Prévisions pour le 22 Septembre 2018

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Muses

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«La plus belle Muse du monde ne peut suffire à nourrir son homme.» Alfred de Vigny

Un ami vrai, ce n'est pas celui qui s'inquiète seulement à votre propos, et qui court demander des nouvelles pour expliquer une absence aussi imprévue qu'injustifiée. Un vrai ami, c'est aussi celui qui ne prend pas de gants pour vous dire les vérités qui font mal, sans passer par les quatre chemins de l'euphémisme, l'allusion, le sarcasme, l'ironie ou autre figure de rhétorique. C'est ainsi qu'est mon ami Sid-Ahmed, alias Si Hassan qui ne s'embarrasse pas d'artifices pour faire, chaque fois qu'il en a l'occasion, une critique acerbe, mais objective d'une de mes chroniques. Il faut dire, avant de poursuivre plus loin, que mon ami, bien que très cultivé et au fait de tout ce qui se passe entre Dunkerque et Tamanrasset et entre Maghnia et Tébessa, rechigne à saisir une plume pour exprimer les cruelles déceptions qu'il a ressenties, depuis trois décennies au moins. C'est ainsi, qu'il m'a apostrophé dernièrement, autour d'un café tiède: «Dis- donc! J'ai comme l'impression que ces derniers temps, l'inspiration t'a quitté et qu'elle est allée se nicher ailleurs, dans d'autres berceaux. J'ai de la peine à te suivre dans les divagations et les platitudes que tu proposes à un lecteur qui inscrit dans un budget de plus en plus limité, le prix d'un quotidien de plus en plus cher. Secoue-toi et retrouve ta verve d'antan!». J'ai levé les yeux au ciel pour prendre à témoin les puissances occultes et je lui ai répliqué, après quelques secondes de réflexion: «Tu vois, Sid-Ahmed, l'inspiration est la notion la plus capricieuse et la plus incontrôlable qui soit. Un beau jour, elle s'attarde à la table d'un intellectuel accompli et le lendemain, elle le quitte pour se vautrer dans la couche d'un artiste dont le talent vient d'éclore, comme par enchantement. Rien n'est gratuit dans les divagations de l'esprit humain. Ce n'est pas pour rien que les poètes antiques ont donné un caractère divin à l'inspiration, tant ses voies sont impénétrables. Et c'est aussi la raison pour laquelle les poètes passaient pour les interprètes des Dieux qui squattaient l'Olympe. Et c'est aussi pourquoi la muse est toujours une très belle femme, de naissance supérieure qui vient inspirer l'artiste tourmenté. Alors, mon ami, je suis victime de l'infidélité chronique de la muse qui me visitait jadis, la nuit comme le jour, été comme hiver. C'est facile à expliquer: étant retraité et devenu casanier et pantouflard, je n'ai plus l'occasion de sortir de mon abri, loin des embouteillages et de la foule compacte qui défile dans ses rues, dont les cafés ont perdu leurs hospitalières terrasses de jadis. C'était en discutant autour d'un café chaud ou d'une bière fraîche, que l'on pouvait discuter entre amis et collègues, en attendant la fameuse séance de la Cinémathèque de 13 ou celle de 21 heures, des problèmes du moment. C'était en voyant la circulation dense que l'on pouvait épiloguer à loisir sur tous les sujets qui nous préoccupaient. Quoi de plus motivant que la vue d'une personne du beau sexe qui passe, cheveux au vent, suivie de très près par un harceleur professionnel, qui agite ostensiblement dans une main des clés d'une voiture: c'était alors le moment pour les observateurs attentifs que nous étions de développer notre sujet favori, l'évolution des droits de la femme dans notre société et le manque d'éducation des parvenus... On profitait de cela pour confronter nos différents points de vue sur la mode changeante qui transformait, petit à petit la silhouette gracieuse de nos muses et les couleurs de cette rue de plus en plus encombrée. A la condition féminine s'ajoutaient les thèmes du mariage, des divorces, de la crise du logement, de la politique salariale... C'est la raison pour laquelle je me répète souvent: les problèmes sont toujours les mêmes. Ils se posent avec plus d'acuité parce que nous avons vieilli et que nous ne croyons plus au Père Noël.»

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