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Vainqueurs et vaincus

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«L'histoire est la science du malheur des hommes.» Raymond Queneau

Pendant qu'à Paris on donne des noms d'Algériens à des rues ou à des places, Robert Ménard, maire de Béziers, soutenu par le FN, veut rayer de l'Histoire la date du 19 Mars 1962 en débaptisant la rue qui rappelle cet armistice et en remplaçant son nom par celui d'un assassin de l'OAS. C'est ainsi que certains tentent de réécrire l'Histoire. C'est la raison pour laquelle il faut rester vigilant pour que les souffrances infligées aux peuples du tiers-monde ne se transforment en missions civilisatrices. C'est ce qui arrive aux peuples qui n'ont pas eu de chance et qui arrivent en retard sur la scène de l'Histoire. Comme ils n'avaient pas les outils pour écrire la leur, c'est à leurs vainqueurs qu'est échue la tâche de le faire. Dans ce cas-là, le vainqueur se sert le premier, il s'attribue le beau rôle, dévalorise dans la plupart des cas son ennemi, sauf pour mettre en valeur les exploits de ses propres armées. Les Gaulois, les Berbères et les Indiens d'Amérique se partagent ce triste sort de voir leur Histoire écrite par leurs vainqueurs, parce qu'ils n'ont pas accédé à l'écriture. L'injustice faite aux Amérindiens est la plus flagrante. C'est Hollywood qui va se charger de populariser l'image de l'Indien et d'écrire la geste de la conquête de l'Ouest. Les spécialistes en la matière ont remarqué que jusqu'en 1930, l'indigène était représenté comme un bon sauvage, membre d'une communauté pacifique et présentant un retard technologique évident. Son action a peu d'impact sur son environnement et il pratique une activité de subsistance. Son image va se détériorer après la Grande Dépression: il devient un sauvage criard, cruel, fourbe, lâche, violent, superstitieux, vivant dans le désordre et attaché à l'ordre tribal, ignorant le concept de nation. Il ne trouvera grâce aux yeux de l'Occident que s'il devient coopératif, obéissant et renégat.
Ce ne sera qu'à partir des années 1950 qu'une ébauche de réhabilitation de l'image de l'Indien sera tentée par certains cinéastes de Hollywood et que le monde va comprendre enfin que les valeurs attachées à la civilisation indienne sont aussi, sinon plus respectables que celles de l'homme blanc qui s'est livré à un machiavélique génocide qui a failli provoquer la disparition d'une race.
Evidemment, ce crime monumental ne sera pas pris en considération par les chantres de la Shoah qui vont exploiter la folie hitlérienne pour se livrer à un autre génocide toléré et accepté par les démocraties occidentales. Quand les peuples se mettent à écrire leur propre histoire, ils n'ont pas cette objectivité de l'historiographie moderne qui s'appuie sur les archives et les documents pour étayer leurs thèses. Ils essayent de glorifier les actions passées et trouvent toujours un argument pour expliquer une faiblesse, une défaillance ou une défaite. La tradition orale invente toujours un traître pour masquer les faiblesses d'un peuple. La défaite de Roland à Roncevaux est due au félon Ganelon. Le nom de celui qui a aidé les Français à mettre le pied aux Aït-Irathen est connu de tous. A aucun moment, certains chroniqueurs n'acceptent de regarder en face ses faiblesses. Ainsi, des mensonges vont traverser l'Histoire pour devenir des vérités. L'Histoire est ainsi jalonnée de traîtres qui, pour diverses raisons, passeront à l'ennemi et accéléreront la défaite des leurs. Mais le portrait le plus pathétique demeure celui du renégat, cet homme qui va traverser la ligne rouge qui sépare le vaincu du vainqueur. Il va quitter sa communauté pour se mettre au service du dominant. Il va adopter le costume et la langue de ses maîtres, tout en conservant des bribes de sa culture originelle. C'est l'éclaireur indien qui va guider, sans état d'âme, la cavalerie de l'homme blanc dans sa guerre exterminatrice. Il sera affublé du costume des blancs mais ajoutera une plume de faucon à son chapeau. Il sait plus que quiconque lire les signes sur la piste poudreuse, décoder les signaux de fumée, interpréter le vol des oiseaux. Il renseignera ses maîtres sur les faiblesses de son peuple et il aura toujours une formule pêchée dans sa langue maternelle pour amadouer les siens. Sa langue fourchue va le désigner au mépris de son peuple.
Dieu que le sort du renégat est triste vers la fin de sa vie, sauf s'il réussit à ouvrir un compte dans une banque de son vainqueur!

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