparition de deux éminentes personnalités du monde des sciences et des lettres et qui ont toutes deux dépassé le cap des cent ans repose le problème du secret de la longévité.
La différence des carrières, du milieu, de l'environnement où elles ont évolué laisse perplexe. Seule leur est commune leur combativité, leur dévolution à l'oeuvre d'unè vie: Claude-Levi Strauss à son anthropologie militante (les médias occidentaux ont surtout mis en avant sa première oeuvre, Tristes tropiques) oubliant sciemment que sa première étude était consacrée à Gracchus Babeuf, un communiste antimarxiste, et Francisco Ayola, écrivain et sociologue espagnol qui avait combattu la barbarie franquiste avant d'être comblé d'honneurs par l'Académie royale d'Espagne et des universités du monde occidental.
Les gérontologues devraient se pencher (s'ils ne l'ont pas fait déjà) sur les causes de cette longévité: la capacité à surmonter le stress, la prédisposition organique, la combativité, la nature des régimes politiques et alimentaires, les progrès de la médecine...Quand nous aurons réglé peut-être le problème des pénuries de médicaments, du chômage, du stress, de la corruption..., peut-être que nous pourrons fabriquer des centenaires: s'ils ne deviennent pas harraga, entre-temps.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha