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Le coeur et le portefeuille, la rumeur

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«J'adore les rumeurs. Les faits sont parfois trompeurs alors que les rumeurs, vraies ou fausses, sont souvent révélatrices.» Christoph Waltz

Quand une crise économique se profile à l'horizon tout proche et que la crise politique couve sous le glacis du parti unique, tous les moyens sont bons pour déstabiliser un système et amener un changement que les mécanismes traditionnels tardent à apporter. C'est la raison pour laquelle, la rumeur persistante remplace les déclarations tonitruantes des tribunes officielles ou officieuse, les allusions masquées glissées dans la banalité des discours ou les discussions stériles des cafés où toutes confidences glissées dans l'oreille de l'interlocuteur, amènent toujours la même conclusion: «Tous pourris!». C'est l'Internet qui à présent remplace tous les espaces où la liberté d'expression est sous contrôle judiciaire: tous ceux qui savent manipuler l'outil informatique peuvent y jeter à loisir, leurs quatre vérités, çà et là des promesses et preuves, des accusations formelles qui entraînent des commentaires agrémentés d'insultes ou d'impuissance fataliste. Et c'est en parcourant ce terrain vague où les immondices avoisinent les meilleurs sentiments que l'on se pose la question: la dictature d'un seul homme peut-elle exister? N'attribue-t-on pas à tort les effets d'une décision collégiale à un seul homme? Y a-t-il un homme capable de porter seul les lourdes charges de la gestion d'un pays, d'avoir la tête à toutes les idées et les yeux sur tous les problèmes en suspens? Et si cette dictature n'est due qu'à un réseau très serré de complicités cachées dans le maquis inextricable des institutions, des administrations, des officines dont les titulaires s'abreuvent à la même source. Et puis, quelle est vraiment la différence entre dictature et démocratie? La différence réside-t-elle dans la transparence des urnes ou la régularité des scrutins à tous les échelons? Réside-t-elle dans le système de répartition du produit national ou brut? Se traduit-elle par l'égalité de tous devant le glaive de la justice? Réside-t-elle dans l'interprétation et l'écriture de l'histoire, dans le système éducatif, la pratique de la justice ou la liberté de la presse? On est porté à croire que c'est sur ce dernier point que se porte la différence entre un système démocratique et un système dictatorial: non pas dans le harcèlement judiciaire, la censure stricte, brutale ou subtile, ou une permissivité qui relèverait du laxisme, mais dans l'existence d'une presse variée, libre, multiple et plurielle. Le symptôme qui révèle la pratique démocratique dans un pays est sans conteste l'existence d'une presse people, une presse qui, non seulement s'intéresse à la vie privée des stars du moment, mais encore est prête à jeter en pâture à un public avide les égarements momentanés des grands décideurs politiques. Il est curieux de constater, en dehors d'une exception culturelle, que la vie sentimentale des dictateurs est apparemment un long fleuve tranquille.
La vision d'un documentaire sur la liaison d'Adolf Hitler et d'Eva Braun est édifiante: le dictateur avait une vie sentimentale clandestine et seuls quelques proches collaborateurs étaient au fait des amours des deux artistes ratés.
On peut d'ailleurs retrouver cette opacité dans les biographies de tous les dictateurs du monde entier: ils ont tous un profil différent selon qu'ils soient exposés à la lumière du soleil ou à l'ombre des projecteurs officiels des médias muselés... Alors que des parlementaires, ministres ou chefs d'Etat occidentaux voient leur vie privée s'afficher dans les journaux (certains même ont été victimes de scandales), dans les pays du tiers-monde, tout baigne dans l'huile. De l'Atlantique jusqu'à la mer de Chine en passant par le cap de Bonne Espérance, tous ces pauvres diables qui souffrent du chômage, de la faim, de la misère, des épidémies, ont l'inégalable chance d'être gouvernés par des saints.

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