Prévisions pour le 23 Septembre 2018

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Silence, on vole!

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«Chacun de nous ayant en main tout ce qui peut perdre l'autre, nous avons intérêt à nous ménager mutuellement» (Choderlos de Laclos - Les liaisons dangereuses)

Ce n'est pas un hasard si l'artiste, le peintre, le cinéaste ou le romancier, est la première victime de l'omerta d'une société qui permet à des gens malhonnêtes de se remplir impunément les poches. Les oeuvres littéraires sont les témoins ou annoncent les prémices des grands bouleversements. C'est en cela que leurs auteurs sont perçus comme des individus dangereux. La tradition littéraire compte plusieurs formes d'expression mises au point par l'homme pour communiquer avec la société où il vit. Le chant ou le poème chanté est la première forme connue dans une société qui baigne dans la tradition orale pour conter les aventures fabuleuses de héros légendaires, dignes ancêtres des auditeurs dont il faut flatter l'ego tout en donnant des leçons de morale à travers des portraits et des comportements prêtés aux hommes ou aux animaux. Les veillées au coin du feu, les réunions sociales dans les marchés hebdomadaires, les cérémonies rituelles de mariage vont perpétuer cette tradition de communication dans les sociétés dites primitives. Quand l'écrit se substituera petit à petit à la communication directe, le poème, la fable et le conte subsisteront et donneront naissance au roman, oeuvre de pure imagination qui repose pourtant sur une réalité sociale qui transparaît toujours dans l'oeuvre malgré les artifices de l'auteur qui fait ce qu'il peut pour échapper à la censure du pouvoir absolu. Et c'est le style épistolaire qui prendra un moment le flambeau de la contestation car «une lettre est une volonté de maintenir le dialogue et le recours à un modèle littéraire, celui du dialogue ou de la conversation comme genre lié à des pratiques sociales historiquement déterminées». Il va se développer à un moment où des forces sociales commenceront justement à contester l'ordre moral et politique qui régit la société. Il connaîtra un vif succès d'abord à cause de la nouveauté du genre, car le public se lasse vite du roman où les auteurs vont multiplier les artifices pour intéresser un public blasé. Mais c'est le penchant «voyeur» du lecteur qui va faire intrusion dans l'intimité du conteur qui fera le succès du genre. S'il faut vite passer sur le ton badin et précieux d'une mère qui éprouve le besoin de maintenir le dialogue avec une fille que des liens matrimoniaux ont éloigné d'elle, il faut quelque peu s'attarder sur la pertinence d'un auteur qui va faire preuve d'une grande virtuosité pour nouer des intrigues entre des personnages dont les caractères si différents transparaîtront dans les différences de styles adoptés dans le roman. Mais ce sont les Lettres Persanes qui auront un impact certain sur un public intellectuel friand de vérités longtemps contenues à cause de la sévérité d'une censure absolutiste. «L'échange des lettres multiplie les points de vue et relativise les jugements émis»: on est loin du roman où l'auteur donne une vérité qui va perdurer jusqu'au dénouement de l'intrigue. Et puis les Lettres Persanes sont définies comme un roman du sérail: un espace clos réservé à certains qui ont les privilèges du savoir et du pouvoir. A un moment où des polémiques agitent le landernau politique sur la manière d'écrire l'Histoire d'un pays soumis longtemps à la langue de bois, à la monopolisation des moyens de communication, à un moment où aucun nuage à l'horizon des deux rives de la Méditerranée ne semble annoncer l'imminence d'une chute prochaine d'archives portant sur une époque trouble assez méconnue d'un public qui est obligé de s'en remettre aux rares survivants qui ont quelque chose à dire mais qui ne peuvent en aucun cas se prévaloir d'une quelconque objectivité étant donné la place qu'ils occupent par rapport au pouvoir, il serait intéressant, puisque les historiens patentés se cantonnent dans une légitime réserve, de relire l'Histoire à travers les échanges épistolaires parus dans la presse. Et prendre comme conclusion, comme morale de l'histoire, la dernière répartie, la flèche du Parthe de «la régression féconde» vers la stagnation stérile.

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