Prévisions pour le 22 Septembre 2018

 Adrar Min 27 °C Max 38 °C
23
 Laghouat Min 16 °C Max 28 °C
32
 Batna Min 13 °C Max 23 °C
30
 Biskra Min 20 °C Max 32 °C
34
 Tamanrasset Min 20 °C Max 29 °C
30
 Tlemcen Min 17 °C Max 27 °C
32
 Alger Min 19 °C Max 27 °C
34
 Saïda Min 16 °C Max 28 °C
32
 Annaba Min 22 °C Max 26 °C
4
 Mascara Min 15 °C Max 29 °C
32
 Ouargla Min 24 °C Max 32 °C
30
 Oran Min 20 °C Max 30 °C
34
 Illizi Min 22 °C Max 36 °C
30
 Tindouf Min 24 °C Max 36 °C
34
 Khenchela Min 14 °C Max 22 °C
39
 Mila Min 17 °C Max 27 °C
12
 Ghardaïa Min 20 °C Max 30 °C
34
Accueil |Chroniques | On remet ça |

Au nom des pères

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

«L'homme vit dont le nom est prononcé.» Anonyme

De temps en temps, nous parviennent les échos de protestations de citoyens qui rencontrent auprès de certains état-civils, les pires difficultés pour donner un prénom puisé dans la riche antiquité de nos ancêtres à son dernier-né. Le nom ou le prénom peut être une référence ou raccourci historique. Dernièrement, un de mes confrères s'indignait (j'appelle confrère, tout individu qui passe son temps à noircir du papier dans la presse nationale et qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas, ou ne pensent pas, vu que les préoccupations des uns sont situées aux antipodes de celles des autres...) que dans les manuels (c'est ainsi qu'on désignait de mon temps les livres scolaires, qu'ils soient de lecture ou de tout autre matière enseignée à l'école) scolaires, les prénoms des enfants choisis pour être les héros de ces pages que les têtes innocentes auront à assimiler, sont bien loin des réalités sociologiques de notre époque. Manil et Sazil (si je me souviens bien!), ne seraient pas des prénoms usités actuellement dans son environnement immédiat. Eh bien, cher confrère, tout cela dépend du quartier et de la région où tu habites. L'Algérie étant une grande mosaïque de particularités, les modes des prénoms sont sujettes aux facteurs culturels, historiques et de modes. Mais pour les besoins pédagogiques, il est indispensable que l'enfant s'identifie aux héros dont il lit les aventures d'une voix balbutiante. Il faut se rappeler que quand les Français ont commencé à ouvrir des écoles dans notre pays, les premiers écoliers eurent à assimiler les prénoms français comme Jean, Jeanne, Jacques... C'était un traumatisme supplémentaire pour ceux qui avaient à affronter un instituteur ou une institutrice qui parlait et enseignait une autre langue que celle qu'il utilisait à la maison.
Le berbère et l'arabe étaient pour la cour de récréation.
Mais, un peu plus tard, les pédagogues francophones comprirent que pour mieux intégrer l'indigène, il fallait lui proposer des modèles évoluant dans son environnement avec des prénoms bien de chez lui. C'est ainsi que nous eûmes droit au fameux livre Bonjour Ali, Bonjour Fatima qui fit le bonheur de bien des Algériens. Il faut rappeler qu'outre les mésaventures de Djeha qui étaient inclues dans ce manuel, il y avait de petites poésies qui étaient d'un ton bien de chez nous bien qu'écrites en français:
«Connaissez-vous Madi?
C'est le fils du cadi
Il est venu lundi
Il a lu mardi
Il a écrit mercredi
Il a compté jeudi
En congé vendredi
Et absent le samedi
Et dimanche on m'a dit
Connaissez-vous Madi?»
Au temps où l'on enseignait «nos ancêtres les Gaulois», ces vers mirlitons étaient les bienvenus, bien que Madi soit le fils d'un personnage important, le cadi. On peut remarquer que le vendredi est jour de congé comme dans notre école, car c'était le jour de marché dans le village et qui portait le même nom (djemaâ).
La pédagogie coloniale avait assimilé tous les paramètres pour introduire l'élève dans le moule qu'on lui préparait, mais la pédagogie d'alors insistait sur le fait que l'indigène devait laisser un peu de son identité pour être mieux intégré: ainsi, le jeune écolier aux pieds nus, retrouvait souvent cette phrase anodine inscrite sur son tableau noir: «Ali va à l'école, la tête nue.» La chéchia dérangeait beaucoup bien que l'élève au crâne rasé dut l'enlever dès qu'il se mettait en rang...
Qu'en est-il aujourd'hui? Bien qu'Ali et Fatima renvoient directement à l'aube de l'islam et que tous les élèves puissent s'identifier à eux, (à part une minorité hostile à la tendance fatimide), il est fort probable qu'aujourd'hui la mode est au prénom importé de l'Orient par les différents canaux: la télévision ou le terrorisme. Ce n'est pas un hasard si beaucoup de jeunes s'appellent aujourd'hui Oussama. Donc, au lieu de Ali et de Fatima, de Malik et Zina, pourquoi ne pas proposer plus simplement Bouzid et Zina: cela réunirait plus de suffrages que Kahéna et Jugurtha. Dire qu'un citoyen a dû recourir à la justice pour nommer son fils Gaïa!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha