Prévisions pour le 22 Septembre 2018

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28
 Biskra Min 20 °C Max 32 °C
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Froidures

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«Les pauvres ont la glace en hiver et les riches en été.» Anonyme

Quand arrivent enfin les pluies tant attendues et que les crêtes des montagnes s'habillent d'un timide voile de neige, je ne peux m'empêcher de penser aux hivers rigoureux de mon enfance L'hiver était la saison la plus inconfortable pour toutes les familles modestes en raison des dures conditions de vie dans ces villages de montagne. La nature des habitations, des journées froides et humides, le manque d'activité, l'absence de loisirs donnaient aux villages de montagne un aspect encore plus morne et désolé que le reste de l'année.
Au début de ce siècle qui vient de disparaître, la neige était beaucoup plus abondante qu'à présent. Il était impératif pour les chefs de famille de se préparer à affronter la mauvaise saison qui commençait, en général, juste après la récolte des olives. Il fallait faire provision de bûches de bois sec pour assurer le chauffage de la masure et remplir «ikkouffane» de céréales et de figues. Il fallait aussi penser aux bêtes et les approvisionner en foin et en paille. Cette rude saison était tellement redoutée par les gens que la culture populaire a mis dans la bouche du chacal, ce rusé charognard qui descendait en meute jusqu'au centre du village, quand «la faim fait sortir le loup du bois», cette expression qui illustre bien le rêve de nos aïeux: «Ah! s'il pouvait y avoir deux automnes, que l'été dure deux ans et l'hiver deux jours.» L'automne était agréable à cause de la douceur du climat et de la disponibilité des fruits et surtout des prix bas des grains. L'été était chéri parce que c'était la période des moissons et l'hiver honni à cause de la rudesse du climat. Surtout à cause de la neige qui paralysait toute la montagne. Quand elle tombait, elle formait une épaisse couche d'au moins trente centimètres, qui durait jusqu'à quinze jours. Les familles étaient alors bloquées pendant tout ce temps à la maison et seule la fumée qui s'échappait des maisons trahissait la présence d'êtres humains. Le froid était si vif qu'il était courant de voir des glaçons suspendus aux gouttières et aux tuiles. On m'avait souvent parlé de ces matins, après une nuit anormalement calme, quand le vent marquait une pause et qu'il ne faisait pas entendre ses sifflements ou ses hurlements lugubres, quand, même les chacals qui descendaient les pentes des collines en glapissant ou en poussant des ricanements sinistres qui faisaient dresser les cheveux sur la tête aux pauvres gens en proie à une terreur ancestrale et irraisonnée, les portes des maisons se trouvaient bloquées en raison d'une épaisse couche de neige.
Mon grand-père me parlait de ces larges flocons qui descendaient silencieusement de la profondeur d'un ciel d'un gris uniforme. Seuls les véritables paysans étaient contents de voir tomber la neige: c'était un signe que la prochaine saison serait prospère car la terre qui n'est toujours pas généreuse à cette altitude, avait absorbé une quantité appréciable d'eau qu'elle redistribuait ensuite généreusement aux nombreuses sources qui parsèment le village, aux plants, aux bêtes et aux hommes. C'était une saison aussi bénie pour les enfants qui étaient autorisés à ne pas aller à l'école car le chemin qui y menait n'était pas toujours le premier à être déblayé et ils n'étaient pas aussi tenus de participer aux menus travaux des champs, une fois la récolte d'olives rentrée. Les enfants s'en donnaient à coeur joie à ces jeux que la neige improvisait pour eux le temps d'une courte saison: batailles de boules de neige, formation de grandes boules qui grandissaient considérablement et qu'ils faisaient rouler du haut de la colline jusqu'au centre du village, à côté du frêne tutélaire.
Seules les femmes ne trouvaient pas de repos: c'était à elles qu'il revenait de transformer la récolte d'olives en une huile savoureuse qui ira oindre les délicieuses crêpes et autres préparations de la saison. Revenues des fouloirs où elles ont travaillé toute la journée, elles prépareront le dîner du soir et le repas du lendemain avant de s'asseoir au coin du feu et d'appuyer contre le mur une tête alourdie par la fatigue et le sommeil, écoutant les contes de la grand-mère qui n'a rien perdu de sa volubilité.

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