Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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«Les petits ruisseaux font les grandes rivières.» Proverbe

On ne m'enlèvera pas de l'idée que cette chute du prix du baril au coeur de l'hiver soit conséquente à la seule loi de l'offre et de la demande. Si par ailleurs j'avais dit que Hollywood dépendait de la Maison-Blanche, je suis sûr que Wall Sreet n'est qu'un département du Pentagone et que le prix du baril n'est encore qu'un coup bas contre les économies rentières de certains pays, comme l'Iran, par exemple.
N'ayant pas reçu de formation professionnelle dans l'art de la communication, je fus étonné quand des amis proches me proposèrent de diriger un service de communication dans une entreprise d'importation qui avait quelques difficultés à écouler ses marchandises fabriquées en Asie, malgré leur bonne qualité. Je n'avais jamais jusque-là poussé la prétention de me présenter comme un communicateur, j'ai assuré le patron de ladite entreprise que je savais juste écrire des phrases correctes avec «un sujet, un verbe et un complément», comme me l'avait toujours conseillé avec une insistance gênante, mon rédacteur en chef qui préférait la clarté à la coquetterie: il faut dire que j'adorais ajouter un adjectif par-ci pour relever le plat ou ouvrir une parenthèse par-là pour introduire une allusion coquine. Cependant, je soumis à mon directeur les petites bonnes idées qui lui permettraient de mettre les deux pieds sur le marché algérien. Mais je lui mis le doigt en insistant lourdement sur ce qui pouvait peser efficacement sur la quantité des ventes: le service après-vente. Car bien que ne possédant que de vagues notions d'économie politique, je m'étais toujours étonné qu'un gouvernement qui prétendait oeuvrer dans l'intérêt de l'économie puisse favoriser l'importation des biens de consommation par rapport à la production locale... C'était faire injure à l'intelligence humaine et à l'intérêt national que d'agir ainsi. Finalement, j'étais arrivé à la conclusion que l'importation ne permettait qu'à une couche de privilégiés de s'enrichir plus rapidement en détournant ainsi une partie importante de la rente pétrolière en se débarrassant des désagréments d'une classe ouvrière locale remuante... Mais cela me conforta dans l'idée que tôt au tard, quand des fortunes colossales auraient été amassées, le gouvernement ferait marche arrière et axerait ses efforts sur les investissements productifs. C'est la raison pour laquelle je m'efforçai de persuader le directeur d'étoffer son service après-vente, d'augmenter le capital bloqué en pièces détachées...Il faut dire que ma longue expérience de consommateur arnaqué m'avait armé dans le choix des produits de consommation. Et je lui rappelai qu'il fut un temps où, en Chine, on réparait même les stylos à bille endommagés. Regardez ce qu'il est advenu de la Chine!
Figurez-vous, qu'ayant acheté une machine à laver de marque asiatique prestigieuse, au bout de deux ou trois années de loyaux services, celle-ci se mit en grève et s'arrêta de tourner. Je me rendis illico au siège de l'entreprise de service après-vente agréée par la multinationale: je fus cordialement reçu par un chef de service submergé par une foule de clients qui venaient s'enquérir soit du devenir de l'objet déposé là quelques semaines auparavant, soit d'un dépanneur à domicile. Le bureau de l'agent était occupé par un bon nombre d'équipements usagés qui attendaient là leur enlèvement. Un tableau électrique béant laissait voir ses fils dénudés, sommairement reliés entre eux: cela donnait une idée que l'on se fait de la maintenance en ces lieux.
Quant à l'atelier, il était encombré d'appareils en tous genres dont les fils traînaient sur le carreau au milieu d'outils dispersés. De jeunes agents promenaient leur embarras dans ce capharnaüm sous les yeux d'un chef de service qui semblait dépassé par les événements. Il annonça d'un ton sec à la petite vieille qui courait déjà depuis plus de quatre mois pour le dépannage de sa machine à laver que «la maison» ne lui envoyait plus de pièces détachées et que pour une simple courroie, il faudra faire les magasins du Hamiz. Il finit par conclure que le nouveau concessionnaire de cette prestigieuse marque, installé à Belcourt, ne prenait pas en charge les anciens modèles. Si la petite vieille avait lu Kafka, elle aurait vite compris qu'il a dû séjourner en Algérie et qu'il en avait dû partir aussitôt pour coucher sur le papier toute l'absurdité qu'il aurait ressentie.

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