Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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Au train où cela ne va plus!

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«On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller.» Jacques Prévert

Quand rien ne va plus, quand le prix du baril dégringole de manière inquiétante, quand la patate devient un produit inaccessible, quand la sècheresse persistante rend plus hasardeuses les hypothétiques prochaines récoltes, quand les réserves de change commencent à baisser, quand des attributaires de logement manifestent pour ne pas quitter leurs gourbis, quand les embouteillages rendent tout déplacement aventureux pendant que l'on construit des murettes le long d'une route encombrée, quand les accidents d'avion se succèdent alors que le prix du billet est au plafond, quand les trains déraillent en gare, on finit par dire: «Babour Eghraq!». C'est une expression bien de chez nous pour marquer la déconfiture d'une entreprise menée avec une certaine nonchalance ou un manque de sérieux flagrant. C'est aussi une expression qui va passer à la postérité, grâce à l'inoubliable pièce de théâtre de Slimane Benaïssa qui n'a pas manqué de fustiger, de façon pertinente, avec humour et talent, la gestion catastrophique d'un pays qui se retrouve un beau jour, confronté à une crise qui va le précipiter dans l'abîme.
Dans la série des catastrophes qui se sont abattues tour à tour sur le pays ces deux derrières décennies, (épidémies moyenâgeuses, inondations, séismes, terrorisme), la population découvre, avec stupeur qu'elle n'est ni au bout de ses surprises ni au bout de ses malheurs. Le déraillement du train en gare d'Hussein-Dey repose encore le problème de la sécurité du transport dans un secteur marginalisé; le trafic ferroviaire n'a pas beaucoup changé après 52 ans, quatre mois et quinze jours après l'indépendance et 60 ans et 15 jours après le déclenchement de la lutte de libération qui fait encore des vaguelettes chez les rentiers de l'Histoire.
Une commission d'enquête va se pencher sérieusement sur les causes de cet accident: la fatalité, la défaillance humaine, favorisée par un mode de recrutement aléatoire où le piston marche à la vapeur, la vitesse du train, l'état psychologique du conducteur, son ancienneté dans l'entreprise, les salaires rendus insignifiants par une inflation en roue libre, la vétusté des équipements et la maintenance adjacente, la chaleur persistante qui provoque la dilatation des corps et exacerbe la tension nerveuse... Toutes les questions sont sur le tapis d'autant plus qu'une grève- surprise est venue ajouter son grain de sel dans un plat plus qu'épicé!
Le nombre de victimes, l'étendue des dégâts, la diligence des moyens de secours, tout est là pour nous démontrer, une fois de plus que tous les discours ronflants, les envolées lyriques, les sermons des jours fastes, les formules emphatiques ne sont que l'autre face de la gestion approximative des services publics! Cette répétition de catastrophes non naturelles fait penser à ce drame rendu immortel par le peintre Géricault, qui a montré la lente agonie des naufragés réfugiés sur le radeau de la Méduse. Encore une fois, il faut rendre hommage à l'équipe d'El Manchar qui, pour illustrer le premier numéro de son journal, a habilement parodié ce tableau en montrant le bateau El Djazaïr couler...
On peut enrichir ce tableau qui peut orner les salles de classe en y ajoutant un derrick en feu, un avion qui crashe, un train qui déraille...

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