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Le temps des uns

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«Je passe tout mon temps à comprendre le temps.» Alain Bosquet

C'est après le passage répété de la grande Faucheuse que l'on s'aperçoit qu'on a vieilli et que le temps a filé à grande vitesse, on éprouve toujours un certain plaisir à retrouver au détour d'une anecdote, dans un entrefilet d'article de journal, sur la Toile du labyrinthe d'Internet, sur la photo d'une revue spécialisée, le nom ou le visage de quelqu'un qui a disparu depuis longtemps de l'horizon familier. Et quand on fait le calcul de toutes les années écoulées, on se rend compte qu'on a perdu son temps ou que celui-ci a filé trop vite entre les doigts. C'est aussi l'occasion d'évaluer ce que chacun a fait de son côté, de faire les inventaires et de comparer les bilans. Quand j'étais jeune, je m'étonnais toujours d'entendre qu'untel est revenu de France après vingt ans d'absence. Vingt ans? Cela semblait une éternité pour l'enfant que j'étais. Mais à présent, cela me paraît comme un clin d'oeil malicieux adressé par la vie à celui qui s'est attardé à regarder les petites fleurs sur le chemin. La première fois que je retrouvai une connaissance après trente-cinq ans de séparation, cela me fit un tel effet que je m'empressai de communiquer mon enthousiasme à tout mon entourage: «35 ans! Vous vous rendez compte!» Et tous les souvenirs communs de revenir avec une étonnante netteté, mais je n'étais pas au bout de mes surprises puisque quelques années plus tard, je reçus une curieuse nouvelle: un de mes anciens instituteurs (le dernier que j'eus à l'école primaire) avait écrit à son ancienne femme de ménage et lui avait demandé de mes nouvelles! Je suis tombé de haut!
Comment un maître d'école, qui avait connu tant d'élèves pendant plus de quarante ans d'exercice, peut-il se souvenir d'un élève, un visage banal noyé dans une multitude bruyante dans une école, certes belle, mais lotie au sein de vergers de figuiers et d'oliviers, dans un village niché au pied d'une banale montagne, au fond d'un cul-de-sac? Inexplicable! Au milieu des milliers de têtes brunes qui se sont pressées au portail de l'école, un portail encadré par des glycines, il a pu retenir le nom et le visage d'un mioche. Aucun trait caractéristique ne le distinguant des autres.
Pourtant, cette année-là, j'avais bien travaillé chez cet instituteur. Il n'avait rien de particulier par rapport à l'instituteur précédent, sinon un physique banal comme on peut en rencontrer dans n'importe quelle ruelle du village, mais un accent méridional chantant qui se marie bien avec le chant des cigales du mois de juin. Comment expliquer qu'une année auparavant, je n'avais aucun goût aux études et avais lamentablement échoué à l'examen de fin d'année, alors qu'avec cet enseignant-là, j'avais atteint des sommets d'excellence!
Le meilleur enseignant, ce n'est point celui qui apprend des choses savantes à ses élèves ou leur bourre le crâne de tant de choses inutiles ou qui se prévaut d'employer une nouvelle méthode pédagogique efficace. Non! Le meilleur enseignant c'est celui qui sait réveiller les qualités enfouies chez un élève et qui sait établir un contact «humain» avec chaque individu.
A l'époque où l'on ne demandait à l'écolier ni cartable ni tablier, parce qu'il y avait encore des enfants qui venaient pieds nus, l'enseignant savait détecter celui qui avait le plus besoin d'aide. Il avait ouvert une bibliothèque fournie (la Bibliothèque verte!) et les écoliers assoiffés de culture pouvaient venir s'abreuver des récits de Jack London et d'Alexandre Dumas. Il prenait un plaisir à nous traduire les couplets écrits en anglais dans certains romans. Sa pédagogie consistait aussi à faire confiance aux élèves: il confiait à l'un la gestion de la bibliothèque, à l'autre l'argent de la coopérative (argent qui servait à financier l'excursion de fin d'année) ou des petites commissions que les élèves prenaient plaisir à faire.

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