Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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Le temps des pissenlits...

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«Avant notre venue, rien ne manquait au monde. Après notre départ, rien ne lui manquera.» Omar Khayyâm

Le mois de novembre avait sonné comme un glas: c'était le début de la saison des grands départs. Et cela, jusqu'à la belle saison prochaine: il ne se passera pas une semaine sans qu'on nous annonce qu'un ami cher, un copain d'enfance, un camarade de lycée ou un ancien collègue d'entreprise vient brusquement de nous quitter après deux années d'une retraite bien méritée, mais qu'il n'avait pas eu le temps de s'y préparer. Quand c'est un camarade d'études, sa silhouette un peu floue vient s'agiter au milieu d'ombres indistinctes qui peuplent d'innombrables anecdotes. Et quand c'est un compagnon de labeur, on demande automatiquement s'il a bien vécu les quelques années de retraite qui ont conclu une chaotique vie de labeur... Dans les deux cas, on se sent soudain vieux et soudainement on se rend compte qu'on est devenu inutile, alors que l'on se croyait indispensable... Ainsi, à plus de soixante ans, après trente-cinq années de loyaux services, le département des ressources humaines (DRH) lui a froidement signifié qu'il doit préparer son dossier. Le formulaire de demande est accompagné d'une liste de pièces à remplir. Il a légèrement pâli à la lecture du formulaire. «Déjà!», se dit-il. Une légère buée lui brouilla la vue et il mit quelques minutes pour se ressaisir, puis afficha une mine joyeuse et présenta la note à ses collègues. «Bientôt la quille!». Trois mois passèrent très vite et le jour fatidique arriva: la veille, les collègues du service avaient cotisé et lui avaient offert un très beau vase.
Ils organisèrent une petite collation: quelques gâteaux, de la limonade et au revoir...Le vase ne résiste pas au déménagement rendu nécessaire. Navrant! Comme tout est éphémère!
Les premiers temps, il savoura les doux instants d'inaction. Il commençait à se lever tard, à faire la sieste quand il en sentait le besoin. Il se mit à faire des va-et-vient incessants entre le marché et son domicile. Ses enfants ont tous grandi. Son aînée, la fille, il lui avait trouvé une place d'infirmière, grâce à quelqu'un de bien placé qu'il avait approché lors d'un reportage effectué dans cette polyclinique inaugurée en grande pompe par... Ses autres garçons n'ont pas eu besoin de son aide pour se frayer un chemin dans le paysage escarpé de l'emploi.
Puis, l'ennui avait commencé à s'installer dans sa vie quotidienne. Il avait bien essayé de tuer le temps en s'occupant des démarches vaines qui avaient consisté à régler de faux problèmes imposés par la trop lente bureaucratie. Heureusement que la téléphonie mobile est arrivée et qu'avec sa prime de départ, il s'était payé un portable qu'il portait discrètement dans la poche de sa veste.
Il l'utilisait rarement. Quelquefois si: pour taquiner ses anciens collègues qui triment encore. Puis un jour, il s'est assis à une terrasse de café et en même temps qu'il regardait sans voir les passants pressés défiler devant ses yeux, il a vu d'un seul coup repasser sa vie, son enfance, son arrivée à Alger. Il avait débuté comme chauffeur dans l'entreprise comme il avait piloté les familles des nombreux directeurs qui se sont succédé: il a vite compris le système. Il est vite monté en grade pour finir reporter...
Et puis un matin, il a soudain ressenti une lassitude inexplicable. Il s'était remis au lit, avait fermé les yeux pour laisser passer...Il est parti ainsi. Je l'ai tout de suite appris par le communiqué de presse diffusé par l'entreprise. Il avait eu de la chance, pensais-je, de partir en douceur sans avoir à connaître la maladie, l'hôpital, les démarches harassantes auprès de médecins préoccupés.
Quelquefois, les démarches achèvent plus rapidement que la maladie même. Il est parti comme il est venu: en douceur.

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